III. — Vins, spiritueux, vinaigres, cidres
Vins. — L'activité, qui présidait aux transactions de la spéculation, s'est spontanément calmé. Le commerce régulier commence à entrer en scène et procède avec plus de méthode; il sait aujourd'hui ce qu'il achète et il n'achète qu'à bon escient. Il résulte de cette situation nouvelle un calme relatif et en même temps sinon une baisse, au moins des cours moins bien tenus. La propriété cède après force débats, mais à des prix plus doux, elle sent qu'il ne faut pas compromettre l'avenir. « Une seule chose, nous écrit-on de Narbonne, peut s'opposer, quelque temps du moins, à la dépréciation des cours, c'est la qualité de nos vins, qui est généralement bonne, ainsi que le manque de vins similaires en Espagne, ou tout au moins leurs prix élevés. De tout ceci, il résulte qu'on ignore encore aujourd'hui la véritable situation et qu'il faut attendre quelques semaines avant de voir les prix prendre leur niveau normal et les affaires se traiter sur des bases plus solides. En dehors du Midi, la situation est encore bien incertaine : en général les vins sont tenus à des prix très élevés et cependant on se plaint : les uns, du peu de couleur; les autres, d'un manque d'alcoolicité. Nous ne parlerons point des vins étrangers, ni des vins de raisins secs, car ceux-ci n'exerceront d'influence sur nos cours qu'autant que les prix des vins courants seront exagérés, nous redoutons plutôt les vins dits à l'eau sucrée, qui sont, croyons-nous, susceptibles de jouer un grand rôle cette année, comme auxiliaire des vins de coupage. A Paris, le commerce de gros sollicité par la demande du détail, qui est toujours très active, achète de fortes parties de vins vieux, malgré une hausse de 2 à 3 fr. et cela afin de fournir aux besoins toujours croissants de la consommation et cependant, le commerce de détail limite, autant que possible, ses achats, de manière à ne pas se trouver encombré en fin d'année; on doit, en effet se rappeler que les droits d'entrée seront diminués d'une dizaine de francs le l" janvier 1881, et c'est ce qui explique la réserve du commerce de détail qui ne veut pas se consituer de stock. Il est certain que les entrées des vins dans Paris, en décembre, seront pour ainsi dire nulles, tandis que les entrées, en janvier 1881, seront considérables .
Spiritueux. — Les affaires sont nulles et cependant la tendance reste ferme. En résumé, la situation est ce qu'elle était il y a huit jours. Voici, du reste, le mouvement de la semaine écoulée : début, 64 fr., 63 ïr. 50, 64 fr., 64 fr. 25, clôture, 64fr. Le stock est actuellement de 7,100 pipes contre 6,775 en 1879,
soit une différence de '325 pipes en plus pour 1880. Généralement on ne croit pas à la baisse. A Lille, c'est toujours le même calme : l'alcool de betterave reste coté de 61 fr. f)0 à 61 75 ; le livrable pour les deux derniers mois est fixé à 6i fr. Sur les marchés du Midi, les cours sont faiblement tenus : Celle cote toujours 110 à 105 fr.; Nîmes, 100 Ir.; Béziers, 103 fr ; Narbonne, 110 fr.; Pézenas. 98 fr. Les marchés allemands accusent de la baisse. — A Paris, on cote 3/6 betterave, l"- qualité, 90" disponible 63 fr. 65, novembre et décembre 62 fr. 50à62 fr. 75, quatre premiers 60 fr. 50 à 61 fr.
Vinaigres. — L'article vinaigre est toujours dans la même situation, sans changement de prix et sans tendances appréciables.
Cidres. — De Vimoutiers (Orne), on écrit : que depuis 1847, les pommes à cidre n'ont jamais été aussi chères dans la vallée d'x\uge. On les cote li) fr. l'hectolitre comble et l'on n'en trouve pas.
IV. — Sucres. — Mélassea. — Fécules. — Glucoses. — Amidons . — Houblons . Sucres. — Les affaires présentent beaucoup de calme sur la plupart des marchés, en ce qui concerne les sucres bruts; les cours sont faiblement tenus pour les diverses sortes. On paye par 100 kilog. pour les sucres bruts 88 degrés saccharimétriqiies : à Paris, 53 fr.; sucres blancs, n" 3, 59 fr.; à Valenciennes, sucres bruts, 51 fr. 50; à Lille, sucres bruts, 51 fr. 50; à Saint-Quentin, poudres blanches, 58 fr. 50 à 59 fr. 50. Le stock de l'entrepôt réel des sucres était à Paris, de 149,000 sacs, le 27 octobre, avec une augmentation de 8,000 sacs depuis huit jours. — Quant aux sucres raffinés, ils sont vendus aux mêmes prix que la semaine dernière, de 11 1 à 113 fr. par 100 kilog., à la consommation, et de 69 fr. 25 à 74 l'r pour l'exportîition, suivant les qualités.
Mélasses. — Les cours accusent de la hausse depuis huit jours. On paye à Paris, 13 fr. 50 par 100 kilog, pour les mélasses de fabrique, et 15 fr. 50 pour celles de raffinerie ; à Valenciennes, 13 fr. pour celles de fabrique.
Fécules. — Les affaires sont assez restreintes, et les prix sont ceux de la semaine dernière. On paye à Paris, 34 fr. à 34 fr. 50 par 100 kilog. pour les fécules premières du rayon; à Compiègne, 34 fr. pour celles de l'Oise. Les fécules vertes sont cotées de 20 fr. 50 à 21 fr. 50.
Glucoses. — Transactions peu importantes, avec les mêmes prix que la semaine dernière.
Amidons. — H y a peu d'affaires, mais les prix se maintiennent bien. On paye à Paris par 100 kilog. : amidon de pur froment, en paquets, 70 à 72 fr.; amidons de province, 60 à 62 f r ; amidon d'Al?ace, 56 à 58 fr.; amidon de riz, 34 à 38 fr. Houblons. — Les marchés des centres de production continuent à accuser beaucoup de calme; les prix, pour les diverses sortes, se maintiennent sans changements. On paye dans le Nord et Belgique, 90 à 160 fr. par 100 kilog. suivant les provenances et les qualités; en Bourgogne, de 110 à 140 fr.; en Lorraine, de 90 à 120 fr.; en Alsace, de 100 à 160 fr.