‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 304 sur 752 · Une quart, mesure anglaise, uivaut à : 1 litre · texte numérisé non relu

Une quart, mesure anglaise, uivaut à : 1 litre

Le produit laitier de cette première duchesse, aux prix où se vendaient alors le lait^ le pelit-lait et le beurre, n'était pas moindre de 55 francs par semaine, pendant une partie de l'été, la date de son vêlage, l'année où cette constatation fut faite, étant le 7 juin 1807, cette vache n'avait aucun soin extraordinaire ni aucune alimentation exceptionnelle; elle vivait au pâturage avec dix-neuf autres vaches, et recevait absolument le même traitement que ses compagnes. M. Bâtes tenait beaucoup à faire valoir cette observation, car, disait-il, dans de nombreuses expériences faites dans le but de préciser le rendement lailier des vaches Durham, on s'abstient souvent de faire mention des rations auxiliaires de tourteaux et de farine de maïs que l'on donne aux vaches laitières, dans le bat d'augmenter la sécrétion de leurs mamelles.

La vache Bright-Eyes, fille de cette remarquable laitière de M. Alexandre Hall et achetée par Robert CoUings, donnait 15 quarts à chaque mulsion.

M. Hustler d'Aclam, qui avait acheté la vache Daisy, souche de la famille de ce nom, fille de Favorite (252) et sœur du taureau Daisy, pour lequel M. Bâtes avait une préférence si marquée, fit un pari avec un de ses fermiers, M. Appleton, que cette vache Daisy donnait plus de lait qu'aucune des vaches du troupeau de ce fermier. Au mesurage, il fut constaté que la meilleure laitière du troupeau de M. Appleton donnait 15 quarts 1/2 à chaque mulsion et que la vache Daisy en donnait 16. La vache y)7a/cAem, souche delà famille des Ocf/br^/, nedonnait jamais moins de 12 quarts à chaque mulsion, nourrie au pâturage seulement après le vêlage.

La mère de Bright Eyes dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, vendue à M. Robert GoUing par M. Alexendre Hall, donna naissance à deux jumelles dont l'une était Bright Eyes, fille de Suowdon, père de Hubbâck; l'autre jumelle, M. Robert Colling l'acheta plus tard. Cette vache était fille du taureau de M. James Masterman, grand-père de Hubback, et issue d'une vache élevée par M. Thomas Hall, puis vendue plus tard à la duchesse d'Athol qui l'avait en grande admiration. Cette vache était fille du taureau de M. Harrison, élevé par M. W^astell, et issue d'une vache, fille du célèbre taureau de Robson, et que M. Wastell avait dotée du nom peu euphémique de Tripes. La mère des deux jumelles vendues à M. Robert Colling, donnait régulièrement, et au pâturage seulement, 1 8 quarts de lait à chaque mulsion, pendant plus de six semaines après le vêlage. M. Alexandre Hall certifie ce rendement par le fait que le lait était vendu à la ville de Darlington deux fois par jour et à cette occasion on le mesurait régulièrement.

Si j'entre dans ces détails généalogiques, c'est pour démontrer l'hérédité de ces grandes qualités laitières, transmises de génération en génération, dans les familles dont ces célèbres vaches laitières sont les souches, et dont le précieux héritage s'est perpétué jusqu'à nos jours.

Il est utile d'observer ici que ces qualités laitières observées avec une appréciation si pratique par les anciens éleveurs, ont absolument là même valeur aujourd'hui. Dans les ventes, tous les animaux dont la famille remonte à Barford, Princess, Lady Maynard, Duchess, Maichem, Bright Eyes^ telle que les familles, Charmer, Gv^ynne, Daisy, Old Strawberry, Walnut, Quickly, Sossie, Waterloo,

Foggathorpe, Red Rose, Wild Eyes, etc, etc, c'est-à-dire les véritables familles réellement pm^es de la race Durliam, se disputent toujours les enchères les plus élevées, parce que tous les éleveurs savent que les animaux appartenant à ces familles possèdent à titre d'héritage et transmettent infailliblement à leurs produits la grande sélection laitière, la précocité, et l'aptitude à l'engraissement, le tout uni à la symétrie des formes, et à l'entretien économique. Tout le reste, c'est-à-dire toutes les familles de la race Durham telle qu'elle existe à Corbon et dans presque toutes les étables françaises, n'est qu'un mélange informe, inconsidéré, sans suite, sans calcul; ne tirant ses origines que de croisements fortuits, sur lesquels plane l'ignorance la plus absolue de l'histoire des généalogies de la race et des aptitudes et des qualités distinctives des familles suitées, en dehors desquelles la pureté de sang est un mythe et une illusion, bien qu'elle puisse être consacrée par l'inscription au Herd book.

J'admets que dans ces conditions désastreuses oii se trouve l'élevage du Durham en France, il soit possible de dire que la race n'est point laitière, mais je constate que la véritable race telle que nous l'ont transmise les Wastell, les CoUing, les Masoin, les Bâtes, et tant d'autres que je pourrais nommer, n'a que de très rares représentants en France. Il n'y en a certainement point à Corbon, et il n'y en a jamais eu de véritablementpurs; etcomme c'est dans cet établissement que les éleveurs français vont généralement recruter leurs reproducteurs, il s'en suit que l'élevage des Durham, en France, est livré à un gâchis impénétrable 011 il est impossible de reconnaître une descendance suivie, ni la prépondérance d'une famille quelconque. Et cependant nous entendons parler de sang Bâtes et de sangBooth comme s'ils existaient autrement que dans des mélanges de hazard aussi impotents qu'ils sont incongrus.

De la Trehon!\ais.

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