‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 488 sur 752 · RAPPORT SUR LES TRAVAUX DU JUHY · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES TRAVAUX DU JUHY

11 y a aujourd'hui quinze jours, le samedi I 8 sepLembre, avaiL lieu un des concours spéciaux qu'organise avec tant de succès notre Société, depuis plusieurs années déjà. Ainsi qu'on l'avait publié : les machines à neiloyer et à cribler les grains et graines, les appareils économisant la main-d'œuvre et rendant le travail moins pénible, formaient cette fois, vous le savez, l'objet du concours.

Le jury s'est réuni, cours Lafayette, lieu du concours, dès neuf heures du matin, et après avoir choisi à l'unanimité pour président M. Lavaux, un de ses membres les plus autorisés, il a immédiatement procédé à l'examen des machines exposées.

S'il ne fut pas très nombreux, le concours n'en fut pas moins intéressant. Grâce en effet à l'obligeance et au dévouement de M. A. Petit, qui fournit un nombre suffisant de gerbes de même nature, et de M. Lucy, qui les fit apporter et prit soin de leur distribution, le jury put l'airti foQctionner devant lui chacun des instruments clans des conditions absolument comparables, et les juger en travail normal. Derrière chaque machine était placée une charrette chargée de gerbes

magnifiques, trop belles peut-être, à ne consulter que les intéressés, car la longueur de la paille fut pour toutes un obstacle^ pas une ne sut la conserver intacte. A chacune était attribué pour le battage un même nombre de gerbes; la paille liée immédiatement, le blé ensaché étaient de suite enlevés. Sous tous les rapports, le jury doit donc de vifs retnercîments à la Commission d'organisation qui a ainsi grandement facilité sa tâche en le délivrant complètement de la responsabilité d(;s détails accessoires.

Le programme du concours comportait six catégories de machines, qui furent passées en revue successivement.

Dans la première catégorie, celle des machines à ballre à vapeur^ vannant et criblant, cinq concurrents s'étaient fait inscrire.

M. Gautreau, de Dourdan, présentait une machine à battre de 6 chevaux;

M. Girardin, d'Étampes, une de h chevaux;

M. Gérard, ou la Société française de matériel agricole, de Viei^zon, une de 6 chevaux ;

M. Cumming, d'Orléans, une de 6 chevaux; Enfin, M. Bertin, de Montereau, une de 3 chevaux. Chacune était accompagnée d'une locomobile de force correspondante, servant de moteur et complétant l'installation.

Les prix de ces diverses maclimes, si on tient compte de leur force respective, sont comparables. Aussi le jury s'attacha spécialement, non seulement à mesurer la quantité de travail produit dans un temps donné, mais encore à étudier les conditions plus ou moins favorables du service, et à apprécier l'état dans lequel le blé et la paille étaient rendus par l'appareil. A ce sujet, il n'est pas inutile d'insister et de vous faire remarquer, messieurs, que c'est surtout en se plaçant à ce point de vue spécial de la qualité du travail produit, que le jury résolut de se' former une opinion... Les conditions, dans lesquelles se faisaient les expériences, étant, comme nous l'avons vu, les mêmes pour tous, il le pouvait sans craindre d'être induit en erreur par quelque inégalité fortuite.

On fit faire deux battages à la machine de M. Gautreau; car, dans la première expérience, croyant à une lutte de vitesse exclusivement, le constructeur avait battu cent gerbes en treize minutes ; mais cela correspond à un travail tout à fait anormal pour les hommes de service, et absolument impossible à soutenir pendant une journée... Dans la deuxième expérience cinquante gerbes furent battues en dix minutes et demie. C'est la quantité qui fut dès lors donnée à toutes les machines de cette classe pour concourir.

La durée du battage de ces cinquante gerbes permit au jury d'éliminer dès d'abord deux concurrents, iMM. Girardin et Bertin, dont les machines, plus faibles d'ailleurs que les autres, produisaient, à cause de cela même, et comme on devait s'y attendre, un travail insufiisant pour cette catégorie de machines à vapeur dites à grand travail. Si Ton examine les trois autres, on reconnaît bientôt qu'elles ont des défauts et des qualités communs, les différences sont assez faibles; ce type de machine semble station naire depuis quelque temps, et nécessairement tous les constructeurs tendent à se rapprocher plus ou moins les uns des autres. Il n'y a plus guère que des modifications d'une importance secondaire. La paille bien secouée est en général froissée.

mêlée, cassée et mal rcjeUc au dehors; le blé assez propre et bien battu.

C'est dans les détails qu'il faut entrer pour faire quelques distinctions.

Dans la machine Gautreau, il y a deux cases à blé; dans Tune il est très propre et marchand, dans l'autre encore sale. Cette machine est munie d'un aspirateur particulier appelant les otons, et les rejetant sur les secoueurs; c'est un perfectionnement particulier à cette machine. Le réglage du contre-batteur peut s'effectuer en marche. Nous avons aussi remarqué une grille destinée à cribler le blé, d'une forme ingénieuse. Les trous de cette grille ont la forme d'un cylindre dont l'axe a la même direction que l'air lancé par le ventilateur à peu près parallèlement à la grille elle-même; de cette façon, le grain se dégage de la paille et passe facilement. Cette tôle perforée est appliquée à tous les ventilateurs des machines de cette maison. Les tourillons des arbres sont en acier; les lames du batteur à angles arrondis pour le blé sont mobiles et peuvent être facilement remplacées par des lames à angles vifs ; alors la machine sert à battre l'avoine.

