‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 421 sur 752 · SUR LA NON-RÉGIDIVE DE L'AFFEGTION CHARBONNEUSE · texte numérisé non relu

SUR LA NON-RÉGIDIVE DE L'AFFEGTION CHARBONNEUSE

lades, qu'elles pouvaient à peine se tenir sur leurs jambes. Nous avons voulu savoir si ces vaches pouvaient reprendre la maladie. Dans l'espoir que du sang charbonneux, frais serait plus actif peut-être que les cultures de bacléridies, pr'';cédemment employées, nous avons, le 15 août 1879/réinoculé la vache 0, très bien guérie, avec du- sang charbonneux pris à un cochon d'Inde qui venait de mourir, le sang rempli de bactéridies. On essaye rgalement l'effet de ce sang sur la vache M, qui jusque-là avait résisté à deux inoculations de culture très chargées du parasite.

Le 1G, rien d'apparent dans la région des inoculations. . Le 1 8, léger œdème aux deux vaches, sans élévation de température.

Le 19, pas d'aggravation.

Le 20, les œdèmes, toujours très faibles, diminuent; la température est normale.

Ce jour, nouvelle inoculation à chacune des deux vaches par dix gouttes d'un liquide du culture de bactéridies. Les jours suivants, rien de visible aux points inoculés et pas d'élévation de température.

Ces faits, et particulièrement ceux qui concernent la vache 0, qui avait été une première fois malade, avec un œdème considérable et une température élevée de 3 degrés, démontrent qu'une première atteinte de la maladie préserve l'animal d'atteintes ultérieures. Le charbon ne récidiverait pas. On peut présumer en outre qu'une récidive, si elle a lieu, est de moins en moins accusée.

Je passe aux résultats de notre étude récente en 1880.

Le (3 août 18S0, à onze heures du matin, on inocule quatre vaches, A, B, G, I), par cinq gouttes de culture du parasite charbonneux. Leurs températures sont comprises entre 08", 5 et 39 degrés au moment de 1 inoculation. On décide que les vaches A et B seront livrées à M. Louvrier, qui leur appliquera sa méthode de traitement dans Técurie môme où se trouvent les quatre vaches. Les vaches G et D seront conservées comme témoins.

Le 10 août, à 2 heures du matin, c'est-à-dire quatre jours après l'inoculation, les vaches B et D meurent charbonneuses, après avoir eu de fortes tumeurs et une grande élévation de température.

B est une des deux vaches auxquelles M. Louvrier a appliqué sa méthode de traitement; D est une des vaches non traitées. Quant aux deux autres, la vache A, traitée par M. Louvrier, s'est guérie, mais également la vache C, non traitée, et toutes deux ont manifesté des symptômes morbides fort accusés jusqu'au 12 août, jour à partir duquel la température a commencé à diminuer, les ganglions à être moins douloureux et les œdèmes à se résorber, après avoir été énormes, pendants sous le ventre, conteiant certainement, disait M. Louvrier, plusieurs litres de sérosité'.

[La suite prochainement.) L. Pasteur,

Membre de l'Institut et de la Société nationale d'agriculture .

1. Détail des observations de la malalie des .leux «achos A et C :

7 août. Vache A, léger œdème, 39°. — Va^he C, pts d'œdème, 38°.7.

8 — — A, œiè ne, 41".! — Vache C, pas d'œdème, SS^-ô.

9 — — A, œdème des;enil sjus le ventre, 4i**, b. Le traitement pour ôette vache commence

à 9 heures du soir. — Vache C, Ipgtr œdème, 38**. 6.

10 — — A, œdème consiiérable, ganglionsgros et sensibles, 41°.

— — C, gros œdème sous le ventre, ginglions engorgés, 39°.

11 — — A, température 41°.

12 — — A, — /)0°.5. — Vache C, température 41°,5.

Fuis, les jours suivants, les températures vont en décroissant assez rapidement.

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