SUR LA MALADIE VERMIGULAIRE DU SEIGLE
M. Kiihn enterra en automne des fragments de capitules de cardère remplis d'anguillules dans la terre d'une planche oi^i il sema diverses espèces de froment (froment ordinaire, poulard, épeautre ainidonnier et engrain), du seigle et de l'orge d'hiver. Pourcontrôle, une deuxième planche semhlable, mais non infectée par des fragments de tête de cardère malade, fut ensemencée des mêmes grains. Au printemps suivant, dans la planche infectée, des altérations commencèrent à se manifester sur les seigles. Des pieds se décolorèrent, jaunirent et moururent prématurément sans arriver à produire des épis ; d'autres produisirent des chaumes plus ou moins courts et montrèrent des épis; fort peu eurent des grains qui parvinrent à maturité. Ni les froments, ni l'orge cultivés auprès du seigle, sur la planche infectée, ni aucune des plantes de la planche non intectée ne furent atteints.
Il est donc démontré que c'est la même espèce d'anguillule qui attaque et le cardère et le seigle, et qu'en outre ni l'orge, ni le froment ne lui servent de plante nourricière'. D'après M. Kuhn, languillule ducardDnet du seigle peul attaquer aussi le sarrasin, le trèfle et le bluet.
Il n'y avait donc plus de raison pour le désigner sous le nom exclusif d'anguillule du cardère, Anguillula dipsaci, que lui avait donné M. Kiihn, et cet auteur proposa de l'appeler désormais Anguillula ilevaslairix (Kuhn).
Désirant présenter à la Société d'agriculture des échantillons de seigle atteints de la maladie vermiculaire (qui, à ma connaissance, n'avait jamais été signalée en France), j'ai été en récolter quelques-uns à la place où je les avais observés d'abord. J'ai été alors très frappé de l'aspect des champs voisins cultivés en luzerne et en sainfoin. Dans de très nombreuses places, les pieds de luzerne surtout avaient les feuilles et une grande partie de la tige jaune et desséchée. Le bas de la tige portait des taches noires ; les plantes paraissaient mourantes ou mortes. Je n'exagérerai certainement pas en disant qu'en certains endroits plus d'un dixième des tiges de luzerne était amsi desséché avant d'avoir fleuri. J'ai l honneur de soumettre à la Société quelquesuns de ces pieds de luzerne malades. J'ai pu m'assurer qu'ils sont envahis comme les seigles par les anguillules que j'ai nettement observées dans l'intérieur des ièuilles. Comme dans le seigle on en trouve de tout âge et à tous les degrés de développement. Je dépose sur le bureau des dessins montrant ces sortes de trichines vues dans la feuille à travers l'épiderme. On reconnaît à la forme des cellules épidermiques la feuille de la luzerne de celle du seigle, mais les petits vers qu'elles recouvrent sont identiques.
La maladie vermiculaire me paraît pouvoir causer aux fourrages artificiels d'assez graves dommages. Il sera assez prudent, à mon avis, partout où on verra des tiges se détacher çà et là sans cause apparente, de faire fawcher le champ sans retard et de brûler les plantes «oupées sans chercher à en tirer profit. Car on devra songer à la possi'bilité de l'infection d'autres plantes, et en particulier du seigle, par les fumiers dans lesquels se trouvaient soit des pailles, soit des débris de fourrage contenant des anguillules. Prilukux,
M«mbre de la Société nationale d'^gt icultur*.
1. On sait que le froment nourrit par fois une autre -espèce d'anguillule, l'AnguHlu'atfiiid, qui produit dati? la fl ur, des^alles à peu prè- glol>'jleuses qji tiennent la place du grain el sont connues sous le nom de blé niellé. La nielle du Idé a étj signalée depuis bien tongiemp-, «11* a été l'objet de très bjnnes études faites par M. Davaine. V. Campt. rend. Acad. des se, 185a, 1856,
SOJA HISPIDA OU POIS OLÉAGINEUX. 431
SOJA HISPIDA OU POIS OLÉAGINEUX
Plus on produit, plus on consomme, l'humanité tout entière en profite ainsi que l'a écrit un penseur. « Partout oii il pousse un grain de blé, il naît un homme. » Ce motif bien louable m'a engagé à vous parler du soja hespkla qui n'est ni assez connu, ni assez ' apprécié, malgré ses excellentes qualités culinaires et fourragères. Je ne doute pas que ce sera une acquisition précieuse pour l'agriculture, dans un laps de temps peu éloigné. Nous savons que les légumes secs consommés en certaine quantité, peuvent être considérés comme la véritable viande du pauvre; ils contiennent en moyenne 15 pour cent d'eau seulement, plus de matière sèche par conséquent, que la meilleure viande.
Si la classe ouvrière consommait moins de pain ou de pommes de terre et plus de légumes secs, elle serait mieux nourrie. Je veux avant de m'étendre sur les qualités reconnues au sq/"a, comme plante fourragère, et sur lesquelles, je veux appeler toute votre attention, causer un peu avec vous sur l'emploi que font les japonais de ce pois oléagineux, et, sur les ressources culinaires qu'il nous offre, Kœmpfer-Amœn dans son remarquable ouvrage, fait connaître en 1712 les usages culinaires, du Daidsii que les Japonais nomment aussi Marne. On en préjDare : 1° le Miso, bouillie alimentaire qui s'ajoute à divers mets en guise dé beurre, dit-il. 2" Le soojuy sorte de sauce qui se mélange au jus des viandes.
Pour faire le Niso, on prend une mesure de mamff, qu'on fait bouillir dans Feau, pour en obtenir une bouillie molle; on la sale (plus en été, qu'en hiver) elle se conserve ainsi plus ou moins longtemps. On y ajoute alors du Koof^ c'est-à-dire du riz cuit à la vapeur d'eau, cette mixture se place dans un vase qui a contenu du sachi, espèce de bière, et on laisse le tout fermenter de façon à produire une sorte de fromage mou.
Le sooju se prépare avec du soja, du blé et du sel, à parties égales. Le mélange est placé dans un endroit chaud, pour en obtenir la fermentation. On ajoute de l'eau; on agite; l'opération se renouvelle plusieurs fois, pendant deux ou trois mois. Puis, on filtre et l'on conserve dans des vases de bois la partie liquide, d'autant plus estimée, qu'elle est plus vieille.
Le soja hispida, croît au Japon, dans l'Inde, aux Moluques.
Depuis le commencement du siècle, il figure dans tous les jardins botaniques, où il graine très bien.
Les noms qui suivent des diverses espèces de soja, ont été copiés dans un livre écrit en lan^^ue japonaise. So-Mokou-Zoussels, (^nd^hiQH voulu me confier le D"" Bâillon et dont j'ai dû faire faire la traduction. Voici les 23 variétés qui y sont dénommés.
li, Yjiki marne, haricot du cinquième m;ois,