IV. — Commerce des denrées agricoles diverses
Les choses se présentent plus favorablement si Ton considère quelques autres denrées agricoles et particulièrement le bétail et les produits animaux. C'est ce que l'Exposé de la situation de l'Empire fait ressortir dans les termes suivants ;
« Le mouvement progressif des exportations de produits agricoles autres que les céréales qui avait été déjà signalé l'année dernière s'est poursuivi cette année encore, et l'agriculture trouve là incessamment des débouchés nouveaux et de plus en plus importants. L'exportation des bestiaux de la race bovine avait été pendant les onze premiers mois de 1865 de 52,211 têtes; elle a été de 94,332 têtes pour la période correspondante de 1866. Pour les animaux de la race ovine, le nombre des têtes exportées s'est élevé de 130,002 à 180,656. Les quantités de beurres envoyées à l'étranger ont atteint, pour les onze premiers mois de 1866, le chiffre de 22,687,318 kilogrammes au Heu de 17,850,238 kilogrammes en 1865; pour la volaille et le gibier, les chiffres sont de 2,010,383 kilogrammes en 1865 (onze mois), et 2,131,236 en 1866; pour les œufs, 28,321,892 kilogrammes en 1865, et 32,110,582 kilogrammes l'année dernière; pour les vins, le nombre d'hectolitres expédiés au dehors s'est élevé de 2,586,810 à 3,038,713. »
C'est en effet un fait très-remarquable à signaler que l'accroissement continu de nos ventes pour l'étranger. Ici la balance est en général en faveur de notre agriculture, qui expédie beaucoup plus qu'elle ne reçoit. Les tableaux suivants, extraits des documents statistiques publiés par l'administration des douanes, rendent tout à fait évidente l'augmentation de notre commerce agricole avec l'étranger. Voici d'abord les importations de quelques denrées consommées en France :
Fromage Eau-de-vie
Années. Besliaux. Viandes. et beurre. Laines. Vins. eiespiils. Sucres.
Fr. Fr. Fr. Fr. Fr. Fr. Fr.
L'importation des laines étrangères a surtout suivi une marche ascendante tout à fait remarquable, et c'est certainement une des causes qui expliquent la situation actuellement précaire de l'élevage du mouton. Mais voici les chiffres véritablement intéressants au point de vue particulier de l'Exposé de la situation de l'Empire; ce sont ceux de nos exportations :
Années. Bestiaux. Viandes. Fromage. Beurre. OEufs.
Fr. Fr. Fr. Fr. Fr.
Années. Laines. Vins. Eau-de-vie et esprits. Sucre indigène.
Fr. Fr. Fr. Fr.
On voit que tous les produits des étables et des basses-cours, à l'exception toutefois des laines, ont une faveur de plus en plus marquée sur les marchés étrangers. L'augmentation de la vente des vins et des eaux-de-vie est aussi très-remarquable. La viticulture fournit maintenant presque la huitième partie de la valeur totale de toutes nos exportations.