Communication faite à l'Académie des sciences
2. Notons, en passant, le fait dds tumeurs, des œdèmes chez les vaches inoculées. Dans les cas de charbon spontané chez les vaches, rien n'e t pla< rare |ue !a présence des tumeurs symptomatiqiies. C'est que, suivant les conclusiims de mon Rapport du 17 septembre 1878, au ministre de l'agriculture, 1-. claaib)n spontané s'inocu'e par les voies liigestives. Dan-i les cas rares de tumeurs charbonneuses, il doit y avoir eu mjculation dir-^cte. par exemple par d^s mouche? piquantes dont le (lard vient de puiser le charbon sur un cadavre charbonne ix, par la morsure d'un chien de berger qui a divoié des chairs chaibonn-use^, etc. M. Boatetm'a dit un jour : « Sur cent vaches charbonneuses, il n'y en a pas une avec tumeur. »
SUR LA NON-RÉCIDIVE DE l' AFFECTION CHARBONNEUSE. 51
derrière, qu'elle écarte pour ne pas tomber. La température de cette vache, qui était au débat de 38°. 8, est montée à 41°. 5. C'est alors que M. Louvrier commence à lui appliquer sa méthode de traitement le 16, à 9 heures du soir.
Le 17 juillet, la vache M va bien. Sa température qui ne s'est pas élevée, est toujours la température du début. La vache 0 est très malade; les ganglions près de la cuisse sont durs, très engorgés.
Le 18 juillet, la vache M n'a plus d'oedème. Elle est guérie et n'a jamais été sensiblement atteinte. C'est évidemment une vache qui était naturellement rél'raclaire au charbon. La vache 0, au contraire, est toujours malade, avec un énorme œdèma sous le ventre et les ganglions de la cuisse droite durs et douloureux. Sa température est cependant descendue à 39°. 7. Le 19 et le 20 juillet, la vache 0 paraît aller mieux. Le 21 juillet sa température est à 39°, quoique l'œdème sous le ventre, devenu fluctuant, soit toujours considérable.
A partir du 22 juillet, la température de cette vache est normale; Tœdème diminue et se résorbe. Laguérison devient peu à peu complète.
La vache M s'étant montrée réfractaire et témoin infidèle, on essaye de suppléer à ce terme de comparaison, qui fait défaut, en réinoeulant cette vache M à la place précédemment indiquée et une nouvelle vache P qui n'a pas encore servi. On emploie cette fois dix gouttes de culture du parasite charbonneux au lieu de cinq. C'était le 4 août. Les jours suivants la vache M n'a pas changé de température et n'a pas offert d'œdème. La nouvelle vache inoculée P présente un œdème dès le lendemain, et sa température a passé de 38°. 8 à 39°. 3. Le 8 août, elle înarque 4l°.2; l'œdème s'est étendu, et les ganglions de la cuisse droite, du côté inoculé, sont enflammés.
Le 9 août, on note 4 T. 5. L'œdème est descendu sous le ventre; il est de plus en plus volumineux. La vache est fort triste et très malade.
A partir du 10 août, la température commence abaisser. Le 13, elle est de 39\5. Le 14, elle est de 38°. 3. La vache est guérie.
Je répète que cette vache n'a pas été traitée, parce qu'elle était destinée à servir de témoin pour la vache 0 qui avait subi les remèdes Louvrier.
En résumé, une vache traitée par M. Louvrier a guéri, et une vache non traitée a guéri également. Une troisième vache s'est montrée naturellement réfractaire au charbon.
Ces expériences ne permettent donc pas de porter un jugement sur l'efficacité du remède dont nous avions à juger la valeur pratique. Nous résolûmes de les recommencer; mais nos travaux nous rappelant à Paris, nous donnâmes rendez-vous à M. Louvrier, dans le Jura, pour l'époque des vacances de 1880. Je vais faire connaître les résultats de ces nouvelles expériences; mais, auparavant, que l'Académie me permette de l'entretenir du sujet principal de cette note, de la question de la récidive ou de la non-récidive du charbon, dont la solution s'offrait naturellement à nous.
Nous venons de constater que des vaches auxquelles on a donné le charbon par inoculation et qui en ont subi les effets de la manière la plus grave peuvent se guérir spontanément. Telles sont les vaches 0 et P, qui ont eu des tumeurs douloureuses énormes, des élévations de température considérables^ et qui ont été, à un moment, si ma-