‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 613 sur 752 · Dicitonnaire de médecine et de chirurgie-vétérinaire · texte numérisé non relu

Dicitonnaire de médecine et de chirurgie-vétérinaire

306 LA CLAVELKE DANS LE MIDt.

grands propriétaires des bergeries de l'Autriche puisent souvent le virus qu'ils emploient avec succès à la clavelisation de leurs troupeaux.

Il parait donc aujourd'lmi hors de contestalion : 1" Que le virus claveleux cultivé perd de son activité virulente par des inoculations successives, tout en conservant ses propriétés préservatrices ;

2° Qu'il est préférable toutes les fois qu'on peut s'en procurer, afin d'éviter les accidents qui sont parfois la conséquence de la *clavelisation avec du virus provenant d'une pustule naturelle'.

Une fois eu possession d'une bonne et abondante source de vaccination^ l'Etat confierait aux hommes spéciaux le soin de claveliser les troupeaux, avec l'obligation de se conformer strictement aux instructions ministérielles basées sur le procédé reconnu ie meilleur.

La clavelisation ainsi faite ne suffirait pas encore à empêcher les épidémies claveleuses.

Tout le monde sait, en effet, que dans la première quinzaine du mois de juin, les troupeaux du Midi émigrent dans les Alpes, l'Aveyron, la Lozère, l'Ardèche, etc. Or, un troupeau ciavelisé au mois de mai, présente en juin des pustules ou des croûtes éminemment favorables à la contagion. La transhumance, opérée dans de telles conditions, aurait pour effet de propager la clavelée et de rendre par conséquent la mesure conseillée autrement dangereuse que les épidémies produites aujourd'hui par le bétail africain.

Il est donc indispensable de trouver un moyen pratique de claveliser les bêtes ovines au mois de mai et ne point empêcher ou rendre dangereuse la transhumance en juin.

Ce moyen, je le trouve tout tracé dans un travail publié récemment par un savant professeur de l"Ecole vétérinaire de Lyon. Le procédé si ingénieux de M. Galtier^ est presque passé inaperçu, et pourtant, à mon avis, les services qu'il peut rendre, surtout aux éleveurs du Midi, sont considérables. Combiné avec l'emploi d'un virus bien cultivé, il permettra de résoudre d'une façon économique et sans danger le problème d'empêcher les épidémies de clavelée importée tous les ans par les Africains. Voici quelles sont, mot à mot, les paroles prononcées par ce jeune savant :

(c Depuis plus d'une année, je me suis occupé de chercher un moyen de claveliser les moutons de manière à leur conférer l'immunité sans leur donner une maladie grave et sans les rendre dangereux pour les autres; j'ai cherché à prévenir la transmission de la maladie par les animaux clavelisés.

« J'ai cautérisé ou extirpé les pustules formées à la suite de l'inoculation et voici les résultats qui se dégagent de mes expériences.

« L'extrémité de l'oreille ou l'extrémité de la queue, mais surtout l'extrémité de l'oreille doit toujours être choisie comme lieu d'élection pour pratiquer la clavelisation ; une fois pratiquée par une ou deux piqiires à l'extrémité d'une ou des deux oreilles, on attend le dévelop-

1. 11 résulle de mes observations faites sur les troupeaux élevés aux environs de Montpellier que la mortalité a été nulle toutes les fois que la clavelisation a été pratiquée au printemps avec du virus nn peu culiivé sur les moutons du Larzac.

2. M. Galtier est l'auteur d'un traité de police sinitaire, mis au courant des progrès scientifiques les plus récents et rempli d'idées neuves, originales, d'une grande valeur. L'ouvrage de ce jeune savant devrait être non seulement dans toutes les biblioliièques municipales, mais encore entre les mains de tous ceux qui s'occupent ou qui s'intéressent à l'élève du bétail.

LA CLA.VELÉE DANS LE MIDL 307

peraent complet des pustules, ce qui a lieu du dixième au quinzième jour; puis on ampute la partie de l'oreille qui les supporte et on cautérise légèrement avec l'eau forte la plaie, ou bien, on la laisse en l'état; de la sorte on confère aux animaux clavelisés une maladie bénigne et on prévient tout danger de propagation par les bêtes inoculées. »

En résumé :

Considérant que le bétail étranger est absolument nécessaire aux besoins de Talimentalion française; que l'application stricte : P de l'arrêté ministériel en date du 11 mai 1877, et 2% du nouvel arrêté pris le 19 octobre 1879 par M. le gouverneur général civil de l'Algérie, est impuissante à empêcher l'introduction en France de la clavelée; que le bétail algérien supporte seul toute la rigueur des arrêtés ; que le clavelisation en masse (avant son importation) soit du bétail algérien, soit de tout le bétail étranger, est un moyen peu pratique et surtout inefficace, par suite de la facilité qu'il y a de simuler les traces de la vaccination :

J'ai l'honneur de proposer les mesures suivantes, à mon avis d'une efficacité incontestable :

r Faire sacrifier, à Marseille et à Cette, tous les animaux reconnus claveleux dès leur sortie du navire;

2° Oulif;er les propriétaires qui voudraient acheter un troupeau d'africains, d'en faire la déclaration avant le I" mai.

3° Cantonner tous les troupeaux étrangers dès leur arrivée dans une ferme et les soumettre à une surveillance.

4° Créer, dans le midi de la France^ un établissement oi^i l'on se livrerait à la culture du claveau d'après la méthode de Pessina.

d'' Claveliser aux mois de mai, septembre et octobre, tous les troupeaux placés dans le voisinage du bétail africain \ Cette opération serait toujours pratiquée à l'aide d'un virus bénin et du procédé Galtier.

L'État prendrait à sa charge les frais de vaccination et la mortalité, seulement à f égard des troupeaux exposés à être contaminés par les algériens.

6" Rendre le bétail africain responsable des dépenses résultant de l'application de ces mesures en prélevant un nouveau droit de vingtcinq centimes par tête. P. Pourquier.

Médecin-vétérinaire à Montpellier.

SUR LÉ GONdRÈS VITIGOLE DE SARAGOSSE

iMonsieur le directeur, je lis dans votre numéro du 30 octobre, au sujet du Congrès viticole de Saragosse, un article de mon excellent ami M. J. Maistre, auquel je me crois obligé de répondre par ces quelques mots.

En ma qualité de correspondant attitré en Europe depuis neuf ans de M. Meissner, de Saint-Louis, je lui dois de ne pas laisser s'accréditer une interprétation de sa pensée que M. Maistre a mal comprise ou mal rendue.

Dans l'intéressant voyage que nous eûmes le plaisir de faire tous trois en Espagne à l'occasion du Congrès phylloxérique de Saragosse, M. Meissner a eu souvent l'occasion d'exprimer ses impressions qui n'ont été qu'approbatives à l'égard des sages mesures intelligemment décidées à ce Congrès.

1. Le meilleur moyen d'arrêter la contagioa de la clavelée d'Afrique, est de créer, autour de chaque troupeau d'algériens, une zone suffisamment grande d'animaux jouissant de l'immunité.

Page 1