DANS LE CANTON DE VAUD
A M. Barral, directeur du Journal de V Agriculture.
En lisant, dans votre numéro du 5 janvier (p. 24), la discussion qui a eu lieu au dîner de l'agriculture sur les assurances et surtout les assurances au point de vue agricole, il m'est venu la pensée qu'il pourrait être intéressant pour vous et vos lecteurs de savoir ce qui se passe dans le canton de Vaud au sujet de l'assurance sur le bétail.
Quoique dans la discusssion du dîner de l'agriculture on ait dit que l'assurance était tellement organisée en Suisse que « chacun y laissait brûler sa maison, et que chaque voisin laissait brûler son voisin, en disant: le gouvernement payera, » croyez cependant que nous avons parfois de bonnes institutions de ce genre. Et d'abord, ce n'est pas l'assurance obligatoire par l'État, qui fait que quelqu'un peut avoir envie de laisser brûler sa maison. C'est l'assurance elle-même, de quelque part qu'elle vienne. Plus elle est forte, plus le propriétaire est disposé à ne rien faire pour défendre son immeuble, que l'assureur soit l'État ou une Compagnie. C'est même là un grave inconvénient de toute assurance, au point de vue économique, excepté de celle contre la grêle ou le gel, parce que ces fléaux laissent l'homme complètement impuissant devant eux. Du reste, les assurances obligatoires tant mobilières qu'immobilières s'en vont peu à peu même de notre pays.
Mais aujourd'hui je veux vous parler de notre système d'assurance sur le bétail. Ce système est intimement Hé avec celui de la police sanitaire du bétail. Je parle ici de la race bovine. Chaque animal est muni chez nous dès sa naissance ou dès son entrée dans le canton, et à la suite d'une visite d'un vétérinaire délégué, d'un certilicat de santé. Dans chaque commune, et nous en avons environ 400 pour 200,000 habitants, existe un inspecteur du bétail, dont la rétribution consiste en quelques centimes qui lui sont dus lorsqu'il reçoit le