‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 610 sur 752 · LES CHENILLES DES PINS · texte numérisé non relu

LES CHENILLES DES PINS

Favorisés par les pluies chaudes et fréquentes des mois de juillet et d'août, qui ont fourni à nos diverses emblavures de printemps une admirable nourriture, ces rongeurs en sont déjà à leur seconde mue et se hâtent, après les avoir dévorées, de gagner les hautes branches du sommet oii elles forment ces énormes bourses soyeuses si apparentes et d'une si difficile extraction. Il faut une véritable habileté pour que mon jeune grimpeur muni d'une sorte d'hirondelle, sorte de serpe bien aiguisée, puisse atteindre la sommité d'un beau pin de Sabion qui me donna l'an dernier six énormes cônes deux fois plus gros que ceux de mes plus vieux pins pignons; ils sont plus gros et meilleurs que ceux du pin de la xAIédilerranée. J'ai été heureux d'en adresser une partie aux nombreux amateurs de la grande famille des conifères.

Il est certaines espèces qui ne sont que peu ou point sujettes à leurs attaques; très rares sur les trois espèces de cèdre, je n'ai jamais observé de chenilles sur les Séquoia, les Cryplomeria, les Cyprès funèbres de la Chine. C'est surtout les pins sylvestres, maritimes, et les pins noirs d'Autriche, qu'elles semblent préférer et qu'elles abîment en les dépouillant de leurs sombres folioles avant leurs dernières mues du printemps. Une belle avenue composée de plus de 60 pins, âgés de 35 à 40 ans, était l'an dernier presque indemne de ces terribles rongeurs ; ce n'est pas sans une vive peine que je les ai vus reparaître en septembre et octobre. Je m'empresse de les faire extirper dans la crainte que, plus tard, amoncelées et réunies par plusieurs centaines, l'échenilloir ne brise ou casse la branche du sommet, et dans ce cas, le plus bel arbre est déshonoré et ne donne plus que des branches latérales du plus mauvais effet ornemental. Léo d'Oi'nous.

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