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SUR LES POULES PONDEUSES

La question des poules pondeuses est intéressante et me semble mériter d'être étudiée.

La poule peut-elle avoir dans son ovaire plus ou moins de 600 œufs? — Y a-t-il des races de poules pondeuses qui produisent plus d'œafs que d'autres races, ou bien a-t-on cru que les poules pondaient plus parce qu'elles pondaient dans un court espace de temps tous les œufs quelles devaient pondre dans l'année?

Dans la nature, la poule, comme tous les oiseaux, ne devrait pondre que les œufs qu'elle doit couver. Tous les animaux domestiques ne sont pas tels qu'ils étaient dans l'état de nature. Comme il y a des vaches d'une race qui prend facilement la graisse et des vaches d'une race qui donne beaucoup de lait, il y a des poules renommées pour la délicatesse de leur char, — les poulardes du Mans. Il y a aussi des races de poules pondeuses. Il serait intéressant de les connaître. Ce sont les fermières, les ménagères de la campagne qui doivent donner la solution de cette question, d'abord en comptant, avant de mettre la poule au pot, les petits œufs qui forment la grappe qu'elle a dans son ovaire, pour qu'on sache si ce nombre est toujours le même ou s'il varie selon les races.

Les observations transmises au /oio'/m/ de l'Agriculture seront accueillies avec reconnaissance par tous ses lecteurs ou lectrices, et feront voir, une fois de plus, que les femmes ont un rôle à remplir dans le ménage rustique, où il y a tant de détails qu'elles seules peuvent et doivent surveiller. F. Villeroy.

Après avoir recherché les moyens d'exploiter et d'utiliser les bois endommagés, il y a lieu d'étudier quels sont les procédés à employer pour refaire les forêts de la Sologne et les reconstituer .cette fois de façon à les préserver dans l'avenir des causes de ruine qui viennent de les atteindre. 11 y a urgence, car le désastre occasionné par les gelées a produit une grande émotion, et il importe que ce sentiment ne dégénère pas en découragement. Tous les propriétaires sont disposés à refaire les plantations détruites; mais leurs eiïbrts pourraient ne pas aboutir, si l'Etat ne mettait ses conseils à leur disposition.

Nous allons successivement exposer avec quelles essences les forêts de la région doivent être reconstituées et indiquer quels sont les meilleurs procédés d'exécution.

Essences à préférer. — Pour reboiser la Sologne, on ne peut songer qu'au chêne et aux résineux :

Or, les peuplements de chêne sont dispendieux et difficiles à créer dans les terrains dénudés et sans abri; il est même presque impossible de les élever d'une manière satisfaisante lorsque le sol est envahi par certaines plantes parasites telles que l'augère (fétuque azurée), la bruyère et Tajonc; il faudrait, préalablement et à grands frais, détruire ces plantes par des cultures répétées.

D'autre part, le chêne ne commence à donner des produits qu'à un âge relativement avancé et eon accroissement n'est pas considérable.

1. Evtrait du rapport adresse au Conseil général du Loiret. — Yo:r le Journal du 9 octobre, page 46 de ce volume.

Dans la forêt d'Orléans comparable à la zone qui lui fait face, sur la rive gauche de la Loire^ on ne constate qu'exceptionnellement pour cette essence une production annuelle de 4 mètres cubes à 4 mètres 1/2 par hectare, tandis que les sols de la môme forêt, qui sont peuplés en résineux, produisent un volume presque double. Et il convient d'autant plus de tenir compte de cette circonstance que, depuis quelques années, l'écait entre le prix des produits feuillus et des produits résineux a singulièrement diminué. On trouve, en effet, dans la mercuriale du marché parisien vers lequel s'écoulent tant de bois de Sologne, les chiffres suivantsrbois neufs durs, le décastère175 à1S5fr.; bois pelard-chêne, 160 à 165 fr.; bois durs de flot, 150 à 160 fr. ; pin, 140 à 150 fr.

