‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 612 sur 752 · LA CLAVELKE DANS LE MIDI · texte numérisé non relu

LA CLAVELKE DANS LE MIDI

serait confiée, une quantité suffisante de virus très bénin. Pour l'obtenir, il suffi! de se livrer à sa culture en suivant les meilleurs procédés déjà connus.

« L'idée de recourir à une pustule inoculée, dit M. ReynaP, de pré férence à une pustule naturelle, même très bénigne, pour recueillir du virus, celle de son affaiblissement par des inoculations successives, de sa moindre activité et de la transmission d'une clavclée peu intense, exempte d'accidents et n'occasionnant qu'une très petite mortalité; ces idées, 'disons-nous, étaient à peine connues en France, lorsque depuis longtemps déjà, en Allemagne, elles étaient appliquées et servaient de base aux clavelisalions faites en grand, soit dans les bergeries de l'Etat, soit dans les bergeries particulières.

« C^'est surtout à Pessina qu'on peut considérer comme l'introducteur, le propagateur de la clavelisation en Autriche, que revient l'honneur d'avoir modéré l'activité du virus claveleux par des procédés aussi ingénieux qu'intelligents, qu'il désignait sous le nom générique de culture du claveau. »

Voici, suivant Pessina, comment se pratique cette culture :

« On fait choix de dix moutons jeunes, parfaitement sains, et on les inocule avec du virus provenant d'une puslule claveleuse bénigne. Parmi ceux-ci, on prend celui qui a les pustules les moins nombreuses, les plus belles, les mieux développées, et avec le produit de leur sécrétion, on inocule dix autres moutons. On choisit de nouveau celui qui offre la pustule la mieux dessinée, avec le virus de laquelle on inocule encore dix animaux. A chaque inoculation il se manifeste un nombre de pustules de moins en moins grand, et on continue ces inoculations jiisfjuà ce quon obtienne une seule et belle pustule. D'après Pessina et les auteurs vétérinaires, ce caractère est l'indice que le virus est arrivé à celte période ou son inoculation produira toujours une clavelée ti^ès bénigne.

« Les résultats satisfaisants de la culture du virus sont confirmés par des expériences faites sur une très vaste échelle en Autriche, qui possède, comme on sait, une quantité innombrable de troupeaux de bêtes à laine.

« C'est avec du virus cultivé d'après les principes de Pessina que MM. Pessani et Liebbald (de Moscou) ont inoculé cent mille moutons dans les immenses domaines de la Russie.

« De même que Pessina et les auteurs allemands, Togl, Waldinger, Wild, Pettinghofer, ces expérimentateurs ont constaté que la clavelisation, pratiquée dans ces conditions, donne naissance à une clavelée qui parcourt, presque sans troubles fonctionnels, ses diverses périodes et sans occasionner des accidents.

« M. E. Veith a fait connaître les expériences qui se font depuis trente ans, dans les plus grandes bergeries de l'Autriche, celles surtout du baron Ehrenl'elds, ciui a éprouvé une perte de 15 pour 100 avec du virus brut, tandis quavec du virus un peu cultivé, elle ne s'est élevée quà 3 et U pour 1 00, et quavec du virus bien cultivé, la fnortalité a été nulle. »

A l'Ecole vétérinaire de Vienne, où l'on a continué à cultiver le claveau, la clavelée est presque toujours bénigne, et le plus souvent il ne se développe qu'une seule pustule. C'est dans cet élfi*^'- sèment que les

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