RAPPORT SUR LES PRIX DE CULTURE DANS LA MARNE
Prévoteau, de Vitry-lez-Reims; une médaille de bronze à M. Loillier, de Ghampigny.
Le paragraphe 2 de l'article I" réserve une médaille d'or à la petite culture.
La Commission, sous la présidence de M. de Beffroi (M. Guérault-Godard, rapporteur), était composée en outre de MM. Flamain, Eugène Debin et Piot- Delaire.
M. Jules Bouton, propriétaire à la Maison-Blanche, exploite à quelques kilomètres de Reims avec une grande ardeur, 28 hectares d'un sol de mauvaise nature, mais dont il a su tirer bon parti. Les bâtiments nombreux sont bien tenus et installés d'une façon commode. La tenue des fumiers et l'introduction des engrais liquides ont attiré particulièrement l'attention de la Commission, qui a constaté aussi la présence d'un excellent troupeau de 225 têtes. M. Bouton, dont les ressources sont relativement modestes, s'est imposé de sérieux sacrifices pour l'acquisition d'instruments agricoles.
Le plus précieux concours est apporté par Mme Bouton à la prospérité de la maison. Aussi la Commission a-t-elle pensé qu'elle devait associer Mme Bouton à la récompense due à son mari, et a sollicité pour les époux Bouton une médaille de vermeil.
M. Houriez, cultivateur à Bazancourt, exploite 17 hectares de terres dont l'excellent état a impressionné la Commission.
Dans ce petit ménage, Talimentation du bétail est l'objet d'un soin minutieux, tous les instruments auxiliaires d'intérieur sont agencés d'une façon fort intelligente, et le petit troupeau, ainsi que les chevaux et les vaches, ont fort bon air.
Là encore, messieurs, le dévoué et intelligent concours de Mme Houriez se fait sentir; sa basse-cour suffit et au delà à l'entretien des dépenses de chaque jour.
Une mention très honorable est accordée à M. Houriez, le programme ne permettant point à la Commission, qui eu a éprouvé un vif regret, de ne pouvoir disposer d'aucune autre récompense.
L'exploitation de M. Ribaille, de Ludes, est organisée d'une façon intelligente, la tenue de ses étables et l'excellent état de son troupeau méritent d'être cités. Il y a là de l'avenir, encore quelques efforts et le Comice central sera heureux de pouvoir compter M. Ribaille parmi ses lauréats La Commission, toutefois, ne voulant point r^-ster indifférente à ses mérites, lui a décerné une mention honorable.
En terminant, messieurs, j'ai le devoir de vous faire connaître que vos commissions ont éprouvé partout la plus heureuse impression; elles ont rencontré d'infatigables travailleurs qui, par leurs efforts incessants, ont transformé toutes ces fermes concurrentes en plaines fertiles et couvertes de belles moissons. Nous devons donc proclamer bien haut, que si l'arrondissement de Reims, par son industrie, occupe en France, l'un des premiers rangs, son agriculture, sous l'inspiration de son vaillant et sympathique président M. Charles Lhotelain, n'est rebelle à aucune idée de progrès, et rivalise avec celle des contrées de notre sol les mieux favorisées.
L'art. 2 attribue un objet d'art au propriétaire-vigneron de l'arrondissement de Reims qui, dans l'exploitation de ses vignes, aura réalisé les progrès les plus remarquables et les plus dignes d'être offerts en exemple.
La Commission, composée de MM. Juglar, Callet, Ivernel, Giret, Testulat- Gaspard, Coutorbe, et Vimont, désigné comme rapporteur, s'est transportée dans les divers vignobles concurrents.
Quatre propriétaires se trouvaient en présence : MM. de Sapicourt, à Sapicourt ; René Ghandon de Briailles, à Romont ; Amédé Fortel, à Sillery; Ernest Irroy, à Ambonnay, Bouzy et Avenay.
Le domaine de Sapicourt comprend 3 hectares 1/2. La culture est celle de la contrée.
La mise en lignes régulières permettant le travail des charrues, l'emploi d'engrais chimiques complémentaires, la substitution du cordon à l'arçon, ont déjà valu à M. de Sapicourt, de la part du Comice de Reims, des récompenses spéciales.
Ces vignes, entièrement gelées l'hiver, reconstituent cette année leur charpente; la Commission ne pouvait donc juger sur le travail spécial, sur les fructifications.
Nous devons dire que successivement les propriétaires cités plus haut ont tous été à diverses époques lauréats du Comice de Reims. 'et comme tels proposés au concours. Tous ont présenté à l'examen de la Commission, des vignes fort belles
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et parfaitement tenues, tous suivaient sans variations ou améliorations importantes la culture traditionnelle de Champagne.
M. René Ghandon fait travailler à la tâche.
M. Forte! emploie une tâche mitigée qui lui laisse plus d'action sur le travail des. ouvriers. Ces vignes ont de fib à 82 ans et n'ont pas encore subi de replantations; elles se renouvellent par le simple provignage et sont, par conséquent, exclusivement constituées d'anciens plants champenois.
M. Ernest Irroy fait tout cultiver à la journée. Tous oes messieurs logent leurs ouvriers ou donnent une indemnité de logement et cultivent une étendue de 16 à 18 hectares,
M. Ernest Irroy se distingue par ses plantations qui, pour les vignobles de Bouzy etAmbonnay, s'élèvent à 14 hectares 45 ares.
Ces plantations très réussies, chargées aujourd'hui de raisins, ont donné à des terrains naguère incultes, une valeur très élevée.
La Commission a cru trouver un de ces faits dignes d'être offerts en exemple et pour lesquels l'art 2 a réservé son prix.
Lecomice départemental, heureux de ratifier le vœu de la Commission, a décerné à M. Ernest Irroy, pour ses vignobles d'Ambonnay et de Bouzy, la prime d'honneur.
Alfred Lequfux,
(La suite prochainement.) Secrélaire général du Comice de la .Marne.