‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 242 sur 752 · LES PLANTES ALL\IENTAIRES ET LE D^ TANNER · texte numérisé non relu

LES PLANTES ALL\IENTAIRES ET LE D^ TANNER

Si, de la solution d'une question que pose un homme instruit, éclairé et surtout compétent, peut naître une amélioration souvent cherchée et attendue par tous, combien offriront leur reconnaissance a son auteur; mais, si au contraire, cette solution ne définit rien et excite un doute général sur le bien ou le mal qui doit en résulter, le j ugement qui ne devra, ni encourager, ni blâmer l'auteur, sera le résultat d'une charitable indifférence et d'un sentiment de bienveillante compassion. Tel est, à mon avis, le cas du docteur Tanner.

Je me demande à quoi servira la démonstration de ce docteur? Il faut espérer que personne ne sera assez insensé pour essayer d'imiter son exemple. J'aime à croire que les nombreux lecteurs du Journal de /'/l/7rî'M//«re penseront comme moi; qu'il vaut beaucoup mieux, dans l'intérêt del humanité, introduire et propager des plantes alinip.ntaires, soit pour l'homme, soit pour les animaux, que de chercher à prouver que riiomme peut vivre tant de jours, sans prendre aucune nourriture.

Je suis du nombre de ceux qui comprennent que le verbe vouloir doit être le mobile de toutes nos actions, dans maintes circonstances et avoir une grande influence sur notre esprit. Le progrès ne doit pas s'arrêter. Nous devons toujours nous appliquer à chercher à perfectionner nos produits. Aussi, suis-je heureux, quand arrive le ;^I décembre, d'avoir pu étudier ou fait connaître quelques produits alimentaires.

Soja hispida. — A ce propos, je crois devoir signaler de nouveau le soja hnpida, appelé o marne au Japon. Ce pois oléagineux sera, dans un temps plus ou moins rapproché, une conquête importante pour les cultivateurs; car c'est, sans contredit, la plante alimentaire qui contient le plus de matières azotées et de ma'.ières grasses, environ 31 pour 100 d'après les analyses chimiques. Il est bien regrettable que cet excellent légume ne soit pas plus cultivé, car il rendrait un grand service, non seulement, comme plante alimentaire, mais comme fourrage, pour les moulons, les lapins, etc.

Les Japonais préparent, avec le soja, une espèce de fromage et ils en font aussi du beurre. M. Pailleux en a présenté à une séance du Comité des cultures potagères; les membres présents l'ont trouvé bon; il avait été préparé avec des graines récoltées par notre collègue aux environs de Paris. Ce pois se sème sous le climat de Pans, la première quinzaine de mai, en ligne de O'^.lô à 0'°-20 de distance, en laissant entre chaque rang environ O'^.SO. Il faut choisir un sol ni trop humide, ni trop sec. Lorsque la température descend à 3" audessous déglace, les feuilles sont endommagées; mais les graines résistent parfaitement; tandis que les haricots qui sont à côté, sont, dans ce cas, complètement détruits.

Le soja a encore le grand avantage d'être indemne à la bruche, qui

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