ET LE BÉTAIL ALGÉRIEN. — II
II. —Si l'importation du bétail algérien est une des principales cau-
l. Voir le Journal du 6 novembre, page 223 de ce volume.
sod LA (U-aveli^:e dans le midi.
ses de rapparilion de la clavelée, il faut bien avouer, que le retard apporté dans la déclaration à l'autorité, des troupeaux atteints, contribue grandement à la dissémination du mal. Le plus souvent, la déclaration n'est h'ite que très tard, alors ([Lie la maladie sévit sur un trop grand nombre d'animaux, et qu'il n'est plus possible de la tenir cachée; parfois même on a le soin de vendre sur les marchés avoisinants les sujets en apparence sains qui ne tardent pas à contaminer les troupeaux dans lesquels on les place. Aussi la clavelée est-elle en permanence dans le midi de la France, du mois de juin à fin janvier. Li crainte qu'elle produit, empêche un grand nombre d'agriculteurs de cette région de se livrer à l'élève ou à l'engraissement du bétail. Si ce fléau disparaissait, nul doute que l'État aurait rendu un grand service à l'agriculture méridionale. Pour atteindre ce but, voici le projet que j'ai l'honneur de soumettre à l'attention de M. le minist-e de l'agriculture et du commerce :
1" Maintenir la visite des bêtes ovines à la frontière et même en Algérie aux ports d'embarquement. Tout sujet recomm, à Marseille ou à Cette, atteint de la clavelée, serait immédiatement sacrifié; en Algérie, la clavelée élant b3nigne, il suffirait de l'éliminer. I.e restant du troupeau pourrait être vendu aux éleveurs qui se seraient soumis aux prescriptions suivantes.
2" Tout propriétaire qui désirerait acheter un troupeau d'africains devrait en faire la déclaration à la préfecture ou à la sous-préfecture, du 15 avril au 1'' mai de chaque année. Cette déclaration n'obligerait nullement l'individu à faire son achat, mais elle serait obligatoire.
3" Tous les troupeaux étrangers importés devraient être considérés comme suspects et traités comme tels, c'est-à-dire cantonnés pendant vingt jours au moins et soumis aux fréquentes visites d'un homme compétent payé par l'Etat \
Le cantonnement serait moins rigoureux si les troupeaux placés dans le voisinage avaient été clavelisés .
4" La clavelisation des troupeaux élevés prés des fermes où ïon se propose d' introduire du bétail d'Afrique serait faite au mois de mai, par les soins de l'Etat, qui prendrait à sa charge, non seulement les frais de clavelisation, mais aussi la mortalité qu'elle en'raînerait '. Ces dépenses pourraient ê're largement couvertes par un droit d'entrée s élevant à In modique somme de vingt centimes par mouton africain introduit en FftAA'CE. Aux mois de septembre et d'octobre, on opérerait les sujets du pays récemment achetés, excepté pourtant les brebis dans un état de gestation trop avancé.
Le plus grand obstacle, en effet, à la vulgarisation de la clavelisation, est dû aux perles, parfois e/iorw^A-, qu'elle occasionne. Il est certain que si lEtat la pratiquait sans tenir compte des causes défavorables, le projet que j'ai l'honneur de présenter ne serait pas viable, car les dépenses qu'il entraînerait dès la première année, s'élèveraient à un chitYre trop élevé.
Les causes favorables et défavorables étant connues, l'Etat devrait avoir à la disposition des personnes à qui la pratique de cette opération
1. Le; bêles ovines de l'Algérie ne craignant pas hi clavelée, ne serait-il pas plus efficace de claveliser le lendemain du jour de leur arrivée en France '?
2. .l'ai la ferme conviction que le jour où l'Etat feia connaître aux éleveurs un moyen ou une méthode de rendre l'opération sûrement bénigne, la plupart de ceux qui sont annuellement exposés avoir leur troupeau contaminé, n'hésiteraient pas à claveliser sans avoir recours à l'indemnité indiquée.