Sauf dans quelques cas particuliers, il n'y a donc pas lieu de préconiser les semis ou les plantations de chêne. Il reste à examiner les résineux. Parmi eux, nous ne voyons que trois espèces de pins que l'on puisse penser à recommander pour les travaux de quelque importance; ce sont les laricio d'Autriche, dit pin noir, le pin maritime et le sylvestre. 11 y a lieu de reconnaître qu'il existe en Sologne des bouquets et même quelques petits massifs de pins noir, lesquels ont dépassé vingt ans et sont assez vigoureux ; mais il n'en est pas moins vrai que cette essence n'a pas encore fait ses preuves d'une façon suffisante et qu'on n'est positivement fixé ni sur ses exigences au point de vue du sol, ni sur la rapidité de son accroissement, ni sur sa longévité ni sur la qualité de son bois, notamment pour la boulangerie. En fait, on s'accorde généralement à considérer le pin noir comme une essence des terrains calcaires, et l'un des caractères de la Sologne est l'absence ou l'extrême rareté du carbonate de chaux. Employer cette essence sur une grande échelle serait donc une réelle imprudence qui pourrait conduire à des mécomptes.

Le pin maritime, qui domine en Sologne, présente des inconvénients sérieux. 11 est sujet à la maladie du rond qui a déjà causé de grands dommages; lorsque par une révolution de résineux, on se propose de préparer le sol à la culture des essences feuillues ou des céréales, il ne lemplit pas le but, car son couvert léger laisse vivre en sous-étage, les plantes parasites. Il ne supporte pas les sols argileux, c'est un grave danger pour son élevage dans les terrains de Sologne, oii l'épaisseur et la nature des couches sont sujettes à des variations subites (bien souvent des peuplements de pin maritime, semés sur un terrain suffisamment sableux à la surface, sont morts avant d'avoir atteint les dimensions utilisables, parce que leurs racines avaient rencontré un banc d'argile dont l'existence n'avait pas été soupçonnée). Enfin, même en admettant que les retoiu's des grands froids ne se présentent qu'à de longs intervalles, il est impossible de méconnaître la portée delà dure leçon de l'hiver 1879: l'impossibilité où se trouve le pin maritime de résister aux abaissements de température de plus de 25 degrés centigrades, sera une menace permanente pour les propriétaires qui continueront à cultiver cette essence. Le pin sylvestre est, d'après la théorie et l'expérience, le résineux le mieux approprié à la localité. Il prospère dans tous les terrains de la Sologne; il s'accommode des sels peu profonds, très argileux et mouillés; grâce à son couvert, il débarrasse ces terrains des bru}'ères et des ajoncs; il leur procure un riche amendement; enfin, il a parfaitement supporté les fortes gelées qui viennent de détruire son congénère.

Malo;ré les considérations qui précèdent, la plupart des propriétaires de Sologne ont pour le pin maritime une préférence marquée, et il est par suite nécessaire d'examiner ici, avec détails, si les motifs de cette préférence sont bien fondés.

Tout d'abord, les partisans du pin maritime déclarent que c'est celui qui permet de reboiser un terrain le plus économiquement. Emise d'une façon aussi générale, cette assertion ne saurait être acceptée; la nature et Tétat du sol, le prix de la graine ou celui des plants, le salaire des ouvriers, les instruments que l'on peut y employer, la situation du propriétaire, sont autant de données essentiellement variables dont dépend le prix d'un reboisement, ensuite que le problème du prix de revient n'est pas susceptible d'une solution unique et absolue. Ce qu'il est seulement vrai de dire, c'est qu'en Sologne, dans certains cas, le repeuplement par le pin maritime entraîne à une dépense moindre que tout autre système de boisement. Lorsque, en effet, dans les terres depuis plus ou moins longtemps en culture, on peut semer le maritime avec une dernière céréale, la combinaison présente les avantages suivants :

1° Les frais de labour et de hersage sont mis au compte de l'exploitation agricole et ils sont réellement plus que payés par la récolte; T l'entreprise forestière ne se trouve grevée que du prix d'achat de la graine, et cette charge est minime; 3" l'opération est facile à faire, car la graine de maritime étant relativement grosse supporte d'être recouverte assez largement, c'est-à dire peu minutieusement, comme le permet l'instrument ordinaire qu'on appelle la herse; 4° de plus, la semence étant généralement bonne, le succès du semis se trouve presque toujours assuré; 5" enfin, quant aux jeunes plants, abrités par le seigle (ordinairement employé], et placés dans un tiTrain bien ameubli, ils ne peuvent que prospérer et se développer rapidement. Mais, on le voit, il ne s'agit là que d'un cas tout particulier et non d'un système applicable en général; très peu de pineraies détruites en 1879 pourront maintenant être défrichées et cultivées préalablement en céréales ; la plus grande quantité d'entre elles devra être reboisée directement, non seulement sans cultures transitoires, mais peut-être même sans qu'il ait été possible d'y arracher les souches mortes.

