‹ Journal de l'agricultureChapitre 167 sur 527 · CRÉATION D'UN LIVRE GÉNÉALOGIQUE POUR LA RACE PERCHERONNE · texte numérisé non relu

CRÉATION D'UN LIVRE GÉNÉALOGIQUE POUR LA RACE PERCHERONNE

veurs pour les animaux des deux sexes les plus beaux et les plus purs parmi ceux de la race percheronne. M. le préfet d'Eure-et-Loir, dans l'arrêté qu'il a pris pour régler les Concours dans lesquels cette prime de 10,000 francs sera répartie, a dû dire, article 4 : Que les étalons et juments, pour être admis au Concours, devraient avant tout Hre du type percheron. Cette condition nécessaire doit donner de graves embarras aux jurjs chargés de statuer, car un cheval peut être parfaitement pur de race en ne présentant pas cependant tous les caractères typiques de sa race. La tâche des jurys serait bien plus facile, si les mots : « êlre du type percheron » pouvaient être remplacés à l'avenir, dans les arrêtés préfectoraux, par ceux-ci : a être inscrit au livre généalogique de la race percheronne, d

Nous avons toujours cru que le cheval percheron avait une origine assez ancienne, se reproduisait d'une façon assez régulière et présentait des qualités typiques assez caractérisées pour avoir dès aujourd'hui le droit d'être qualifié du titre de cheval de race. Si tout le monde pensait comme nous, les choses seraient faciles, car il n'y aurait qu'à appeler à l'inscription tous les chevaux du Perche, et même il n'y aurait pas besoin de livre généalogique. Mais comme beaucoup de bons esprits ne sont pas de cet avis et croient qu'une race n'existe pas quand elle existe à l'état diffus dans un pays ; qu'elle ne peut être qu'à la condition d'avoir un slud-hook ou un hcrd-book, nous avons cru qu'il était de notre devoir de tâcher de mettre tout le monde d'accord en proposant de créer un stud-book sous le titre de Livre généalogique de la race percheronne. Par ce moyen on concentrera les efforts de tous les éleveurs, on leur imprimera une direction connue, on fera cesser les malentendus qui paralysent les moyens, éternisent les discussions et retirent au cheval percheron d'élite une partie de sa valeur vénale, et surtout on évitera qu'un étalon croisé puisse se présentera la saillie comme pur percheron.

La race percheronne n'existe pas, disent les admirateurs exclusifs des chevaux d'outre-Manche, et cependant ils ne contestent pas l'existence des races de Suffolk et de Gleveland, lesquelles ne sont pas mieux constituées et organisées en Angleterre que la race percheronne ne l'est en France. A ces admirateurs passionnés des animaux de pur sang, nous dirons : Il est possible de faire aussi bien et même mieux que les Anglais en les imitant, car nos purs sangs seront adaptés à notre climat. Avant la création du stud-book, ([u'étaient les chevaux anglais de pur sang? Avant le herd-book, qu'était la race deDurham? Alors ces races n'existaient pas, car elles ont été formées, chacun le sait : la race chevaline par l'introduction en Angleterre d'étalons orientaux, la race bovine par la découverte du précieux taureau Hubback, et surtout et seulement par la reproduction en famille.

Les premiers descendants des reproducteurs fameux auxquels l'Angleterre attribue l'origine de ses races perfectionnées étaient dissemblables, mais ils parvinrent à acquérir par la consanguinité une grande homogénéité de formes et d'aptitudes, une grande puissance d'atavisme qu'ils transmirent à leurs descendants. De cette puissance, nos voisins, avec leurs instincts pratiques, firent une valeur commerciale ; ils la tarifèrent (si je puis m'exprimer ainsi) en constatant d'une façon officielle la généalogie de leurs animaux d'élite. C'est donc par un stud-book et un herd-book que les Anglais ont créé leurs races de pur sang et leur ont donné une grande valeur commerciale.

Nous avons dans la race percheronne une race déjà fixe et formée, un type parfaitement constant. En choisissant parmi elle, pour en conserver la généalogie, les animaux les plus parfaits, nous aurons un point de départ bien plus fixe et bien plus certain que celui dont les Anglais sont partis, et nous devrons en moins de temps qu'eux arriver à des résultats difl'érents sans doute, mais tout aussi précieux et probablement mieux adaptés aux besoins réels de la société, de l'industrie et de l'armée.

Par une circonstance particulière, nous avons assisté pour ainsi dire à la création du herd-book pour la race charolaise;: depuis lors nous avons été à même de suivre et d'apprécier les progrès que celte institution est appelée à faire faire, et nous pouvons affirmer que les animaux inscrits au herd-book nivernais trouvent comme reproducteurs x.n écoulement plus avantageux que les animaux issus des mêmes vacheries dont les noms ne figurent pas dans la liste officielle.

Le moyen employé pour faire de la race charolaise améliorée une race de pur sang officul punirait être employé pour créer au milieu du I^erche la race de pur sang percheron. Ce moyen est facile et pratique, puisqu'il se borne à choisir comme

Page 1