SUR LES MATIÈRES SUCRÉES DU FRUIT DU CAFÉIER
jours d'insolation, les fruits secs étaient soumis à deux triturations, la première, pour obtenir le grain, la seconde, à l'effet d'en briser l'enveloppe coriace pour le décortiquer.
Dans mes notes, je lis que I hetolitre de cerises rend de 35 kilogrammes à 40 kilogrammes de cafémarcliand.
Durant mon séjour dans les vallées d'Aragua, à Maraca.y, j'avais reconnu dans le fruit du caféier plusieurs sucres dont il restait à spécifier la nature; mais les moyens dont je disposais et aussi l'état de nos connaissances ne me permirent pas alors de continuer des recherches qui seraient restées inachevées, si, à ma prière, l'empereur du Brésil, auquel on ne s'adresse jamais en vain lorsqu'il s'agit de l'intérêt des sciences, ne m'eût fait parvenir par l'intermédiaire de notre éminent et regretté confrère le général Morin, des cerises de caféier mises dans l'alcool immédiatement après la cueillette. Ces fruits parvinrent au Conservatoire des arts et métiers en septembre 1 879.
De Tune des dames-j cannes on retira :
A. L'alcool dans lequel les fruits avaient séjourné 6 kilog. 400
B. Fruits imbibés d'alcool 9 kilog. 030
A. L'alcool, d'une teinte ambrée, d'une saveur légèrement sucrée, laissant un arrière goût amer, ayant une réduction acide, a été distillé dans le vide jusqu'à réduction au volume de I litre. C'est dans ce résidu de la distillation qu'on a dosé des matières sucrées que l'alcool avait dissoutes après un traitement préalable par le sous-acétate de plomb.
Le liquide, débarrassé du plomb introduit en excès, fut amené à consistance sirupeuse; le sirop, placé dans le vide sec, se prit en vingtquatre heures en une masse cristalline. Les cristaux obtenus par expression,, puis purifiés par cristallisation dans l'alcool, présentaient un assemblage d'aiguilles déliées, incolores, d'une saveur fraîche et peu sucrée. Ces cristaux, ne possédant pas de pouvoir rotatoire, entraient en fusion à la température de 1 66". Ce sont là des caractères de la mannite qui existerait dans les cerises du caféier mêlée à du sucre interverti et à du saccharose, dont on a déterminé les quantités.
B.Les cerises imbibées d'alcool pesant 9kil. 030, misesàl'étuve, ont été réduites au poids de 3 kil.800; on y a dosé les sucres et la mannite.
Voici les résultats des dosages :
A. Dans B. Dans les 3 kilog. 800 l'alcool. de cerises sèches.
Total.
gr- gr- gr.
Mannite 72.0 20.0 92.0
Sucre interverti 233.3 131.1 364.4
Sucre de canne 65.9 32.7 98.6
En restituant aux cerises sorties del'étuve, pesant 3,800 grammes, les matières sucrées que l'alcool avait enlevées, 371 gr. 2, on a, pour le poids des cerises sèches, environ 4,171 gr. 2.
Pour 100 grammes de cerises séchées à l'étuve, dans l'état où elles sont parvenues à Paris, on aurait :
Mannite 2.21
Sucre interverti 8.73
Sucre de canne 2.37
Substances indéterminées 86.69
Dans les matières indéterminées se trouvaient la pulpe privée de substances solubes et des graines avec leur tuniques cartilagineuses