La machine Gérard a un nettoyage parfait; à notre avis, c'est sa supériorité. La paille y est assez bien traitée; et le blé, s'il est un peu cassé, en soi-t très propre et même bien lisse. Ce dernier résultat est obtenu à l'aide d'une sorte de ventilateur placé sur le côté de la machine, qui aspire le blé battu et le remonte dans un ensachoir placé en contre-haut; c'est dans ce mouvement forcé que le blé passe le long d'une surface cannelée sur laquelle il est projeté, et en sort lisse et exempt de poussière. C'est en petit l'effet d'une colonne de nettoyage. La construction de l'appareil nous a paru très soignée.

Dans la machine Cumming, les orifices de l'ensachoir sont placés un peu bas. Elle se distingue par la disposition de son secoueur de paille. Au lieu de recevoir le mouvement à l'une de leurs extrémités, les lames du secoueur le reçoivent en leur milieu; il en résulte que les deux bouts ont exactement le même mouvement, ce qui n'a pas lieu dans les autres machines. Cela nous semble d'ailleurs avoir peu d'importance, car, en général, la paille est bien secouée dans toutes les machines de cette classe.

Nous avons cru devoir nous arrêter un peu longuement sur ces appareils; car ils nous ont paru, comme à vous sans doute, messieurs, être par leur importance même, les plus intéressants du concours.

Dans la deuxième catégorie, celle des macJnnes à battre, vannant et criblant, à manèges de 3 et 4 chevaux, se présentaient trois constructeurs :

M, Gautreau avec une machine à manège à 3 chevaux;

M. Girardin avec une machine de même force;

M. Maréchaux, de Montmorillon (Vienne), avec une machine à manège à 4 chevaux.

Le jury, tout en appréciant, comme il convenait, les sacrifices faits par ce dernier constructeur, pour venir d'aussi loin concourir dans notre ville, et porté à lui en savoir gré, eut le regret de ne pouvoir mettre sa machine en ligne avec les autres. Cette batteuse est une batteuse en long ; toutes celles, autres que celle de M. Maréchaux, que nous avons eu à examiner, sont des batteuses en travers, seul type, du reste, adopté dans nos campagnes. Les batteuses en long peuvent être estimées

dans les contrées où on recherche la paille, brisée, hachée ; mais elles ont pour la nôtre, un défaut primordial, contre lequel ne peut prévaloir la modicité du prix de l'appareil : elles rendent la paille invendable. Cependant quoique seule de son type, quoique les nécessités du commerce en interdisent l'usage chez nous, le jury étudia cette machine avec soin et l'eût récompensée, s'il avait cru y reconnaître un perfectionnement notable introduit dans ce genre de batteuses qui peuvent évidemment rendre des services, et de grands services quand, comme dans le Midi, on recherche la paille hachée pour la vente. Un des principaux reproches à lui faire, est la force qu'elle emploie : un manège à 4 chevaux suffit à peine pour effectuer le travail dont les autres viennent à bout avec 3 chevaux seulement.

Il ne restait dès lors, pour cette classe, que deux concurrents véritables. On leur donna à chacun vingt-cinq gerbes à battre. Les machines ici ne présentaient rien de bien saillant à signaler. Nous nous contenterons de dire que les résultats de la machine Gautreau nous ont paru très supérieurs. Avec le même nombre d'hommes, dans le même temps, douze minutes, on a obtenu un blé mieux battu, une paille mieux secouée, encore qu'un peu mêlée, mais sans menue paille à repasser. Ici pourtant, trouve encore sa place le reproche que nous faisions à la grande machine : le blé est reçu dans deux cases, et dans l'une d'elles il est trop sale et a besoin d'un nouveau nettoyage pour être propre à la vente.

Dans la machine Girardin, le battage, le secouage, le nettoyage étaient insuffisants, et la disposition, ainsi que la construction du mécanisme, ont été iufifées inférieures.

Dans la troisième catégorie ou venaient se ranger les machines a battre, mues par un et deux chevaux et les machines à bras, nous avons eu à comparer les machines de :

M. Gautreau, machine à 2 chevaux; M. Fortin, de Montereau, machine à 2 chevaux; M. Bertin, machine à plan incliné, 1 cheval; M. Maréchaux, machine à battre en long, 2 chevaux.

Nous retrouvons ici une machine à battre en long du même constructeur que dans la classe précédente et ici encore, les mêmes défauts ont frappé l'attention du jury, et naturellement ont amené une décision analogue.

Nous nous arrêterons seulement maintenant un instant au sujet de la machine à plan incliné de M. Bertin. Cette machine, avec un seul cheval, a fait en une heure et quart ce que les autres avec deux chevaux ont fait en une heure et cinq minutes; que si le travail est un peu moins bon, il est du moins suffisant et l'appareil se recommande par la commodité de son installation, et la facilité de la mise en place et de la mise en route. Le jury cependant, devant une transmission de mouvement un peu compliquée, ou du moins de construction forcément un peu grossière, n'étant pas édifié sur le degré de fatigue que supporte le cheval moteur, ne pouvant se rendre compte de la durée du travail qu'il* peut fournir dans ces conditions, a hésité à placer cette machine au premier rang.

Celle de M. Gautreau d'ailleurs se recommande par un excellent travail.

