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LES VENDANGES EN PAYS PHYLLOXERE

chaque propriétaire. Il est facile et peu coûteux de faire un essai biea simple et (jui permettra à chacun de se rendre compte du cépage qui convient le mieux à son terrain.

Pour le Midi, suivant que l'on veut un plant de production directe' ou un cépage porte-greffe;, on peut essayer pour les premiers : le Jacquez, ieCuninghain et rilerbemont; pour les seconds : le Taylor, le Clinton et les Riparias; à la lin de la première année le cultivateur sera éclairé et pourra procéder hardiment et sciemment.

D'ailleurs, les savants travaux du président de la Société d'agriculture de l'Hérault, M. Vialla, et le remarquable rapport de M. Di^jardin, secrétaire de la Société d'agriculture du Gard, ont fait faire un grand pas à la question d'adaptation.

L'aire occupée par les vignes américaines comprend une vaste zone qui s'étend du Texas, pays des Jacquez, jusqu'au Canada, à qui nous devons des hybrides multiples et avantageux, qui donnent depuis huit ans les preuves d'une résistance merveilleuse et d'une vigueur extraordinaire. Nous trouverons, dansTimmense collection des vignes américaines, dont plus de 200 variétés sont à l'étude, des cépages pour tous les climats et pour tous les terrains. Et lorsque, après avoir accompli son œuvre dévastatrice, après avoir complètement détruit le vignoble européen, le terrible aphidien voudra revenir sur ses pas, il se trouvera en face des racines américaines qui, après avoir apporté le fié lu, auront ap()orté le salut et lui opposeront une barrière que sa rage désormais impuissante ne pourra Irancbir. Et les viticulteurs de Vaucluse, du Var, du Gard, de l'Hérault qui, les premiers envahis auront, parleur énergique persévérance, préparé ce grand jour de la revanche, auront bien mérité du pays. Et ces pauvres marchands de sarments, pour lesquels on a montré tant d'ingratitude, seront considérés à bon droit comme les sauveurs de nos vignobles, reconstitués grâce à leur initiative, à leurs sacrifices et à leur persévérance, tant il est vrai que si l'heure de la justice est lente, elle finit toujours par sonner.

Oui, cette année 1880, on vendange dans les environs de Montpellier, on vendange aussi dans la Drôme, dans Vaucluse, dans le Gard, dans le Var; partout oii la vigne américaine a été plantée, elle commence à donner des produits sérieux déjà, et qui font présager la fin de nos misères. Les faits sont nombreux, concluants, incontestables. Je pourrais en remplir les colonnes de plusieurs numéros de votre Journal. Je me bornerai'à citer ce qui se passe autour de nous, ce que tout le monde peut vérifier, pas un fait ne peut être démenti.

Mon voisin, M. Bouscaren, d'i Terrai, un agriculteur intelligent et pratiipie, a planté L") hectares, et le proiluitde sa vendange deJacquez de qualrri ans a été d^ plus de 8 i hectolitres à Ihectare. Dans trois ans, son vignoble sera reîonslilué, et sa récolte sera au moins égaie à celle qu'il avait avant l'invasion.

M. Dalbis, un autre de mes voisins, vient de terminer ses vendanges; des Jacquez à la troisième feuille ont produit près de 50 hectolitres à l'hectare. Or, comme le prix actuel du vin de Jacquez varie de 50 à 80 fr. l'hectolitre, c'est, en prenant le chiffre minimum, un revenu par hectare de 2,500 fr. Il convient d'ajouter à ce chiffre, qui est celui d'un revenu qui doit aller croissant, le chiffre suivant qui peut être considéré comme un capital décroissant avec la valeur du

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