LA RAGE D ANGUS
rent les races et accroissent dans une large mesure les sources de la richesse et du succès.
Déjà, peu de temps après sa rentrée du concours de Paris, M. Mac Gombie avait fait la vente d'une grande partie de ses animaux. Il n'avait réservé que le groupe exposé à Paris, et depuis il avait reconstitué son troupeau par une sélection sévère dans les ventes publiques, et par des achats particuliers, en choisissant de préférence chez les principaux éleveurs de son pays, les descendants d'animaux achetés chez lui. J'ai raconté les résultats de cette vente partielle, dont la moyenne atteignit environ 1 ,200 francs par tête. Cette fois-ci, c'est le troupeau tout entier, sans réserves aucunes, qu'on a vendu, et les résultats de cette vente sont assez remarquables pour être signalés aux agriculteurs.
11 est vrai que la race Angus, malgré ses qualités transcendantes comme race de boucherie, est peu connue en France et encore moins cultivée. Quant à moi, je ne connais qu'un seul éleveur qui ait poussé l'excentricité jusqu'à- chercher à constituer et établir un troupeau d'Angus chez nous, et cela dans les conditions de sol et de climat les plus adverses au tempérament et aux exigences d'alimentation de cette race, qu'on puisse imaginer. La race Angus n'est point cosmopolite comme la grande race Durham, elle a des attaches climatériques, hygiéniques et alimentaires qui lui sont propres; c'est à tel point que bien que cette race soit considérée en Angleterre comme celle qui donne la meilleure viande de boucherie, aucun éleveur n'en poursuit l'élevage en dehors de l'Ecosse, et en Ecosse même, il n'y a guère que dans le comté d'Aberdeen que les Angus existent. On trouve peu de races bovines plus exclusivement localisées que celle-là. Mais dans le centre de l'Ecosse, elle partage avec la race Durham la faveur des éleveurs; je dis avec la race Durham, car l'élément améliorateur Durham a exercé et exerce encore l'influence la plus heureuse sur ce qui fait le mérite de la race Angus. C'est le croisement Durham qui a donné aux Angus la précocité et l'aptitude à l'engraissement, ainsi que cette cubicité de formes, cette profondeur de masse, cette large poitrine, cette arrière- main charnue qui caractérisent les Angus à un si haut degré. Ce que le croisement Durham n'a pu faire, c'est d'orner le chef des Angus d'une paire de cornes, même à l'état rudimentaire. Cet appareil est tellement amoindri chez les Durham, d'où leur nom deShorthorns (courtes cornes), qui leur est exclusivement donné en Angleterre, qu'il est probable que la for.3e reproductrice de cette partie de l'animal n'est pas assez puissante chez les Durham pour vaincre cette particularité du sang des Angus. Il en est de même de la couleur, que le croisement Durham n'a jamais pu modifier et qui reste toujours noire. Ceci est facile à expliquer : c'est que, chez les Durham, c'est la couleur du pelage qui a le moins de fixité. Le rouge et le blanc, voilà les deux couleurs typiques de la race Durham, et ces deux couleurs sont le plus souvent mélangées, tandis que chez la race Angus, le noir, c'est la couleur absolue du ]ielage.
Il n'existe dans ce noir aucunes nuances, aucune tache claire, aucun mélange,c'estruniformitéabsolue.Oncomprenddonc facilement qu'une fixité comme celle-là ne peut être même entamée par la couleur du Durham, laquelle n'en a aucune, et dont la diversité est au contraire un trait distinclif. Celte fixité dans la couleur noire des Angus est un trait