XVI. — Les Vendanges
Les vendanges sont commencées dans la région méridionale de la France; dans le Languedoc et en Provence, la cueillette a commencé du 10 au 15 septembre. Favorisé par un temps chaud, ce travail se poursuit dans de bonnes conditions, mais les viticulteurs redoutent l'humidité qui se produit dans quelques zones. Le Midi fait de bonnes vendanges; elles paraissent même supérieures à ce que l'on pouvait attendre; mais dans toutes les autres régions viticoles, la récolte sera faible. Les ventes sur souches ont été nombreuses, cette année, aussi bien dans le Bordelais que dans le Languedoc. J.-A. Barral.
SUR L'ÉTIOLOGIE des maladies CHARB0?TNEUSES. 451
SUR L'ÉTIOLOaiE DES AFFECTIONS GFIARBOXXEUSES^
Arbois, ce 27 août 1880.
Dans la lecture que j'ai faite récemment à l'Académie, en mon nom et au nom de MM. Chamberland et Roui, j'ai fait connaître un ensemble de résultats qui donnent la clef de l'éliologie de l'affection charbonneuse dans les pays où cette maladie est enzootique. Je la résume en quelques mots : Un animal charbonneux est enfoui; le parasite^ cause de la maladie, et dont le san^,^ est rempli, se cultive dans la terre qui entoure le cadavre; il s'y réduit à l'état de germes. Ceux-ci seraient inoffensifs, s'ils restaient à l'intérieur de la terre, mais les vers de terre les ramènent des profondeurs à la surface. Alors les pluies et les travaux de la culture les répandent sur les plantes ou les eaux les entraînent dans les ruisseaux quand les circonstances s'y prêtent. Ensuite ces germes du mal pénètrent dans le corps des animaux et y développent le parasite infectieux.
Je veux m'efforcer d'entourer ces principes de toutes les preuves qu'ils comportent, afin que les esprits, môme les plus prévenus en faveur de la spontanéité des maladies transmissibles, soient obligés de se rendre à l'évidence.
Il y a deux ans, une épizootie charbonneuse se déclara sur les vaches d'un petit village du département du Jura, que la maladie n'avait pas visité depuis un grand nombre d'années. Elle fut provoquée très probablement par une vache qui venait du haut Jura et qui était charbonneuse à Tinsu du boucher qui lavait amenée.
Dans une prairie de plusieurs hectares, un peu inclinée, on a enfoui, à 2 mètres de profondeur et à des places distinctes, trois des vaches mortes charbonneuses au mois de juin 1 878. L'emplacement des fosses est aujourd'hui encore parfaitement reconnaissableà deux signes physiques : une petite crevasse, formée tout autour de la terre qui recouvre les fosses, délimite celles-ci comme par un cercle; en outre l'herbe a poussé plus dru sur les fosses que dans le reste de la prairie. Notez enfin que depuis deux ans, à intervalles variables de quelques mois, nous avons recueilli soit de la terre meuble, soit des déjections de vers de terre à la surface des fosses, et que dans tous les cas nous y avons constaté la présence des germes du charbon, tandis qu'à quelques mètres seulement de ces fosses on n'en découvrait pas.
Comment douter que des vaches, en allant paître dans cette prairie, ne puissent y trouver l'occasion d'y devenir charbonneuses? Mais, comme rien ne vaut une preuve directe, nous avons fait établir sur une de ces fosses un très petit enclos à l'aide d'une barrière- à claire-voie et nous y avons placé quatre moutons; dans un autre enclos pareil sur le même champ et à 3 ou 4 mètres en amont du premier, là où l'on n'avait pas enfoui de vaches charbonneuses en 1878, nous avons installé quatre autres moutons témoins. La double expérience commença le 18 août. Dès le 25 août, un mouton est mort charbonneux, le sang rempli du parasite de l'affection, dans l'enclos sur la fosse. Les moutons témoins se portent très bien. Quelle saisissante démonstration de la théorie que j'ai rappelée tout à l'heure, et combien est évidente la prophylaxie de l'affection charbonneuse !
Permettez-moi, avant de terminer, de vous faire uneautre confidence.
* Communication à l'Académie des aciences. - Voir le Journal du 31 juillet, p. 173 de ce volume.
Je me suis empressé, également avec le concours de MM. Chamberland et Roux, de vérifier les faits si extraordinaires que M. Toussaint, professeur à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, a annoncés récemment à l'Académie. Sur la foi d'expériences nombreuses et qui ne laissent pas place au doute, je puis vous assurer que les interprétations de M. Toussaint sont à reprendre. Je nesuispas davantage d'accord avec M. Toussaint sur l'identité qu'il affirme exister entre la septicémie aiguë et le choléra des poules. Ces deux maladies diffèrent du tout au tout.