LES NOYERS DANS L'ARIEGE
déraciné, cassé et brisé un groupe de quatre épicéas, âgés de plus de soixante ans et un pareil nombre de noyers noirs d'Amérique du même âge. Tout à côté un beau noyer cendré a été beureusement conservé. Il reste isolé et l'etfet ornemental y gagnera puisqu'on pourra plus facilement admirer son beau port, son écorce lisse et blancbàtre, son vert feuillage composé de six folioles avec une impaire. Il est à regretter que ce superbe végétal ne donne que de faibles récoltes et que ses fruits n'aient pas les qualités du fameux noyer Jiujlans Pacan^ si estimé des Américains.
Mais il est temps de m'arrôter, l'intérêt que m'inspire la culture des noyers en général et des noyers américains dont je possède en manuscrits des figures et de nombreux extraits du grand et bel ouvrage d'André Michaux, me fera pardonner, je l'espère, ce trop long préambule.
Je ne voulais parler ici f[ue de l'abondante récolte des noyers communs, des noyers originaires du Sud-Ouest, des noyers à bouquets, noyers hâtifs, noyers de Borthère, noyers monophylles, noyers à feuilles laciniées, noyers américains dont je cultive avec fruit (sans calembour), de 10 à 12 espèces, enfin d'une très belle variété de noyers noirs américains (Juglans americana CUrlfurmis, Nobis), obtenu il y a 12 à 15 ans dans nos cultures du vigne. Je n'ajouterai rien à sa description déjà donnée dans votre si utile Journal. Sa végétation dépasse de beaucoup celle des sujets dont elle est sortie, sa floraison et sa fructification sont vraiment remarquables; les fruits, très gros, viennent par bouquets de trois à quatre et sont portés par un court et gros pédoncule. Je ne saurais trop en conseiller la culture, et je serais heureux de pouvoir en envoyer un assez grand nombre à mes honorables collègues et correspondants.
P. -S. — On sert journellement sur notre table des melons presque tous excellents, de grandes assiettes de framboises Bifère ou à gros fruits, aussi parfumées qu'au printemps; enfin, dans cette année grasse^ ou tout abonde, nos fruiteries et bientôt nos caves et nos greniers seront remplis par nos récoltes d'amandes, de noix, de châtaignes. La vigne seule ne donnera que de faibles ou médiocres produits oïdés. Il ne reste presque plus de feuilles jaunies et desséchées.