IV. — PRIME D'HOx\NEUR
Nous avons indiqué déjà les avantages offerts par la prime d'honneur en France, et nous nous sommes appliqué dans plusieurs circonstances à rappeler les améliorations successives dont elle a été l'objet : aussi n'y reviendrons-nous pas. Mais nous ferons remarquer qu'en Algérie nous sommes à la période du début, et qu'il paraît utile d'apporter de sérieuses modifications si l'on veut obtenir tous les résultats que comporte cette institution.
Si, en effet, on compare le grand nombre des exploitations auxquelles on s'est adressé pour éveiller la concurrence au peu d'empressement que l'on a mis à répondre à cet appel, on sent vite que l'on est placé sur un mauvais terrain, et que dans peu d'années la série des candidats se trouvera épuisée.
Nous y voyons la nécessité de créer au plus tôt des prix culturaux, comme cela se pratique en France depuis le 13 janvier 1869, de manière à obtenir plus d'émulation et à répartir les bienfaits de la prime d'honneur sur un plus grand nombre d'agriculteurs.
Pour se conformer au vote pris par le Conseil général d'Oran dans sa séance du 14 avril dernier au sujet de la division du département en trois régions, l'article 2 de l'arrêté du ministre de l'agriculture, du 10 mai, portait qu'une prime d'honneur, consistant en un objet d'art et une somme de 1,500 francs, serait décernée à l'agriculteur de la circonscription déterminée qui, reconnu relativement supérieur à ses concurrents, présenterait le meilleur ensemble cultural et aurait réalisé dans la ferme ou le domaine exploité par lui, les améliorations les plus utiles et les plus propres à être offertes comme exemple.
La circonscription du concours de la prime d'honneur embrassait le territoire compris entre la Méditerranée et une ligne partant de l'embouchure de la Tafna, englobant la plaine de la Mléta, passant par le Tlélat, et suivant ensuite la limite méridionale des communes mixtes traversées par le chemin de fer P.-L.-M., jusqu'à la limite du département d'Alger.
Pour représenter cette belle circonscription, sept concurrents seulement se sont fait inscrire ! Ce fait seul est de nature à décourager profondément, lorsqu'on se souvient que les beaux domaines, bien aménagés, parfaitement exploités, ne manquent pas sur ce territoire. Combien de noms se pressent, en effet, sous notre plume que nous n'inscrivons pas, uniquement dans la crainte d'en oublier quelquesuns, tellement ils sont nombreux. Pourquoi ces défaillances? Nous nous garderons bien de répondre, mais nous aurons la franchise de dire que quelques-uns nous ont avoué qu'en présence de tels concurrents qu'ils considéraient comme leur étant supérieurs, ils ont préféré ne pas se présenter, résolution qu'ils regrettent aujourd'hui.
Quant à nous, nous le déplorons bien autrement qu'eux, ce qui nous a amené à signaler ces abstentions regrettables à de nombreux points de vue.
On a souvent parlé en France de la composition des commissions d'examen, et nous nous voyons dans la nécessité de dire un mot de celle qui nous intéresse.
Le jury pour la prime d'honneur devait comprendre, sous la présidence du commissaire général, deux membres du département d'Oran, un d'Alger et un autre de Constantine; les colons de l'Ouest ont vu avec la plus grande peine que les deux membres chargés de les représenter, n'étaient pas des agriculteurs exploitant des propriétés dans cette partie de l'Algérie.
Il ne s'agissait pas ici d'enseignement à un titre quelconque, mais il était uniquement question de constater les meilleures pratiques agricoles, et sur ce terrain l'Administration aurait certainement trouvé bon nombre de cultivateurs dévoués, et très aptes à remplir cette mission.
Un seul argument peut être opposé à notre manière de voir, et il est tiré de ce qui se pratique en France oii, pour diverses raisons, on ne prend pas comme jurés les cultivateurs du département dans lequel on doit décerner la prime d'honneur. Dans ce cas encore on aurait dû se souvenir qu'en Algérie, chaque département est divisé en trois circonscriptions distinctes pour la tenue des concours régionaux, chacune d'elles jouant à peu près le rôle du département dans les circonscriptions de la métropole. En faisant son choix dans les^ divisions voisines de celle d'Oran, il aurait donc été aisé de donner satisfaction aux agriculteurs qui désirent être jugés par leurs pairs, sans déroger à ce qui se fait en France.