Signalons encore la machine de M. Fortin, qui manœuvre sans être calée; avantage médiocre, il nous semble, car on a toujours le temps

140 CONCOURS SPPXIAL DK BATTEUSES A ME AUX.

de procéder à cette opération^ môme au moment de battre^ quand elle est nécessaire. Quoi qu'il en soit, cette propriété de la machine résulte d'une disposition ing;énieuse du tarare et du secoueur, dont les mouvements sont opposés et équilibrés de façon à rendre le calage inutile. Les trois dernières catégories ne nous occuperont pas longtemps; il y avait peu de machines intéressant par quelque nouveauté.

Il nous est impossible, cependant, de passer sous silence dans la quatrième catégorie, celle des machines à battre les petites graines, L'excellent appareil de M. Gumming, analogue aux machines à battre le blé et donnant un très bon travail, par la simple combinaison des grilles alternées à travers lesquelles passe la graine à battre. Le jury l'a expérimenté avec du trèfle. — Dans ce même genre de machines, nous ferons aussi remarquer la batteuse de M. Chenel, présentée par M. Bertin, de Montereau, où la séparation de la graine est obtenue par 'a projection du trèfle sur une toile métallique résistante. Mais contrairement à ce qui se produit dans la précédente batteuse, la graine (btenue est très mal nettoyée et très mal triée : elle n'est pas encore véritablement marchande.

Le jury a placé et récompensé dans la cinquième catégorie des appareils et procédés relatifs au battage et au vannage des graines et grains, économisant la main-d'œuvre et rendant le travail moins pénible y deux tarares très bien appropriés aux machines à battre qu'ils servent; ce sont : le tarare américain de M. Girardin et le tarare déboureur et cribleur de M, Maréchaux, appareil sans lequel le travail de la batteuse en long serait absolument incomplet : le blé qu'elle jette de tout côté mêlé à la paille et à la poussière serait invendable sans l'opération de nettoyage très bien effectué par ce tarare.

Enfin dans la sixième catégorie celle des machines à nettoyer les grelins et graines^ le jury a cru devoir faire deux classes.

Dans la première il a placé les tarares de ferme parmi lesquels il convient de distinguer les tarares légers et très économiques de M. E. Mabille, de Reims.

Dans la seconde, les cylindres trieurs. Ceux de 5f. Symon, de Meaux, ont été remarqués et l'objet d'une récompense.

Telle a été la manière de procéder du jury; la qualité du travail produit a été son critérium pour toutes les classes de machines; et nous vous avons exposé aussi fidèlement que possible les princip des raisons qui, dans chaque cas, ont déterminé sa décision et motivé son jugement. ATant de vous donner lecture de? récompenses qu'il a décernées, qu'il nous soit permis de constater que ce nouveau concours spécial a parfaitement réussi et de nous en féliciter. Si ces sortes de concours offrent plus de monotonie au regard indifférent du siijiple curieux, ils ont pour les intéressés l'avantage précieux de mettre côte à côte, pour ainsi dire, des machines entre lesquelles un jour ils seront peut-être appelés à se prononcer; ils leur permettent un examen comparatif dans des conditions absolument identiques, avantage indéinable pour un juge. L'esprit n'est pas distrait par la vue" de machines étrangères et les différences se saisissent plus facilement; l'impression en est plus durable. Ce sont ces circonstances mêmes, on peut le dire, qui nous ont permis cette année de classer d'une façon, que vous approuverez, nous l'espérons, des machines à peu près aussi perfectionnées les unes que les autres; et entre lesquelles

en l'absence de transformation saillante, d'inventions nouvelles, il eût pu paraître dilTicile de se prononcera P. Cormier,

Rapporteur du Jury.

Les parasites et les animaux parasitaires chez l'homme, les animaux domestiques et les animaux sauvages avec lesquels ils peuvent être en contact, par P. Mégnin, lauréat de l'Institut. — Un volume in-8, avec 63 Apures dans le texte et un atlas de 26 planches. — A la librairie de (t. Masson, 12'1, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Prix, avec l'atlas, 20 francs.

Les animaux parasitaires sont ceux qui vivent aux dépens des autres êtres vivants; leur nombre est presque infini, et si un problème est réellement surprenant, c'est qu'ils n'aient pas fait disparaître une grande quantité d'espèces. 11 en est de tout genre et de toute famille; quelques-uns, mais c'est le plus petit nombre, sont inoffensifs; la plupart sont de véritables et redoutables fléaux pour les êtres auxquels ils s'attachent. C'est à eux, par exemple, que les animaux domestiques sont redevables de beaucoup des maladies qui les attaquent; l'homme n'échappe pas à leur action, et quelques-uns peuvent être, pour lui, des agents de mort. Il est donc important à la science vétérinaire, aussi bien qu'à l'agriculture, de connaître ces animaux, leurs mœurs, les effets de leur action sur l'économie animale, aussi bien que les moyens de les combattre. 3Iais cette élude est délicate. En effet, le plus grand nombre des animaux parasitaires appartiennent aux dernières classes du règne animal; ce sont des êtres souvent microscopiques dont une observation longue et p;itiente peut seule permettre de préciser les caractères et de dévoiler les mœurs. Il n'est donc pas étonnant que leur étude ait été pendant longtemps négligée, tandis que la plupart des autres branches de l'histoire naturelle se développaient rapidement, et que l'on se soit contenté de généralités peu précises. On aura une idée des difficultés que présente cette étude quand on saura que l'on connaît aujourd'hui 58 espèces d'épizoiques ou hexapodes aptères (vulgairement les poux) qui vivent en parasites sur l'homme ou sur les seuls animaux domestiques. Il ne suffit pas d'ailleurs de distinguer les espèces; il faut encore mettre leur rôle en relief, et ne pas, par exemple, anathématiser un être inoffensif qu'on aura confondu avec un voisin beaucoup moins pacifique.

