‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 615 sur 752 · PISCICULTURE EN AMERIQUE · texte numérisé non relu

PISCICULTURE EN AMERIQUE

nook-Salmon ou Salmo nrientalis)^ sur lequel il s'y faisait de fort intéressantes expériences d'acclitnalation^ le transport et l'incubation de l'œuf ayant parfaitement réussi.

Puisque cette question de la pisciculture aux Etats-Unis semble être le liant plut du jour, parlons-en donc.

Comment le feu sacré pour cette question,- dont le positivisme avait de suite frappé les citoyens delà grande république, avait été allumé, et par qui? Voilà, nous croyons ce dont nos jeunes confrères de la presse piscicole, qui maintenant sur ce thème nous servent traduits de si intéressants articles, ne se doutent guère.

yoici le fait uniquement dû aux correspondants des journaux américains, dont un de nos amis qui écrivit de Paris en 1853 à la Tribune de New-York, une série de lettres faciles à retrouver dans la collection de ce grand organe politique, et cela à la suite d'un de ces vigoureux articles comme ce toujours jeune et rude lutteur, qui s'appelle Victor Meunier, sait les écrire.

l/arlicle en question ayant paru dans la Prease, notre ami nous demandait quelques chiffres sur l'importance économique de cette question, laquelle pour ses compatriotes n'était alors que de l'arien.

En Américain spirituel et instruit doublé de Yankee (il a formé depuis les 30 ans qu'il habite notre Paris, la plus complète et la plus rare collection de Franklin-Washington-Lafayette qu'il y ait certainement dans le monde), M. Hundington, comprenant de suite le parti à tirer d'une telle communication, s'en empara et la traita dans cet organe de la grande presse du nouveau monde.

Sa conclusion, que nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire, était surtout digne .d'un esprit si humoristique et si précis dans ces temps oij, aux Etats Unis, commençait à poindre cette grosse question d'un socialisme mal digéré, qui depuis les a tant inquiétés.

« Comment, chez nous avecnos immenses réserves non utilisées, le peuple dit j'ai faim, écrivait-il; mais comment cela peut-il être? n'avons-nous pas gibier, viande, oiseaux, côtes immenses peuplées d'animaux de toutes sortes! Eh bien, voilà miintenant du poisson, faites-en donc à souhait et ne vous plaignez plus si vous en manquiez, car le coupable ne serait alors que toi, peuple de l'immense république ! »

De 1853 à la fin de la guerre de sécession, la question sommeilla, mais à partir de 1870, son réveil n'en fut que plus éclatant sous l'impulsion des Agassiz, pour la publication de la faune duquel son éditeur eut, en moins de six mois, plus de 3 millions de souscripteurs; succès unique, dont malheureusement la mort ne le laissa pas jouir longtemps. Des Mathez de New-York, Green, Spencer, Baird et surtout M. Stone.

Ce qu'il y eut de particulier, c'est que le saumon sur lequel les premiers essais se firent, et cela dansquellesproportions I ce fui justement celui qui nous conviendrait si bien, puisque sa rusticité lui permet de supporter les hautes tempéralur/'S auxquelles le solar ne résiste pas.

Le Saline orientalis du Sacramento étant le même que celui des côtes d'Asie, du Pacifique, en un mot, comme le nôtre, le salar, l'est de l'océan Atlantique, c'est à-dire le seul à ce jour connu, ne dépassant pas les 55 et ^3 degrés de latitude; le premier, du contraire, ne se tenant qu'entre les 30 et 35 degrés, aurait donc pour notre bassin

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iiiéditerranéeii la plus sérieuse importaiicn, car à quoi bon le nier, la piscicullure n'a à ce jour cueilli de ce côlé que de bien rares lauriers. Ce Salino orienlalis est déjà connu, ou l'éLait avant les grandes expérience « américaines, car il ne serait autre que le king des Anglais et le cliowiciie des Uusses. Est-ce bien pronvéy

A lluningue, nous n'avons jauiais pu voir noire saumon du Rhin supporter +''^~'» ^ -f- 2(r dans des eauv abondantes et non enfeuiUéi's, il languissait; à 4-23", c'était au bout de quelques jours sûrement la mort, au moment de l'alevinage surtout. Le quinnot supportait, lui, aisément jus(|u'à -[-20% d'oîi les conséquences faciles à déduire pour ce que nous annoncions ci -dessus.

Ce saumon offrirait aussi cette particularité que son frai dure du mois de juin à la fln de février, donc 3/4 de l'année.

Les premiers mineurs californiens y trouvèrent d'abondantes ressources, et nous tenons de l'un d'eux que ce n'est qu'au quinnot que ce pa^ys a du son si prompt et prodigieux développement, après l'or, bien entendu.

Le mets favori des pionniers, après les Egyptiens des Pharaons, dit Strabon, était le saumon en soupe, le saumon frit sur les charbons ou à l'indienne, mais surtout de pain fuit de farine et de muscles de saumons hachés ?nenus.

C'est par millions qu'on les prend aux sources de la Mac-Léod ou Mac-Cloud, en plein pays indien, c'est là que le gouvernement des Etats-Unis fait, parsesagents, recueillir ses semences précieuses, transportées par un outillage spécial qui s'adapte à toutes les voies ferrées, dans toutes les parties de 1 Union par millions d'œufs sur chaque train. La remonte de la Leod dure de mars à octobre, époque oîi tous les poissons sont alors chassés par les pluies de l'hiver. L'œuf du s lumon américain étant plus gros que le nôtre, son coefficient, par poids vivant, est donc moindre; la moitié, dit-on, mais qu'importe, la source étant tellement abondante que nulle crainte n'est à concevoir de ce côté.

Ayant déjà parlé de son incubation et de son premier alevinage dans l'article lluningue cité ci-dessus, nous n'y reviendrons pas.

Les saumons ne mangeant pas en eau douce y maigrissent rapidement à l'époque de leurs amours. Il en serait de même du saumon californien, car sur les U8,()0i», pris en 1874, trois seulement, dit AL Stone avaient l'estomac plein alors qu'ils avaient été péchés à 300 kilomètres de l'embouchure du Sacramento. Durant le temps de ses amours, le quinnot, toujours d'après M. Stone, aurait quelque chose de la mabilité du brigand de Calabre, ses yeux paraissent agrandis par l'amaigrisseMient de son corps qui a remplacé par de i'udes et dures écailles, les beaux tons de sa livrée d'amour vert orangé, (^'cst alors qu'il montre sans cesse de formidables mâchoires garnies (le dents allant parfois jusqu'à un demi pouce Que nos lecteurs retiennent leur étonnement à ce chiffre de 300 kilomètres dont nous avons parlé, car les frayères du quinnot sont à une altitude de 1 1 à 1200 mètres et à plus de 1700 kilomètres du Pacifique.

Leur station entre deux eaux, comme disent les pêcheurs de Maestrich n'a d'autre l)ut que de débarrasser les saumons des crustacés attachés à leurs corps, — un beau sujet d'études pour la haute science de nos laboratoires marins.

L'AiTiéricain en suprême fabricateur de dollars a établi près de ces

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