Celte question a une trop grande importance pour que nous ne citions pas encore comme exemple, ce qui a eu lieu dans le même cas à Oran, soit en 1864 à l'occasion de la prime d'honneur du gouvernement, soit en 1877 pour celle du Comice, où les jurés ont été désignés comme nous le demandons.
Le rapport sur la prime d'honneur, lu dans la séance solennelle des récompenses, entre tout d'abord dans des considérations générales sur les bienfaits que nous devons au, gouvernement de la République qui a étendu nos chemins de fer, multiplié nos villages et constitué nos concours régionaux; tout en faisant l'éloge du département d'Oran, si agricole, il signale l'écueil des défrichements, engageant aussi à fumer les terres, car ce n'est pas ici que l'on peut appeler le bétail un mal nécessaire. Il entre ensuite dans des détails intéressants sur la
culture de la vigne qui prend sur ce territoire une très grande extension et dont l'importance grandit encore en raison du malheur qui frappe cette industrie en France; ses conseils s'étendent à la plantation faite généralement sans un défoncement préalable^, ce qui arrête bientôt le développement des racines, à la taille défectueuse, au manque de restitution au sol des principes enlevés par la végétation, au peu d'espacement des ceps entre eux, aux procédés de vinification encore peu rationnels dans certains cas.
Disons tout de suite que ces considérations générales ont guidé les intéressés dans l'appréciation qu'ils ont eu à émettre sur les domaines visités, d'autant mieux qu'à chaque concurrent, nous trouvons relevé avec soin le nombre d'hectares cultivés en vignes et que deux d'entre eux sont signalés d'une façon particulière comme étant encore peu entrés dans la voie des plantations de cette nature. Nous avons encore retrouvé les mêmes appréciations sur l'importance de cette culture dans le discours du commissaire général, ce qui nous amène à nous faire l'écho de l'opinion publique manifestée soit dans la presse d'Oran, soit dans les différentes classes de la population.
S'inspirant de ce qui s'est fait de tout temps en Algérie et des termes de l'arrêté ministériel, chacun estimait que, dans cette lutte, on avait surtout à tenir compte des efforts produits, de leur durée et des résultats acquis. Mieux que personne, nous comprenons l'importance de la culture de la vigne, et plus que tout autre, peut-être, nous avons encouragé nos concitoyens à adopter résolument cette industrie pour conserver entre les mains de la France, l'Algérie et la Métropole no faisant qu'un, un produit si éminemment national et qui aurait pu lui échapper.
Mais ici, il s'agissait avant tout, selon nous, de mettre en relief les travaux de longue date, ayant produit des faits heureux pouvant être offerts comme exemple. Sans doute, la viticulture est très intéressante, et son extension doit être encouragée : mais qu'est-elle à côté de l'œuvre du colon s'étendant sur l'ensemble des travaux que comporte une exploitation agricole bien conduite?
On nous a dit que, dans les départements de France où la vigne avait la prépondérance, les plus hautes récompenses étaient réservées aux vignobles. Nous reconnaissons encore la possibilité de ce fait. Mais ici, la vigne loin d'être prépondérante comme culture, c'est-à-dire dans la période où l'on doit récompenser, n'est-elle pas encore dans celle où elle a besoin d'encouragement?
Et d'ailleurs, pour se rendre un compte exact des progrès accomplis que l'on devra donner ensu'te comme exemple, ne faut-il pas remonter au point de départ, voiries procédés de culture utilisés à cette époque, le colon luttant contre les difficultés de toutes sortes : sol non défriché, indécisions sur les récoltes à entreprendre, maladies, défaut de sécurité, mauvais instruments, puis, à force de patience, de courage et d'énergie, arrivant à modifier ces causes défavorables, ces motifs d'insuccès, en créant des cultures prospères, en adoptant le matériel perfectionné, en montrant comme résultat final un beau domaine dont les revenus certains sont la preuve que le propriétaire a suivi la bonne voie, celle qui enrichit par un travail honnête et incessant.