Parmi les savants qui ont, depuis vingt ans, pris à cœur l'étude des parasites, M. P. Mégnin figure au premier rang. Il est parti de ce principe qu'il est nécessaire d'étudier à fond Fhistoire naturelle et les mœurs de tous les parasites, quels qu'ils soient, leur organisation et leurs moyens d'action. 11 a jusqu'ici consacré vingt-cinq années à ces études minutieuses. Déjà, dans plusieurs monographies, il a fait connaître les résultats de queljuesunes de ses recherches. Dans le volume qui vient de paraître, il présente ïe fruit de l'ensemble de ses études. Et encore, ce volume n'est-il qu'une première partie; car il est consacré seulement à l'examen des parasites appartenant aux ordres des insectes, des arachnides et des crustacés. Dans un second ouvrage, actuellement en préparation, le laborieux savant s'occupera des Helminthes, des Infusoires et des Cryptogames parasites. On voit combien ce travail est immense, et on conçoit la sagacité et la persévérance qu'il exige chez celui qui l'a entrepris. Il serait inutile d'insister ici sur les résultats qui en sortiront au point de vue pratique.

1. Le Journal du 2 ociobr^ a publié (p. 26'; la liste des récompenses décernées.

Après cette aperçu général, il nous reste à donner quelques détails sur les éludes que renferme le volume que M. Mégnin vient de publier. Nous ne pouvons guère fournir qu'une nomenclature aride, car les descriptions d'espèces qu'il renferme échappent à l'analyse qui ne pourrait qu'en donner une idée tout à fait incomplète et souvent même inexacte.

Nous avons dit que M. Mégnin s'occupe successivement des parasites appartenant aux ordres des insectes, des arachnides et des crustacés. Chacun des ordres de ces classes, renfermant des animaux parasitau-es, est l'objet d'un chapitre spécial composé de deux parties : la première est consacrée à l'histoire naturelle; la seconde à la

Fig. 7. — Hypoderme du bœuf.

Fig. 8. — Grand pou du cheval.

pathologie, c'est-à-dire aux maladies déterminées par ces animaux.

Dans la classe des Insectes, l'auteur passe successivement en revue les Diptères, les Hémiptères, les Coléoptères et Aphaniptères, les Epizoïques. A la première de ces classes, appartiennent les cousins, les taons, les œstrides, etc.; c'est dans cette famille que se trouve l'hypoderme du bœuf que représente la fig. 7, qui montre en a la femelle, en b la larve, en d une nymphe. Dans la seconde classe, nous rencontrons les punaises; dans la troisième, les puces ; dans la quatrième, l'innombrable légion des poux et de leurs congénères. On voit (fig. 8) le grand pou du cheval, parasite de cet animal et de l'âne.

Les animalcules microscopiques qui sont la cause des différentes variétés de gale, et chez l'homme et chez les animaux, appartiennent à un groupe qui, pour Linné, au siècle dernier, ne formait qu'un petit genre, le genre Âcarus, dont le type était le ciron du fromage. Ce genre constitue aujourd'hui, dans la classe des Arachnides, un ordre très nombreux en espèces, dont le nombre augmente encore tous les jours. C'est à l'histoire et à la description de ces espèces qu'est consacrée la plus grande partie de l'ouvrage de M. Mégnin ; il s'est fait, en quelque sorte, une spécialité de l'étude des Acariens et il y a acquis

une autorité universellement proclamée. On ne peut pas attendre de nous la nomenclature des onze familles d'Acariens ; notre rôle est simplement celui d'un bibliographe. Voici, toutefois, quelques types, pour donner une idée du soin avec lequel les dessins de tous les ani-

FJg. 9. — Gamase ptéroptoïde, ('es rongeurs.

Fig. 10. — Sarcopte scabiel, de riiomme.

maux décrits sont exécutés, soit dans le volume, soit dans l'important atlas qui l'accompagne. La plupart de ces dessins sont d'ailleurs dus àÏM. Mégnin lui-même. Les fig. 11 et 12 montrent l'Argas réfléchi,

Fig. 11. — Argas réfléchi vu par-dessus. Fig. 12. — Argas réfléchi vu pai-dessous.

VU par-dessus et par-dessous; cet acarien est surtout parasite des colombiers, d'où il se répand sur les pigeons, principalement sur les jeunes; mais il est très rare aujourd'hui en France. La fig. 9 montre le gamase ptéroptoïde, parasite des petits rongeurs. La fig. 10 représente le sarcopte de l'homme, un des acariens qui déterminent la gale chez les races humaines. On lira avec beaucoup de profit l'étude sur les gales, qui suit l'histoire naturelle des Acariens.

La dernière classe d'animaux que M. Mégnin étudie dans ce volume, est celle des Crustacés, dont un seul ordre, celui des Acanthotèques, renferme quelques animaux parasitaires.

Cette esquisse rapide suffira, nous l'espérons, pour montrer l'importance de l'œuvre de iVL Mégnin. Cette œuvre s'impose à tous ceux qui étudient les causes et les remèdes des maladies des animaux domestiques, par conséquent aux agriculteurs éclairés.

Henry Sagmep,.

PISCICULTURE. — LE WITHEBAÎT

La pisciculture anglaise nous devant aussi au moins quelque chose, nous allons donc une lois pêcher en ses eaux.

