‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 527 sur 752 · SUR LE CONGRES VITIGOLE DE SARAGOSSE · texte numérisé non relu

SUR LE CONGRES VITIGOLE DE SARAGOSSE

Monsieur le directeur, je vous demande la permission de compléter en quelques mots le compte rendu du congrès de Saragosse que vous avez publié. Mais d'abord quil me soit permis de remercier M. Lichtenstein. C'est grâce à lui, grâce à son esprit d'initiative que ce premier congrès a eu lieu en Espagne. Ce congrès sera certainement le point de départ de plusieurs autres congrès et il aura eu surtout pour résultat de faire mieux connaître l'Espagne aux Français.

Nous avons le tort en France de ne pas apprendre assez l'espagnol et l'italien et cependant, en ce qui concerne l'agriculture, ces deux langues ont plus d'intérêt pour nous que la langue anglaise. Il est bien sûr que si, au lieu de connaître seulement l'Espagne par l'intermédiaire de quelques romanciers, nous eussions vu les Espagnols de près, nous aurions appris bien vite que ce peuple a des qualités qui nous manquent bien souvent. Mais revenons plus directement à l'agriculture. Il est bien sûr qu'une visite en Espagne nous aurait prouvé une fois de plus que pour faire de la bonne viticulture, il faut, avant toute chose, faire de la bonne agriculture.

Mais en France, nous avons le défaut de nous passionner beaucoup trop pour toutes les questions et de nous mettre trop facilement à la remorque de la mode. Or, dans ce moment, la mode en agriculture ou mieux en viticulture, c'est de ne voir de salut que dans les vignes américaines.

Ce que nous venons de dire est-il de l'exagération ? Nous ne le pensons pas. En effet, trois congrès ont eu lieu pendant ces derniers mois.

Le premier, celui de Clermont-Ferrand, avait pour but de prouver que Ton pouvait sauver la vigne française par les insecticides. Je ne sais s'il a eu un résultat très pratique.

Le deuxième, celui de Lyon, était fait en grande partie par les partisans des vignes américaines.

A-t-il été plus pratique que celui de Clermont? Je ne le pense pas. Tout ce que je sais, c'est qu'ànotreretour de Saragosse nous avons fait unevisiteà M. Laliman, à Bordeaux, et cela en compagnie de M. Jules Léenhardt et de M. Meisner des Etats-Unis. M. Laliman nous a déclaré qu'il n'a pas pu prendre la parole à Lyon et que ce n'est que le dernier jour du congrès qu'il a pu répondre à M. Meisner. M. Laliman nous a dit qu'il cultivait des vignes américaines depuis vingt ans et qu'au bout de douze ans des vignes américaines mouraient du phylloxéra. Enfin il ajoute qu'il avait reçu des lettres, constatant qu'à mesure que le phylloxéra faisait des progrès en Amérique, les vignes américaines mouraient aux Etats-Unis, Tout cela prouve qu'il

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