De tels exemples, et ils ne sont pas rares, en étant de véritables stimulants pour les Européens, aident aussi au progrès des indigènes,
LE PRIME d'honneur AU CONCOURS D'ORAN. 335
en les habituant peu à peu à l'usage de nos instruments perfectionnés, en leur donnant de bonnes notions de culture, en les initiant enfin aux mille détails de la vie ordinaire du colon laborieux.
A ces divers titres, ces situations méritent évidemment d'être distinguées, signalées, et d'obtenir nos plus hautes récompenses, parce que non pas d'hier, mais dans une longue suite d'années, elles ont aidé l'œuvre de colonisation et en ont, peut-être, assuré le succès.
Résumons enfin d'une façon rapide les travaux des divers concurrents, sans nous arrêter aux prix décernés que nous avons déjà mentionnés dans la liste générale précédemment publiée.
M. Sabatier^ àMisserghin, n'ayant présenté que 6 hectares de terrain dont quatre en vignes, n'a pu prendre part au concours.
M. Merle, qui possède 53 hectares, à quelques kilomètres d'Oran, don 7 et demi complantés en vignes, a su produire une œuvre sérieuse, tout en ne disposant au début que de faibles moyens. Mais l'énergie, le travail persévérant ont suppléé à tout; aussi, aidé par sa compagne, est-il arrivé à une très belle situation, après avoir élevé sa nombreuse famille.
La vigne, qu'il soigne d'une façon toute particulière et qui lui donne en retour ses produits rémunérateurs, a été le principal levier de cette aisance que nous nous plaisons à constater pour la signaler aux petits cultivateurs de France, qui, malgré de sérieux et pénibles efforts, ont de la peine à équilibrer leurs dépenses et leurs bénéfices.
M. Derriey, propriétaire à Bou-sfer de 80 hectares, dont 1 3 en vignes, a surmonté de grandes difficultés inhérentes au sol même qu'il a mis en valeur.
La plantation de vignes bien tenue et les bons instruments qu'il utilise, le signalent à l'attention de ses collègues de la même contrée.
M. Karouby exploite non loin d'Oran son domaine de Bellevue, ayant 1 03 hectares, dont 67 en vignes et 3 en arbres fruitiers de diverses essences. Les bâtiments bien aménagés sont vastes et en rapport avec les besoins de l'entreprise. Ce propriétaire emploie des Israélites comme gérant et comme maître-chai, ce qui a conduit à le donner comme exemple à des coreligionnaires peu portés d'ordinaire, ici, à s'adonner aux pénibles travaux des champs.
Nous aurions été heureux de voir appuyer cette sanction sur les résultats financiers de l'exploitation qu'il est toujours nécessaire d'indiquer à ceux qui doivent suivre la même voie.
M. Calmels a acquis le 3 février 1852, à Sidi-Marouf, propriété située près d'Oran, et qu'il présente au concours, 516 hectares auxquels il a ajouté 460 hectares achetés en 1873.
On a relevé contre cette exploitation la non-utilisation de l'eau d'une petite mare qui se trouve dans ses terres et que l'on aurait pu faire tourner au profit de cultures irriguées, l'emploi des condamnés comme main-d'œuvre à la place de celle du pays, la disproportion qui existe entre le bétail et l'ensemble du domaine, ainsi que le peu de vignes plantées, 28 hectares sur les 35 qu'il possède, provenant d'un héritage.
A notre tour nous rappellerons que, à l'époque oii ce concurrent s'est vu dans la nécessité de se faire colon, les voies de communication étaient très défectueuses, la sécurité n'existait pas, les denrées et les matériaux étaient fort chers, les instruments imparfaits, le»
locaux rares, les terrains peu profonds et remplis de rigoureux palmiers.