D'autant mieux que cette pêche nous mènera à cette grande question toujours pendante de la migration de certaines espèces : sardines, harengs, morues, dont, dans un calendrier marin, il faudra pourtant parler tôt ou tard et peu ou prou.

Ce n'est pas vous, très honorés frères Ashwortli, vous les ouvriers de la première heure que nous avons eu l'honneur de connaître, vous, qui avez donné à cette branche de voire richesse publique une si rude poussée, qui nous refuserez cette incursion internationale!

Notre but n'est pas tant d'aborder l'historique withebait par son côté gastronomico politique, que par le vaste champ des hypothèses que cette petite bête, à la mode depuis si longtemps, laisse à nos méditations.

Le Daily News imprimait, à propos du célèbre withebait-diner, ou dhier d'adieux des ministres, une de ces savantes dissertations sur ce favori des Anglais de haute souche, que nous croirions digne de la plume de l'inspecteur général des pêches si connu, ex-médecin en chef des gardes du corps delà reine, M. Buckiand.

Nous ne saurions donc mieux faire que d'en donnera nos lecteurs la partie pittoresque et scientifique par laquelle ce petit seigneur, faisant toujours si grand bruit en x4.ng1eterre, nous est servi, à nous les mortels, appelés M. tout-le-monde. Le Withebait ou bianche amorce, a été mis à la mode en 1 780 par un pêcheur de Black Wall, nommé Richard Cannon.

Qui fit qu'à cette époque oi^i l'xlnglais ne goûtait qu'avec répugnance au savoureux turboi, mais se délectait en revanche des salades de certains varechs; qui fit que le withebait conquit la première place dans ses délices gastronomiques, ce nous serait assez difficile à dire.

La mode s'en empara à ce point que, plus que jamais, sa pêche est uevenue une branche de cette si imponante industrie. Il s'en fallut de peu que, celte année, le célèbre wilhèbait-diner réunit bien Fillustrissime diplomatie anglaise à Grennwich comme cela se fait depuis juste 100 ans; mais, sans withebait! Il y avait environ 15 jours qu'il n'en était plus apparu un seul sur le carreau du grand marché de Billingsgate: Une tlotte de bateaux dut être envoyée au large pour le ])êcher, car comment passer sans withebait ce jour si célèbre dans les annalesde la gastronomie anglaise!

Un proverbe des pêcheurs anghiis dit qu'il ne peut être péché que pendant la session du parlement, c'est-a-dire de février à mi-août.

Le parlement ayant siégé cette année jusqu'en septembre, le Withebait avait gagné le large pour ne revenir comme Spralt, qu'en novembre à l'embouchure de la Tamise, payer sa dette à Mansion-Housc le 9 dudit mois. Toujours d'après le dicton anglais.

PISCICULTURE. — LE WITHEBAIT. 145

La partie si curieusement originale des mœurs de nos voisins énoncées ci-dessus, étant vidée, comme tout bon Anglais le doit à son loyalisme conservaiif\ l'auteur arrive aux questions sérieuses que soulève et soulèvera encore longtemps celle curieuse petite bête. Comme Lavaret, Anguille; que d'inconnus dans ce monde sans cesse sous nos yeux ! vrai porte-défi à notre grand dix-neuvième siècle !

Le poisson appelé Bail, change d'aspect et de qualité selon son âge et les saisons. En février et mars c'est le yaivlings, vraisemblablement le hareng cCun an. En juin et juillet les Bail sont si petits que les pêcheurs ne les nomment que (têtes et yeux) espèce de gélatineuse créature, dont le grand œil argenté semble faire et composer la plus grande partie. Les Bait du dîner de ce jour, examinés spécialement par l'auteur, ne sont pour lui quç des spratts, charmant poisson argenté et d'un goût aussi fin que délicat.

Dans ces derniers temps, les Anglais ont commencé à protester contre leur destruction et avec toute raison; pourquoi ne pas les laisser au moins atteindre à l'adolescence?

Mais il y en a tant! l'embouchure de la Tamise n'y suffirait! le marché de Billingsgate n'en regorge t-il pas l'hiver! Ynverness et les autres marchés de l'Ecosse de même, à ce point qu'on en fume des champs de navets et des houblonnières, etc.

Une seule maison de Londres paye 1,000 livres sterling par semaine pour la pêche du vsithebait durant la saison. Oserait-on espérer qu'un parlement anglais aura le courage d'enrayer ces massacres, tant que le withebait-dinersera dans ses habitudes politiques? Ici notre auteur, afin de ne pas se compromettre, met un grand point d'interrogation.

Charbonnier étant maître chez lui, la parole ne nous appartient pas dans ce débat; mais, cependant, nous demanderons à poser nos conclusions sur cet incident de pisciculture, le seul, croyons-nous, oii se trouve si curieusement mêlée une coutume diplomatique. Il y a plus de vingt-cinq ans, à propos du lavaret, nous imprimions : sera-t-il Dieu, marbre ou cuvette ?

Nos lecteurs peuvent voir, par ce qui précède, que le chemin parcouru n'est pas grand. Le si charmant lavaret, de notre temps, n'avait pas moins de sept noms sur les bords du lac de Constance : Seelen, Sluhen, Ganglifisch, Reuen, Halbfelch, Dreyen et Felchen; question d'âge et de tons. Il n'a donc rien à envier au withebait des Anglais. Car enfin, sera-t-il : Spratts^ Yaiclings, Folicigs, Roohans^ Buntings, Morue ou Hareng ?

