‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 333 sur 752 · ET DU FROMAGE EN FINLANDE · texte numérisé non relu

ET DU FROMAGE EN FINLANDE

L'élève du Létail a été de tout temps une des principales branches de la richesse nationale en Finlande. Dès le treizième siècle, la population, qui venait d'embrasser le christianisme, payait ses redevances au clergé en produits agricoles. Dans les

firovinces méridionales, les habitants étaient tenusdefabriquer annuellement, pour e curé de leur paroisse, une livre de beurre et une livre de tromage par membre de famille âgé de sept ans au plus. Cette ancienne coutume démontre combien l'industrie laitière était déjà développée à cette époque.

La proximité de la Suède, la fondation de Saint-Pétersbourg et la facilité des communications maritimes avec ces deux centres de consommation n'ont pas moins contribué au développement constant de cette branche de l'exploitation agricole que le climat et la nature du pays, sa richesse en prairies naturelles et l'abondance d'eau douce qu'on y trouve pour abreuver le bétail. Un autre fait qui a également contribué à ce résultat, c'est la méthode de défrichement par l'incendie des forêts. Les champs ainsi défrichés sont laissés sans culture, après avoir été ensemencés, pendant deux ou trois ans; ils se couvrent alors d'une herbe épaisse, qui ne peut être fauchée en raison de la nature du terrain, presque partout inégal, parsemé de souches et de pierres, mais qui offre au bétail des pâturages abondants.

Le grand nombre de mauvaises récoltes qui se succèdent en Finlande depuis une quinzaine d'années a fait chercher dans famélioration des procédés d'élevage du bétail une compensation aux pertes éprouvées par l'agriculture. Les progrès réalisés sous ce rapport pendant cette période ont eu principalement pour objet le choix et la qualité du bétail, les soins prodigués aux animaux, fassainissement des écuries, basses-cours, etc. Les améliorations ainsi obtenues ne sont d'ailleurs constatées dans aucun des comptes rendus statistiques publiés par le département de l'agriculture, qui ne font mention que du nombre et non de la qualité des animaux.

Les premiers essais d'acclimatation des races étrangères remontent à l'année 1 860, A cette époque, le gouvernement fit acheter en Angleterre et en Suisse 100 bêtes à cornes de races destinées à la reproduction. Cet essai ayant réussi, on acheta successivement 150 taureaux et 130 génisses de la race d'Ayi'shire et un nombre égal de têtes des races de Pembroke et d'Algan pour être envoyés comme animaux de reproduction dans les divers gouvernements ou vendus aux enchères publiques.

Des encouragements ont été donnés sous diverses formes à l'élève du bétail, par le gouvernement d'abord, puis par les sociétés agricoles : expositions agricoles périodiques, primes importantes distribuées aux éleveurs, prêts d'argent, etc. Le sénat nomma, dans chaque gouvernement du grand-duché, un certain nombre de fermières payées par l'Etat pour enseigner aux paysans les meilleurs procédés de fabrication du beurre et du fromage. Dix-sept fermes-écoles, subventionnées par le gouvernement et dans lesquelles les notions théoriques et les connaissances pratiques nécessaires pour diriger l'exploitation d'une ferme sont enseignées dans un cours de deux ans, ont été successivement fondées. En outre, des avances en argent ont été faites, sous certaines conditions, aux petits agriculteurs des provinces septentrionales, moins favorisées que celles du midi sous le rapport des voies de communication et dans lesquelles, la propriété étant plus divisée, les grands domaines sont peu nombreux.

Ces prêts, qui peuvent s'élever jusqu'à concurrence de 1,000 marcs (francs), ne donnent lieu à aucun intérêt pendant les cinq premières années et sont amortis dans le courant des cinq années suivantes, à raison d'un cinquième par an. Toute ferme produisant annuellement 830 vidros (environ 10,000 litres) de lait peut également obtenir un prêt à courte échéance de 700 à 1,100 marcs. Ces avances sont faites sous la condition de se conformer au mode de comptabilité et aux procédés de fabrication imposés par l'Etat, tels que l'adoption de la méthode réfrigérante, remploi des vases en fer-blanc et du sel de Lunebourg pour les salaisons,

1. Extrait d'un rapport publié par le Bulletin consulaire français.

Page 1