‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 66 sur 752 · LA QUESTION DU LIBRE-ÉCHANGE EN TODRÂINE · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU LIBRE-ÉCHANGE EN TODRÂINE

l'agriculture, c'est bien plutôt de rogner ceux de l'industrie. On ne prend pas assez garde que les privilèges établis pour les uns, sont nécessairement payés par les autres. Puisqu'il est question de rançonner un tas de pauvres diables et de les tailler à merci, il serait peut-être prudent de les consulter sur les douceurs du régime qu'on leur prépare, ne fût-ce que pour s'assurer des chances d'établissement et de durée que peut avoir ce régime.

La forme que prend la discussion mérite d'être signalée. On peut dire que la plume de notre publiciste sent la poudre. Ses manifestes contre ce qu'il appelle le faux libre-échange sont de vraies déclarations de guerre : il n'y est question que de prise d'armes, de levée de boucliers, de plan de campagne, de cheval de bataille, d'arrière-garde ou d'avant-garde, de rappel, de retraite et autres termes plus familiers aux guerriers qu'aux cultivateurs.

Voilà où en est la question du libre-échange en Touraine. A en juger froidement, il est clair qu'on ne fora rien pour relever, au profit de l'agriculture, le prix du bétail par des taxes de douane. Outre que cela ferait crier, et à juste titre, les raisons qu'on invoque pour justifier la hausse artificielle des prix sont véritablement trop mauvaises pour que le gouvernement et les Chambres puissent s'y arrêter. Il est d'ailleurs à remarquer que le gouvernement, loin d'enchérir les articles de consommation, cherche plutôt à les dégrever, témoins les projets qui viennent d'être adoptés sur le vin et sur le sucre. C'est l'opinion de presque tous les cultivateurs des bords de la Loire, audelà comme au-decà du fleuve qu'en agissant ainsi, il entre véritablement dans la bonne voie. C'est particulièrement l'opinion de votre dévoué serviteur. Jacques Vincent,

Bordieren Touraine. ;i

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