Si nous insistons sur ces noms, ce n'est que pour rappeler cette belle parole de Coste toujours à notre pensée, que la pisciculture marine n'est, avant tout, qu'une question d'histoire naturelle; que la science cherche et formule, mais d'abord qu'imî pratique prudente et éveillée, sinon encore renseignée, guidée, dirigée, sache tirer parti des faits dont se tisse la vie des hommes de la mer.

Notre Spratt, de la baie de Douarnenez, dont on fume aussi les champs par certaine saison, alors que l'année suivante, deux ans même, on n'en voit plus un seul sur toute la côte sud de notre Bretagne, serait-il le même que celui de la mer du Nord? Le lavaret du lat; de Constance et le Conegone Fera d'Hartman dévorant le frai des harengs sur les côtes de Suède, seraient-ils vraiment de si proches parents que la science n'aurait encore pu distinguer ces deux êtres à mœurs et à

146 PISCICULTURE. — LE WITHEBAIT.

ha1)itat si différents? Le lavaret et l'Agoni des lacs italiens ne seraientils que les jalons prodigués par la nature à nos eaux douces, nous mettant sur la trace des mœurs de leurs frères de Ij mer, harengs^ sardines, ces éléments de si grandes richesses pour les côtes qu'ils fréquentent ?

Arriverions-nous par là à la connaissance de cette si grave question de la migration de ces espèces, sur lesquelles on possède, le hareng excepté, des données si confuses et si vagues ?

La rencontre, dans ce grand entonnoir des mers de nos côtes qui s'appelle le golfe de Biscaye, et dont les profondeurs sembleraient être les lieux de prédilection d'habitat de la sardine; la rencontre de deux courants de température différente, celui du sud pour la branche extrême droite, rabattue, d'après Maury, par le promontoire de la Bretagne (îles de Sein) et celui du pôle, arrivant en dessous par la Manche, ne devrait-elle pas donner lieu à certaines études ! La rencontre de ces deux courants dans ces profondeurs où il semble désormais acquis que ces immenses et prolifiques familles des dupées et des gades passent leur vie, ne montant aux eaux éclairées que pour y aimer, jouir et mourir ! Cette rencontre ne serait-elle pas la cause de ces irrégularités si fatales à nos populations marititnes et aux industries dont elles sont la base!

Nos lecteurs se rappelleront que dans le numéro 583 du Journal nous avons, à propos d'une de ces irrégularités, relative à la dernière saison de pêche de la sardine, déjà a[ipelé l'attention du ministre de la marine sur ce fait. En attendant réj)onse aux questions ci-dessus, nous prions qu'on nous pardonne cette petite excursion dans ce champ si vaste des hypothèses de la mer, sur lequel nous sommes arrivé en quittant le withebait-diner des ministres de la reine.

Chabot -Kaîlen,

Tliun (Sui;se). Correspondant de la Société nationale d'agiiculturo de France.

IV. — On reproche aux cultivateurs français de ne point entretenir un bétail suffisant, ce qui revient à leur reprocher de ne pas produire assez de fourrages. En Angleterre, en effet, la proportion des superficies emblavées en fourrages naturels et artificiels est à la superficie cultivée comme 65 est à 100; en Ecosse, comme 40 est à 100; en France, elle n'est que comme 22 est à 100. Ce n'est pas tout : notre climat, comprenant des zones plus étendues, est, en somme, beaucoup moins favorable à la production fourragère que celui des Iles Britanniques.

Si, partageant la France en trois zones, nous cherchons comment s'y répartissent les produits fourragers, voici ce que nous constatons, comme moyenne de dix ans :

Il en résulte un déficit moyen annuel de 1 .63 ; soit, en calculant sur le chiffre d'une année moyenne fd'après la statistique officielle de 1862), 56,431,971 quintaux métriques, un déficit moyen annuel de i^il 9,841 quintaux représentant au rationnement de A pour 100, sur 500 kilog. vif, la nourritureaunuelle deplusde l2,6U0bœLifs ou s-aches ou l'équivalent en d'autre bétail. Mais, en fait, le déficit est plus grand encore, parce que 1 1 majeure partie de l'excédent est gaspillée dans

l'année, ou avariée pendant le cours de la suivante. Il y a ainsi, tous les ans, 12,600 têtes de gros bétail vendues pour cause de fomine et un déficit dans la production du fumier de 211,502,200 kilog., soit la fumure triennale de 21,156 hectares.

Nous avons banni famines et disettes pour l'homme, en multipliant les voies de transport, réformant la législation et organisant le commerce; il est temps de poursuivre un résultat identique pour le bétail, instrument de production, source de fécondité, ressource alimentaire ; le moyen, c'est la compression.

Non seulement elle fait des fourrages une denrée économiquement Iransportable, mais elle régularise leur emploi tout en assurant l'entretien du bétail. Ce qui se passe en France se produit en Europe et dans le monde entier, pour le fourrage comme pour le blé : récoltes excédantes ici, insuffisantes là. La compression à bras peut amener le foin à la densité de 150 à 200 kilog. au mètre cube; avec une force motrice, 300 à 350 kilog.; puis avec des presses hydrauliques spécialement construites, 600 à 700 kilog., suivant la nature des fourrages et les régions qui les auront produits. L'importation devient alors aisée et lucrative, comme le démontre l'exemple de la Compagnie générale des omnibus de Paris qui, en 1873-74, a pu, avec une dépense de matériel de 14,000 fr., réaliser une économie de 600,000 fr. sur les deux tiers de son approvisionnement de l'année, et ceci comme début dans ce procédé d'essai sous leur surveillance administrative.

