‹ Journal de l'agriculture (volume 5)Chapitre 709 sur 752 · XII. — Le faux oïdium des vignes · texte numérisé non relu

XII. — Le faux oïdium des vignes

Les viticulteurs sont de plus en plus inquiets par la propagation du faux oïdium ou mildew, qui a été importé en France avec les vignes américaines. Des études nombreuses ont été déjà faites sur ce nouveau parasite de la vigne. Nous devons signaler aujourd'lmi celles que M. Max. Cornu vient de communiquer à l'Académie des sciences. Le champignon, cause de la maladie, et qui a reçu le nom de Peronospora viticola^ est déjà répandu dans une grande partie de la France, et il est probable que, dans peu d'années, il aura atteint tout le territoire viticole. On sait que c'est aux feuilles qu'il s'attaque. M. Cornu donne, sur les altérations qui en résultent, les renseignements qui suivent :

« A. Les feuilles sont jeunes, d'un vert jaunâtre, tendres, et souvent destinées à s'accroître eni'ore. — Les taches du mildnc sont arrondies et blanclies; la partie supérieure de la feuille est d'aborl ua peu jaunâtre ; elbe débermineat le hrunis- -sement et le dessèchement de cette partie; la feuille peut, dans son accroissement ultérieur, se crisper ou même se déchirer.

« B. Les feuilles sont adultes, d'un vert assez foncé, ou revêtant déjà la teinte automnale; elles sont coriaces.

a 1' Les taches sont isolées. — Les taches sont en général polygonales, limitées aux nervures petites ou grandes; le tissu de ces nervures est sans méat, et le mycélium ne les a pas franchies. Elles sont toncées, brunes, ou d'abord plus vertes que le fond; le mycélium y est généfaleraent demeuré vivant et peut encore émettre des spores, propriété très dangereuse par les temps humides.

« La feuille est comme mouchetée, cette apparence est très spéciale, plus visible à la face su(iérieure.

« Suf' la feuille âgée, les taches se rapprochent des nervures principales et de leur point de réunion.

« !>" Les taches sont confluentes. ~ Le*: taches précédentes s'entourent d'une auréole de tissu desséché, ce qui modifie l'apparence générale, mais les mouchetures sont plus toncées que le fond desséché, qui occupe souvent l'extrémité des lobes ou la base des nervures principales.

« Des coupes transversales delà feuille montrent que, dans ces différents cas, le tissu est entièrement frappé de mort. Une partie importante du limbe est ainsi détruite ; souvent le pétiole se désarticule et tombe. »

On se souvient que récemment M. Priliieux, devant la Société nationale d'agriculture, a considéré ce champignon comme peu redoutable, €ar la grappe de raisin n'est pas attaquée directement. M. Cornu ne paraît pas partao;er cette opinion ; il cite des observations de M. Paul Oliver, de Collioure (Pyrénées-Orientales), d'où il résulte que le mildew peut devenir désastreux, tant en diminuant la qualité du raisin qu'en empêchant, dans certaines circonstances, celui-ci de mûrir.

Dans une intéressante brochure qu'il vient de publier sur les vi^^nes

américaines dans le sud-ouest, M. Lespiault donne également de détails sur le mildew. 11 estime que la plantation des cépasjes les plus précoces, combinée avec la taille courte, de manière à hâter la maturation du raisin, pourrait être un moyen de conjurer, au moins en partie, les funestes effets de l'action de cet insecte.

XIIL — Les vignes américaines à Montpellier.

IVI. G. Foex, professeur à l'Ecole nationale d'agriculture de Montpellier, vient de publier le catalogue des vignes américaines et asiatiques, et des Ampélopsis, cultivées dans les collections de l'Ecole en 1880. Cette liste comprend 243 cépages, savoir 44 de Vîtis A^stivalis, 58 de F. Riparia, 53 de Y. Labrusca, 58 de vignes hybrides, IG de vignes diverses ou encore non classées, 7 de vignes asiatiques et 7 d'Ampélopsis. M. Foex a fait suivre celte liste d'une clé analytique pour la détermination des espèces de vignes américaines le plus usuelles en France, et de la description des cépages américains les plus généralement cultivés; ce sont, pour la production directe, parmi les /Estivalis, Je Cunningham, le Rulander, l'Herbemont et le Jacquez; comme portegreffe, parmi les Riparia, le Riparia sauvage, le Solonis, le Clinton, le Taylor, le Vialla, l'Elvira; parmi les Labrusca, le York-JMedeira, et enfin le F. Hupestris. La brochure de M. Foex peut servir d'excellent guide pour les viticulteurs.

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