‹ Journal de l'agricultureChapitre 166 sur 527 · POUR LA RACE PERGEERONNE · texte numérisé non relu

POUR LA RACE PERGEERONNE

AngerviUe, 20 janvier 1867.

Monsieur,

Permettez-moi de vous demander de prêter votre concours et l'autorité de votre journal à l'organisation d'un livre généalogique de la race percheronne.

J'ai étudié le programme de l'Exposition chevaline d'Alençon (1865) et j'y ai remarqué que presque tous les exposants qui y ont amené des chevaux de la race percheronne ont eu soin de donner la généalogie des animaux qu'ils présentaient à l'approbation du jury. On ne pouvait employer une forme plus discrète pour faire comprendre aux hommes qui dirigent l'industrie de l'élevage du cheval, l'importance sérieuse que l'on attache aujourd'hui à avoir la généalogie constatée Qes reproducteurs d'élite.

Les éleveurs de la Nièvre qui, avec le concours de l'administration départementale , ont organisé il y a quelques années un herd - book pour la race bovine charolaise, recueillent déjà les fruits de cette utile création, car leurs animaux inscrits trouvent un débouché plus facile et plus avantageux que ceux qui , issus des mêmes vacheries, ne figurent pas parmi les animaux reconnus officiellement comme étant de pure race.

J'ose espérer, monsieur, que vous voudrez bien honorer ma proposition de votre sérieuse attention, et qu'en prenant l'initiative de sa mise en pratique, vous voudrez devenir le promoteur d'une mesure qui doit avoir les conséquences les plus importantes, tant pour l'avenir hippique de la circonscription percheronne que pour la fortune des cultivateurs qui se livrent à l'élevage du cheval de travail. Je me permets donc de joindre à cette lettre un mémoire destiné à la développer et à la compléter.

Agréez, je vous prie, monsieur, etc. Lucien Rousseau.

Habitant les plaines de la Beauce, où le cheval né dans le Perche finit de s'élever, je vous demanderai, monsieur, la permission de prendre le cheval percheron pour type de discussion dans le mémoire que j'ai l'honneur de vous adresser; j'espère par ce moyen le rendre plus intelligible.

Le cheval percheron est une de nos richesses nationales. Tous les peuples qui, ayant perfectionné leurs voies Je communication, ont fait des progrès en agriculture et en industrie, demandent aux races chevalines qu'ils élèvent les solides qualités qui distinguent le cheval percheron. Tous ont fait et font encore des tentatives sérieuses pour acclimater chez eux les chevaux de cette race, qui possèdent la double faculté de courir vite en tirant lourd et qui, précieux par leur précocité, produisent à deux ans, en travail, plus qu'ils ne coûtent en nourriture et entretien.

Le conseil général d'Eure-et-Loir, convaincu de l'importance d'une race de chevaux qui fait la fortune d'une grande partie de ce département, a voté pour 1865, et comme d'habitude, une somme de 10,000 francs à répartir en primes entre les éle-

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