Cette économie de 600,000 fr. sur la nourriture annuelle de 8,000 chevaux (deux tiers de 12,000, son effectif;, ou de 75 fr. par cheval, aurait représenté pour cette même année et pour les 1 00,000 chevaux de notre cavalerie parisienne, le chiffre fort respectable de sept millions et demi de francs.

Ce n'est pas tout ! Que faisons-nous de nos excédents lorsqu'il y en a? Logés dans les greniers superposés aux écuries, ces foins sont avariés par les émanations du bétail; disposés en meules, ils sont gâtés par la pluie et exposés à l'incendie; dans un cas comme dans l'autre, ils perdent, d'une année à la suivante, leur couleur, leur arôme et la moitié au moins de leur valeur nutritive. En balles pressées, à la densité de 250 à 300 kilog., ils occuperont trois à quatre fois moins de place, laisseront libres des greniers où. l'aération s'organisera spontanément; ils pourront être logés sous un hangar, dans un silo même, car la balle, bien faite, peut rester exposée un an à l'air, sans perdre de ses qualités, deux heures dans un brasier sans y brûler, six heures dans l'eau sans s'y mouiller.

On objectera, à coup sûr, les frais de compression, et c'est parfaitement juste; au lieu de botteler, on comprime. Le bottelage de 1 ,000 kilog. à trois liens coûte 3 fr., à un lien 1 fr. 25 ; la compression coûtera 5 fr. pour le même poids. Mais aussi tenez compte, outre les avantages précités, que, par le pressage, vous évitez à chaque chargement ou déchargement un déchet de 5 pour 100 sur le foin en vrac, de 3 pour 10 J sur le foin bottelé, sans compter un semblable déchet moyen de route, ou en tout 1 5 pour 100 pour le premier et 9 pour 100 pour le second ; que vous ne payez le transport que poids pour poids et qu'ainsi vous pouvez faire venir avec profit des foins des contrées où la récolte en a été le plus abondante Tosges, Creuse, Nièvre, Seine- Inférieure, Ecosse, Suisse, Lombardie, Hongrie, Hollande, Etats-Unis),

pour combler le déficit de celles où la famine se montre menaçante ^

Soupçonnez-vous maintenant quels profits peut procurer ce commerce qui ouvre un débouché aux uns et comble les besoins des autres, utile à tous conséquemment?

Des foins achetés à Paris en 1873-74, revendus à Paris en 1875-7G, eussent donné un bénéfice net de 75 fr. par I^OUO kilog. En 1877-78, les foins achetés en France à 60 fr. et transportés à Londres où ils valaient 140 fr., eussent donné un bénéfice net de 25 fr. par 1 ,000 kilog. En 1877-78, des foins de France transportés à Naples eussent laissé un profit net de 29 fr. toujours par 1 ,000 kilog. Nous pouvons bien conclure à un bénéfice net moyen de 20 fr. par \ ,000 kilog. manipulés, importés ou exportés; mettons 10 fr. seulement, pour un prix d'achat moyen de 80 fr. Ce sera un intérêt net de 12 fr. 50 pour 100.

V. — Une Société consacrant un capital de 12 millions de francs dont 2 en installation et matériel et 10 en fonds de roulement, commercerait chaque année, le foin étant supposé au prix de 80 fr., sur 125 millions de kilog. ; le bénéfice net étant de 10 fr. par 1.000 kilog., le profit serait de 1.250.000 fr., soit plus de 10 pour 100 du capital social, en admettant qu'on ne fasse qu'une seule opération par an, tandis que, dans le fait, le capital se reproduira deux ou même trois fois par an. Le commerce des fourrages, tel qu'il se pratique actuellement, même à Paris, à plus forte raison dans nos grandes cités et dans nos villes de garnison, est tout à fait primitif; c'est l'enfance du commerce.

J'ajouterai que les pailles pour nourriture, litière, emballage, papeterie, peuvent donner lieu à un commerce et à des profits identiques; qu'enfin, le commerce des fourrages et des pailles est intimement lié au commerce, à la conservation, à la spéculation des avoines.

Voilà ce que, depuis douze ans, m'a révélé mon découvreur que j'ai, soigneusement et avec un vif intérêt, suivi dans toutes les transformations de ses idées et de ses machines, mon inventeur que le ministre de la guerre eût dû, dès l'abord, accueillir à bras ouverts et qu'il a longtemps fait attendre à la porte ; mon inventeur qui met fin à tant d'abus, qui encourage en même temps la production fourragère mieux que toutes les Sociétés d'agriculture et les Comices, qui prêche la production du bétail bien mieux que les primes et médailles de nos concours, qui travaille à la fertilisation du territoire bien mieux que tous nos fabricants d'engrais; qui présente enfin, aux capitalistes, un rare placement de leur fortune et aux agriculteurs un crédit que l'Etat luimême ne saurait organiser.

VI. — C'est, en effet, à Faide des bénéfices réalisés par la Société dans le commerce des fourrages comprimés, qu'il entend organiser le crédit mobilier agricole en nature.

Pour cela, il divise la Société des Comptoirs réunis de l'agriculture en quatre branches : 1° Bétail et substances alimentaires du bétail; 2° Engrais ei semences; 3" Matériel agricole; 4° Améliorations foncièi'es.