Il est vrai qu'il existe pour le pin maritime un autre mode de semis, qui, lui aussi, ne revient guère qu'au prix de la graine : c'est celui qu'on désigne habituellement sous le nom de semis sur bruyères. Il est fait à la volée sur le sol, sans que celui-ci ait subi de préparation, et l'on compte, pour enterrer les graines, sur le piétinement des ouvriers, la marche des chevaux ou même le passage de troupeaux introduits spécialement à cet effet. Sans doute, on a assez souvent obtenu aussi des résultats satisfaisants que l'on montre complaisamment; mais à côté de ces réussites, il y a eu bien des insuccès dont on a pas parlé. La vérité est que, en opérant de la sorte, on se met, bien plus qu'en semant de tout autre façon, à la merci des saisons, de l'humidité et de la sécheresse. Le procédé du semis sur bruyères donne des résultats essentiellement variables, irréguliers et incertains ; il est absolument aléatoire; enfin il ne peut être employé avec quelques chances de succès que dans les terrains envahis seulement par la bruyère, car partout où il existe des ajoncs, cette plante si répandue

en Sologne, la graine ne pourrait pas arriver jusqu'au sol. La seconde raison que donnent les propriétaires de leur préférence pour le pin maritime, c'est que, disent- ils, sa croissance est plus rapide que celle du sylvestre. Pendant les premières années, le pin maritime végète, en effet, plus vigoureusement que son congénère, mais cet avantage ne se mai rtient pas jusqu'à l'âge de l'exploitabilité. En outre, si les pins maritimes sont, à âge égal, généralement plus gros que les sylvestres, ils demandent un espacement plus considérable et sont par suite moins nombreux sur une même surface. D'ailleurs, considération importante, leur écorce est beaucoup plus épaisse et l'opération de l'écorcement (réclamée impérieusement par le grand consommateur de ces bois : la boulangerie) donne un déchet notablement plus considérable. Il n'est donc nullement démontré que le volume utile d'un massif maritime soit plus fort à l'hectare que celui d'un massif de sylvestre. On fait remarquer en dernier lieu que, sur le marché de Paris, les bois de maritime se vendent plus cher que ceux de sylvestre. Le fait est exact; mais la différence de prix n'est que d'environ 2 fr. 25 par 100 cotrets, soit moins de 40 centimes par stère; elle ne présente donc guère, en temps normal, qu'une plus-value de 1/20 pour le propriétaire, ce qui évidemment ne suffirait pas pour compenser les graves inconvénients signalés.

En résumé, nous pensons qu'il y a lieu de ne pas déconseiller l'emploi du maritime aux petits propriétaires lorsqu'ils sont placés à proximité des centres de population, lorsqu'ils peuvent faire par euxmêmes une culture agricole préparatoire au reboisement, lorsqu'ils sont en possession de tirer parti des plantes inférieures que cette essence laisse vivre sous son léger couvert et lorsqu'ils ont besoin pour tuteurs ou charniers des petits pins à supprimer dans les premières éclaircies ; encore faut-il toujours qu'il s'agisse de terrains franchement et profondément sableux.

Dans toutes les autres circonstances, de beaucoup les plus nombreuses, le pin sylvestre présente une supériorité incontestable.

Tout l'effort de l'Etat doit donc avoir pour but de réagir contre l'esprit de routine qui pousse certains propriétaires à semer du pin maritime pur, afin d'obtenir au moins que, par prudence et à titre d'assurance contre les gelées, on lui associe le pin sylvestre en notable proportion. Seulement partout où cette combinaison serait adoptée, il ne faudraitpasperdrede vue les repeuplements ainsi mélangés, car le pin maritime dans les premières années dominant son congénère, pourrait l'étouffer. Pendant cette phase il sera nécessaire de venir en aide aux pins sylvestres pour les dégager des plants voisins de maritime. On diminuerait ces travaux délicats et minutieux ou du moins on en simplifierait l'exécution si, au lieu de mélanger les deux semences, on les séparait entièrement sur le terrain, ce qui peut se faire soit en semant par bandes alternes chacune des graines isolément, soit en plantant en ligne les pins sylvestres sur les terrains préalablement ensemencés en maritime. Bolcard,

Conservateur des forêts à Tours.

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