LES PLANTES ALIMENTAIRES ET LE DOCTEUR TANNER
fait tant de tort aux pois, haricots, lentilles, etc. Ce légume vient très bien aux environs de Paris, surtout les années où la température est un peu humide; on ne le mange guère en vert à cause de la difficulté de l'écosser, et il est bien meilleur lorsqu'il est sec; il se bat alors au fléau. Les moutons, les lapins mangent avec avidité les tiges.
Cerfeuil bulbeux. — Je crois que le jardinier en chef du château de Neuiliy fut le premier qui essaya, en 18'iG, la culture du cerfeuil bulbeux, qu'il abandonna bientôt, découragé sans doute par le peu de produits qu'il obtenait; car les tubercules n'atteignaient guère que la grosseur d'une forte noisette.
Après bien des essais, j'ai reconnu que, à partir du 15 septembre au commencement d'octobre, c'était l'époque la plus convenable pour faire le semis ; il faut, autant que possible, choisir un terrain bien fumé de longue date et éviter surtout d'occuper celui où l'on a obtenu des carottes. 11 faut recouvrir de quelques centimètres de terreau le semis qui doit être fait très clair, car le plant ne supporte pas la transplantation.
La végétation ne s'aperçoit qu'au printemps suivant. Pour obtenir de beaux tubercules, il est indispensable que la tige conserve le plus longtemps possible ses feuilles; c'estau jardinier à tenir le terrain toujours frais; la maturité a lieu vers le 15 juillet. Cet excellent et délicat légume n'acquiert ses qualités que deux mois après l'arrachage; alors, il a le goût de la châtaigne.
Les cuisinières voudraient n'en avoir que des gros à cause de la difficulté qu'elles éprouvent à les éplucher. A celte objection, il n'y a qu'un mot à répondre, c'est que jamais on ne doit enlever la pelure. On les laisse tremper quelques heures dans l'eau froide, après avoir ôté les germes, la queue, et on les fait cuire comme des pommes de terre. Ceux qui sont gros, si on les fait frire, répandent une odeur de vanille, ce dont ne se plaignent pas les convives.
Da'icon ou radis du Japon. — Le daïcon ou radis du Japon devrait tenir dans la grande culture une place importante dans notre belle France; nos agriculteurs savent à leurs dépens que si le printemps est sec, les betteraves, les carottes ne lèvent pas ; il est trop tard quand ils s'aperçoivent du mal, pour recommencer de nouveaux semis. Si vers la tin juillet, on sème du daïcon que l'on récoltera dans le courant du mois d'octobre, on obtiendra un excellent fourrage que le bétail mange avec avidité. Les Japonais ont tellement su apprécier les avantages de ce gros radis blanc, qu'ils ont presque partout supprimé les biés, les pois, là où il n'existe pas de rizières. Ce qui doit surtout attirer l'attention des agriculteurs sur ce radis ou navet, c'est qu'il occupe très peu de temps la terre.
Le roi Léopold I" avait raison lorsqu'il disait : « Qu'on ferait bien de rechercher les végétau7> nouveaux pour l'alimentation de l'homme, dont il faut poursuivre la découverte, en trouvant de nouveaux fourrages. »En effet, n'est ce pas nourrir l'homme que de produire du bétail? Ces paroles ne justifient-elles pas son esprit judicieux, profond, sagace et la réputation si bien méritée de savant botaniste, que tous les hommes compétents lui reconnaissent.
Pomme de terre Champion. — CetLe variété que le Journal de rayricw/fwre m'a fait connaître l'année dernière, est sans contredit une des