‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 177 sur 752 · LA PRÉTENDUE RACE DE LOURDES · texte numérisé non relu

LA PRÉTENDUE RACE DE LOURDES

sur la question controversée. Il a été évident pour nous que la contestation de l'auteur auquel je viens de faire allusion ne s'appuyait sur absolument rien de solide. C'est une œuvre de pure imagination, comme il s'en écrit tant sur ces matières, dont les bases scientifiques sont encore si peu répandues. L'identité du type zoologique de la race qui peuple les localités visitées a frappé le moins attentif de nos élèves. Partout nous avons reconnu à première vue les caractères spécifiques et les caractères zootechniques généraux de la race d'Aquitaine, sans aucu'ne trace d'un mélange quelconque. La population bovine des vallées de Lourdes et d'Argelès s'est montrée d'une pureté immaculée. Pas un seul individu qui, avec l'indice céphalique, les formes frontales, le cornage et les formes faciales du type aquitain, n'eût en même temps le teint blond, le pelage froment clair appartenant à sa race.

Au concours d'Aucli, où quarante-sept individus, exposés dans la catégorie ouverte à la prétendue race de Lourdes, figuraient à côté d'un nombre à peu près égal de Garonnais, la comparaison était facile. Nos élèves ont pu bien voir, par la synthèse ainsi que par l'analyse des caractères, que les premiers ne représentaient point autre chose que des réductions des derniers, comme on dit en statuaire. Les lourdais sont des petits garonnais, ou ceux-ci des grands lourdais, comme on voudra. Il est clair que les uns et les autres ont le squelette construit sur un seul et même type, qu'ils constituent conséquemment deux variétés d'une même race, étant issus d'un même couple primitif. 11 n'y a donc rien à changer à la détermination d'après laquelle notre classification a été établie.

J'ajouterai seulement, puisque l'occasion m'en est offerte, que la variété dite de Lourdes compte maintenant quelques familles chez lesquelles on observe une remarquable correction de formes. Nous en avons examiné une notamment à Momères, dans la plaine deTarbes, chez M. Omer-Mailhes, qui est un éleveur distingué et fort éclairé. Elle se compose de sujets d'une finesse très grande, qui ont valu du reste à cet éleveur le prix d'ensemble au concours d'Auch. C'est un des nombreux exemples de ce qu'on peut obtenir, avec nos races françaises quelconques, par l'application intelligente des méthodes zootechniques. Les faits de ce genre, maintenant si multipliés partout, devraient pourtant bien ouvrir les yeux de nos anglomanes. Mais le propre des doctrines exclusives n'est-il pas d'obscurcir la faculté d'observation?

Arrivons maintenant à la question économique que nous voulons examiner.

On a vu que, d'après les habitudes locales, la population bovine des vallées pyrénéennes dont il s'agit, se compose presque exclusivement de vaches employées aux travaux de culture et aux charrois, et produisant en outre du lait traité pour l'extraction du beurre. C'est le système du Limousin, sauf que dans la Haute- Vienne l'exploitation de la force motrice des vaches est combinée avec la production du jeune bétail. En Limousin, le lait des vaches nourrit les veaux au lieu de produire du beurre.

Les auteurs empiriques, se qualifiant de praticiens et nous traitant volontiers, nous autres, de théoriciens absolus, s'élèvent contre ces pratiques et n'ont pas assez d'anathèmes contre la coutume de faire travailler les vaches. Ils ont parfaitement tort. C'est qu'il ne leur est jamais arrivé, vraisemblablement, de faire le compte détaillé, d'après

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