‹ Journal de l'agricultureChapitre 163 sur 527 · E. MOLL · texte numérisé non relu

E. MOLL

Mon cher MoU,

Vous croyez que l'oa peut avantageusement créer une sous-race en accouplant ensemble des métis produits d'un croisement, et vous me demandez quelle est à cet égard mon opinion. — Elle est la même que la vôtre, c'est-à-dire que je crois que les métis, provenant d'un croisement intelligent, peuvent très-bien être accouplés ensemble et former une bonne sous-race.

Les croisements ont déjà amené bien des mécomptes; ils exigent de la part de l'éleveur qui les entreprend, de l'intelligence, de la persévérance, la connaissance des races sur lesquelles il travaille, par conséquent un bon choix de ces races, et la connaissance de toutes les circonstances accessoires qui peuvent assurer le succès de son entreprise ou la compromettre. Il y a des inlluences de sol, de climat, de régime des bêtes auxquelles on doit nécessairement avoir égard, tous les éleveurs savent cela ; mais trop souvent ceux qui ont en main le pouvoir et l'argent n'ont pas su faire usage de ces deux grands moyens, et ils ont fait beaucoup de mal en voulant améliorer. Ainsi de bonnes anciennes races de chevaux ont été gâtées par l'introduction du pur sang anglais, et dans beaucoup d'endroits on n'a obtenu que des chevaux manques, valant beaucoup moins que ceux de la race que l'on voulait améliorer. Dans d'autres endroits, on veut améliorer des races de vaches communes par des taureaux hollandais, ou suisses, ou durharas, et on oublie qu'il faudrait avant tout introduire une meilleui'e nourriture, un meilleur régime des bêtes, avant de penser à introduire une race plus parfaite, mais plus délicate, et qui n'est pas en état de supporter les privations, souvent les misères auxijuelles est soumise la race du pays. Dans d'autres endroits encore, à force de vouloir améliorer les chevaux, on a introduit des étalons de toutes les races, puis on a multiplié, sans raison, en accouplant ensemble des produits de plusieurs croisements, et le résultat facile à prévoir a été: beaucoup plus de mauvais chevaux que de bons. Celui qui, dans de telles conditions, fait saillir une jument, meta une loterie et s'abandonne aux chances du hasard. Je pourrais citer un haras où l'on a ainsi travaillé, mais ce n'est

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