Après une lutte énergique et patiente qui a duré plus de vingttrois années, nous trouvons à la place de la situation que nous venons de résumer, 600 hectares complètement défrichés, un assolement triennal très bien compris : labours préparatoires, céréales, fourrages, promettant d'obtenir de très bonnes récoltes, de belles bêtes de travail, une centaine de vaches indigènes et du fumier produit abondamment avec les pailles de la ferme; nous y relevons encore des labours profonds, de vastes constructions, un outillage perfectionné pouvant rivaliser avec celui des meilleures exploitations de France, 3 hectares d'essences forestières comprenant le pin d'Alep, le pin Pignon, les Eucalyptus globulus et colossea, le Casuarina, et somme toute, une très belle situation financière couronnant cette longue existence agricole. M. Calmels accuse, en effet, pour les années 1878-1879 et 1879-1880, une moyenne de 56,955 fr. de bénéfice net, soit 1 h pour 1 00 du capital engagé.
Les quelques récompenses suivantes indiquent bien, par leurs dates, qu'il s'agit d'efforts anciens, soutenus et suivis de succès : en 1858, prix unique pour la race ovine; en 1864, médaille d'or pour les veaux et pour la vigne dont la plantation remonte aux années 1860 et 1863 ; en 1868, 1" prix pour bœufs de boucherie; en 1877, médaille d'or grand module pour plantations forestières; en 1878, à Paris, médaille d'argent pour produits; en 1880, médaille d'or pour vins blancs.
Dans la monographie que nous avons faite de cette propriété en 1877, nous disions en terminant, et nous pouvons répéter aujourd'hui en accentuant ces conclusions dans un sens favorable : « S'il reste encore beaucoup à faire à l'habile et infatigable administrateur de ce domaine, il y a là déjà de sérieux services rendus à l'agriculture du département par l'introduction d'un outillage perfectionné, l'usage du fumier et l'emploi de bonnes pratiques agricoles. Aussi, doit-on exprimer le témoignage public que ces exemples ont certainement contribué à améliorer l'agriculture de la contrée. »
M. Sommer présente 500 hectares de terrain, dont 415 hectares appartenant à la ferme de Moussa-Thuil ont été achetés en 1853 au prix de 15,000 fr.
Ce que nous avons dit de l'énergie et des efforts persévérants de M. Calmels, s'applique également à ce concurrent, qui, toujours sur la brèche avec sa courageuse famille, a su créer une très belle exploitation agricole, avec de grands bâtiments, un bétail de toutes les espèces très nombreux, très bien entretenu et donnant lieu à de lucratives spéculations, un matériel des plus complets et des plus perfectionnés,! un assolement triennal : jachère, avec deux labours préparatoires, blé, orge, et Femploi judicieux des fumiers.
Ce concurrent, dont les livres accusaient en 1877 des bénéfices donnant 12 pour 100 du capital engagé, dirige avec une rare habileté son exploitation, aidé de ses fils et de Mme Sommer qui a fait preuve d'un courage réel, lorsque la ferme se trouva assiégée par un de ces malfaiteurs indigènes qui est resté longtemps la terreur de la contrée.
M. Sommer a obtenu plusieurs récompenses dans différents concours, et notamment la prime d'honneur accordée, en 1 877, par le
Comice d'Oran sur les conclusions suivantes du jury : « L'ensemble de ce domaine représente évidemment une œuvre agricole bien appropriée aux conditions économiques du milieu où elle existe, et qui sert de témoignage vivant aux vingt-quatre années d'utiles et honorables travaux exécutés par M. Sommer. L'entreprise solidement organisée, repose sur des fondements qai ont cette apparence de durée nécessaire pour promettre de bons résultats à celui qui Ta fondée. » Mme Vue Bertlwuin })ossède à quelques minutes d'Oran la propriété de Sainte-Eugénie, d'une contenance de 1 00 hectares, dont 72 plantés en vignes, et le surplus cultivé dans les conditions du pays, en attendant que le tout puisse être converti en vignoble. Les principaux cépages sont, en premier lieu, le Carignan, le ^lorasflel, l'Aramon et le Grenache. La plantation se fait à 2 mètres en tous sens, à l'aide de sarments non enracinés et par carrés de 2 hectares environ. A part les labours donnés avec les huit bêtes de la ferme, les différents travaux sont exécutés par des gens du dehors sous la direction active d'un homme de confiance. Un très bon cellier renferme des foudres de 60 et de 250 hectolitres chaque, dont une moitié environ n'a pas encore été utilisée. Un système de tuyautage, aidé d'une pompe, ainsi que la proximité des cuves dont l'accès est rendu facile aux charrettes transportant la vendange, et qui permettent au liquide d'arriver à la cave à laide de conduits en maçonnerie, rendent les différentes opérations des ouvriers faciles et économiques,, tandis qu'un appareil de distillation très complet, du système Vigouroux, permet de convertir, sans retard, en alcool à 92 degrés, l'eau dans laquelle les marcs ont été préalablement macérés.
