V. — L'enseignement agricole
On sait que dans l'enquête il y a eu unanimité sur deux points, sur la nécessité de développer l'enseignement public dans un sens agricole, et sur l'urgence de perfectionner la vicinalité rurale. Sur ces deux points, satisfaction sera incontestablement donnée à l'agriculture. L'Exposé de la situation de l'Empire donne au sujet de l'état actuel de l'enseignement primaire les détails intéressants qui suivent :
« L'enseignement agricole est donné dans toutes les écoles normales primaires. M. le Ministre de l'agriculture et du commerce a bien voulu, sur la demande du Ministre de l'instruction publique, autoriser MM. les inspecteurs généraux de l'agriculture à en constater les résultats, et ces fonctionnaires ont pu s'assurer que des efforts souvent heureu.K sont faits pour inspirer aux élèves-maîtres les goûts simples et modestes que donne la culture de la terre. Là où il est possible de joindre la pra- ' tique de l'agriculture à la théorie, on l'a tenté, sinon avec d'éclatants succès, du moins avec la ferme volonté de bien faire; là où l'exiguïté des terrains ne permet pas une semblable expérience, la taille des arbres et la culture maraîchère ont été enseignés avec soin. Partout enfin ils ont pu s'assurer que l'attention de l'autorité s'est portée sur cette partie si essentielle de l'instruction populaire; que des efforts sérieux ont été faits, et que ces efforts ont obtenu, sur plusieurs points, l'approbation des hommes compétents. »
On a bien fait de commencer par l'enseignement populaire ; mais il faudra aussi qu'on s'occupe énergiquement de l'enseignement secondaire et de l'enseignement supérieur; tous ceux qui s'adonnent aux professions dites libérales ont été jusqu'à ce jour trop étrangers aux choses de la vie rurale.