1" Bétail et substances alimentaires. — Nous avons parlé des four-

\, Nous espérons d'ailleurs qu'il sera prochainement possible d'obtenir des Compagnies de cheuiins de 1er, des tarils réduits'pour les foins coui primés qui ne courent aucun risque d'incendie et n'ont nul besoin d'être bâchés.

rages et pailles ; nous n'y reviendrons pas. Mais un autre point se rattache assez direetemejit à celui-ci. Avec les proo;rèsde la culture, sont venus les progrès du bétail; on a introduit en France des races nouvelles des espèces bovine, ovine et porcine; on les a multipliées à l'état de pureté ou de croisement et, cliaque jour, elles gagnent du terrain. Pour se procurer des reproducteurs de ces races, pour les clioisir sans même pouvoir les juger comparativement, il faut parcourir, sinon Ja France entière, du moins toute une ou deux contrées. D'un autre coté, le producteur, l'éleveur sont à la recherche ou dans l'attente de l'acheteur, et tous deux n'ont chance de se rencontrer qu'une fois par an, dans l'un ou l'autre de nos douze concours régionaux. Pourquoi ne point faire pour notre bétail agricole ce qu'on a fait pour les chevaux de service ou de luxe? pourquoi ne pas ouvrir une salle de vente, un Tattersall dans lequel le producteur exposerait ses élèves et où l'acheteur pourrait choisir et comparer toute Tannée? Ouvert à tous, nationaux et étrangers, pour toutes les espèces etpour toutes les races, cet établissement aiderait notablement à l'étude comparative et à la multiplication des meilleurs types.

2° Engrais et semences. La fabrication et le commerce des engrais ont donné et donnent malheureusement lieu à des fraudes ruineuses pour l'agriculture. On nous dit : achetez sur analyse ! mais les chimistes ne les font pas gratuitement ces analyses, et il ne les font pas en une heure ; dépense d'argent et de temps qui se renouvelle à chaque livraison. Bon encore pour la grande culture, mais pour la moyenne et la petite propriété? Le grand propriétaire, le gros fermier, achètent des quantités notables qu'ils payent moins cher et qu'ils peuvent faire vérifier; le petit fermier, le petit propriétaire, le métayer qui achètent par petits lots, payent plus cher et prennent ce qu'on leur donne. Une Société, achetant en gros, au prix du gros, sur analyse, pourra livrer ces engrais garantis, à un prix unique pour toutes fractions.

Le commerce des semences culturales donne lieu à un grand mouvement d'affaires dans lesquelles la falsification joue son rôle aussi : on vend de vieilles graines pour des jeunes, des semences dégénérées ou croisées pour des variétés pures, des luzernes et des trèfles infestés de cuscute, des mélanges oi^i l'on a fait entrer ce qu'on a voulu, etc. La Société, elle, achetant et vendant à ses clients, pourrait toujours leur fournir des semences garanties de variétés pures, prises au pays d'origine, étudiées et expérimentées.

3° Matériel agricole. La fabrication des instruments agricoles a pris un tel développement, en France et à l'étranger, les perfectionnements se succèdent si nombreux, les concours ont successivement décerné tant de médailles, que l'agriculteur est fort embarrassé de choisir le meilleur système et le meilleur constructeur; aussi va-t-il souvent au plus près, sur renseignements plus ou moins éclairés. De là, ce nombre d'outils perfectionnés que nous voyons dormir sous les hangars de tant de nos fermes, capital dépensé en pure perte et qui eût pu être si fructueux ! On pourrait dire que tous ces instruments sont bons (lorsqu'ils sont bien construits) ; mais le plus grand nombre répond à des circonstances un peu particulières dans lesquelles il l'emportera sur un autre. Une Société dirigée par des hommes compétents sera toujours apte à conseiller, à choisir l'instrument et le constructeur, et l'acheteur y épargnera temps et argent.

4° Amélioralions foncières. On n'a certes pas tiré^ en France, du drainage, tout le parti qu'il pouvait donner; il coûte trop cher et ne s'est pas toujours montré eflicace. Il coûte trop cher, parce qu'on a presque toujours servilement imité l'Angleterre, et n'a pas toujours été efficace parce qu'on a trop multiplié les drains ou qu'on ne, les a pas placés à une suffisante profondeur. Mais ce drainage, les conducteurs des pont et chaussées sont ou doivent être aujourd'hui compétents pour l'établir. 11 en n'est pas de même pour Tinstallation des irrigations, pour les constructions rurales, etc., travaux qiii sortent de leur compétence. La Société munie d'ingénieurs et de contre-maîtres spéciaux pourrait faire exécuter ces travaux avec toute la perfection économique et rendre à la culture de grands et précieux services.

Or, la Société des Comptoirs réunis pourrait faire tout cela dans les meilleures conditions, se contentant d'une rémunération fixée au taux le plus faible, avançant les capitaux dont elle se couvrirait par une prime d'amortissement annuel. Payant comptant, profitant de l'escompte et d'une remise, tirant d'abondantes ressources du commerce des fourrages et pailles, elle pourrait, tout en payant à ses capitalistes un intérêt convenable, prêter à longs termes et supporter les pertes inévitables. Ce qui me touche, c'est qu'elle pourrait et devrait devenir, étant bien administrée, un puissant levier pour le progrès. Une semblable affaire ne saurait être œuvre de spéculation, mais bien une œuvre d'utilité publique. Elle se fera tôt ou tard par l'agriculture et ses amis : agricoUura fara da se! A elle de voir si le moment est venu.

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