‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 553 sur 752 · L.\ CL.WELÊE ET LE BÉTAIL ALGÉRIEN · texte numérisé non relu

L.\ CL.WELÊE ET LE BÉTAIL ALGÉRIEN

expédie en France; arrivés à Marseille, l'inspecteur reconnaît vingt sujets atteints de pustules claveleuses. En vertu de l'arrêté ministériel, en date du 1 I mai 1877, les quinze cents moutons doivent être séquestrés, parqués pendant un temps parfois très long dans un espace réduit. La mortalité qui se produit, les fraif> de nourriture et les soins, absorbent bien vite la valeur de cette marchandise.

Si Pierre avait été un sujet Allemand, avant de soumettre les quinze ce^-.ts moutons à la visite faite à l'un des bureaux de douane placés à la frontière de l'Est, il n'avait, au préalable, qu'à éliminer les vingt sujets claveleux, les quatorze cent quatre-vingts moutons restants franchiraient la frontière sans soulever la moindre difficulté.

Pierre voulant démontrer, une fois de plus, Tabsurdité de l'arrêté précité, aurait pu inoculer aujourd'hui les quatorze cent quatre-vingts sujets déclarés sains et les expédier le lendemain en France, inutile d'ajouter, sans soulever la moindre observation à la douane.

La cause principale de l'inefficacité des mesures prises, réside dans ce fait qu'entre un animal sain et un autre sujet atteint de la clavelée à sa période d'incubation, il n'y a pas la plus légère différence.

La Société d'agriculture desBouches-du-Rliône, désireuse de ne plus voir la clavelée importée par le bétail algérien, aurait dû indiquer à ÏE'at un moyen pratique de reconnaître la clavelée qui ne se voit pas.

Ce moyen, une fois connu, il devenait facile de publier un nouvel arrêté autrement efficace que celui du 11 mai 1877. Or la pétition adressée par l'honorable président ne renferme absolument rien à ce sujet; donc quelle que soit la sévérité employée dans l'application des mesures sanitaires, l'Etat n^ empêchera jamais la clavelée de pénétrer en France.

L'impuissance des arrêtés étant un fait démontré, indiscutable, au lieu de demander leur conservation, n'est-il pas plus rationnel, plus logique de leur substituer d'autres mesures d'une efficacité incontestable?

Quelles sont ces mesures?

"^'" Avant de faire connaître mon humble avis à ce sujet, il me paraît ""nécessaire d'en signaler une, tour à tour conseillée par de savants professeurs d'un grand mérite. Très simple, très facile en apparence, à mettre en pratique, si séduisante lorsqu'on ne tient aucun compte de la très grande habileté pratique des personnes qui se livrent depuis longtemps au commerce du bétail, cette mesure, dis -je, est la clavelisation en Al;/érie dt^s bêtes ovines.

N'est-il pas évident que cette opération devrait être également imposée à tout le bétail expédié en France, sans quoi les Algériens auraient quelque peu raison dédire à l'Etat: en vertu de quel droit nous obligezvous à claveliser, si vous ne l'exigez des bêtes ovines fournies à la France par l'Allemagne, l'Autriche, la Russie, l'Italie, l'Espagne, etc.. qui ne présentent, à l'égard de la clavelée, aucune garantie? L'Etat décrèlera-t-il la clavelisation en masse de tous les animaux importés ?

L'efficacité de ce moyen ne saurait être douteuse, s'il était consciencieusement appliqué, mais il compromettrait grandement les sources fournissant annuellement deux millions de bêtes ovines absolument nécessaires aux besoins de l'alimentation française.

D'ailleurs, quelles seront les preuves exigées à la frontière établissant

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