Le but de l'entreprise est donc bien déterminé et permet de concentrer de sérieux efforts sur une spécialité, alors qu'une grande exploitation agricole, dans le vrai sens du mot, comporte l'application d'une science particulière qui réclame une longue pratique et exige des soins répartis sur de nombreuses branches, dont chacune concourt forcément aux résultats d'ensemble.
Hâtons-nous de dire que, dans les limites de ce cercle, l'œuvre est bien conduite et semble devoir promettre dans l'avenir d'heureux résultats. Aujourd'hui, un peu plus seulement de la moitié de la vigne est en rapport, les bâtiments ne sont pas complétés, quelques cuves n'ont pu encore être utilisées, l'alambic n'a servi qu'une fois; il est donc impossible de déterminer, dans ces conditions, quelle sera la relation du capital engagé et des efforts incontestablement produits, avec les résultats qui ne pourront être définitivement chiffrés que dans plusieurs années.
Mais ce qui fait évidemment le principal mérite de cette œuvre, c'est que, étant récente, elle a été en grande partie réalisée avec bonheur par Mme Berthouin elle-même,' qui a dû déployer dans cette circonstance des qualités particulières qui lui font honneur.
Pour relater tout ce qui a trait aux visites des fermes, nous devons ajouter que le Comice agricole d'Alger a offert 300 fr. pour être donnés au petit propriétaire de 1 5 à 20"^ hectares exploitant directement, et dont la propriété se ferait remarquer par son organisation intelligente, son rendement et l'établissement des bâtiments au point de vue de l'hygiène. Le rapport de M. Griffon, secrétaire du Comice d'Oran, nous donne à ce sujet des détails trèç intéressants.
Sur quatre concurrents, MM. Lagier, d'Assi-bou-Nif, et Gros d'Hamman-bou-Hadgar, cultivant l'un 45 hectares, l'autre 29 hectares, ont dû être écartés comme n'étant pas dans les conditions exigées par le Comice d'Alger.
M. Guyonnet, qui vient ensuite, est un colon courageux d'Assi-bou- Nif, qui lutte depuis trente et un ans à l'aide de son travail, et qui, sur 16 hectares, entreprend différentes cultures et en obtient des résultats qui ne sont pas sans mérite.
Mais le candidat heureux est M. Montels, dont la petite propriété de 16 hectares se trouve aux portes mêmes d'Oran, sur la route de la Sénia. Les bâtiments bien compris sont confortables, bien aérés, et offrent 'toutes les conditions désirables d'hygiène.
L'outillage est en rapport avec les besoins de l'exploitation, les animaux de travail sont dans un excellent état. Si l'on en excepte les 700 mètres bâtis, 25 ares cultivés en légumes irrigués et 25 ares de luzerne, toute la propriété est plantée de vignes qui présentent un aspect de prospérité remarquable. Les procédés de culture et de vinification ont paru à la Commission très bien compris; aussi les résultats financiers sont-ils très importants.
Il est de toute utilité de rappeler que les efforts de ce concurrent remontent à l'année 1864. Aussi le jury les a-t-il récompensés eii décernant à M. Montels le prix du Comice d'Alger, avec cette convie^ tion que dans* l'état actuel de la colonisation, sous notre climat algérien, dans un sol favorisé seulement par des pluies d'hiver et voué l'été à une longue sécheresse, il serait difficile d'obtenir un succès plus remarquable d'intensité productive.
C'est également grâce à ces considérations que le jury lui a, en outre, remis une médaille d'or de la valeur de 200 fr. offerte par la Société d'agriculture d'Alger pour être attribuée au lauréat le plus méritant de la section de viticulture. L. Bastide,
Président du Comice de Bel-Abbès.
RESISTANCE ET ADAPTATION