CRÉATION D'UN LIVRE GÉNÉALOGIQUE POUR LA RACE PERCHERONNE
point de départ les animaux de l'un et de l'autre sexe primés dans les concours depuis quelques années, en leur adjoignant ceux qui seront primes comme animaux de pure race dans les concours qui auront lieu pendant dix ans encore dans la région dont le Perche fait partie. Si cette base n'était pas jugée assez large pour avoir une production de pur sang percheron en rapport avec les besoins les plus urgents, et aussi pour ne pas exclure du livre d'honneur des juments d'élite tenues jusqu'à présent en dehors des concours, juments dont la descendance serait utile et précieuse pour l'amélioration de la race, on pourrait organiser un concours spécial qui se tiendrait à Chartres, à Alençon, ou dans le Perche, et dans lequel seraient jugés les chevaux percherons élevés soit dans le Perche soit ailleurs (la Gôte-d'Or et la Nièvre), que leurs propriétaires croiraient devoir présenter à l'examen d'un jury spécial chargé de désigner les animaux admis au Bénéfice de l'inscription.
Nous croyons que les motifs que nous avons développés jusqu'ici sont de nature à convaincre tout le monde ; ils démontrent que si l'ouverture d'un livre généalogique pour la race percheronne est chose nécessaire, ils prouvent en même temps qu'il est possible et relativement facile de l'organiser. Nous ne pensons pas qu'il convienne de nous bornera démontrer seulement l'utilité et la possibilité du registre généalogique dont nous sollicitons l'ouverture; nous voulons encore nous eiïorcer de prouver que ce registre doit être un puissant mobile d'amélioration, et aussi un moyen énergique et infaillible pour conserver pure et sans mélange la précieuse race des chevaux qui font la fortune des éleveurs du Perche et de la Beauce; enfin, que les races pures seules sont dignes d'être soignées par les hommes qui veulent faire une œuvre durable et doter leur pays d'animaux capables de transmettre toujours à leurs descendants les qualités dont le travail des éleveurs sera parvenu à les doter.
Avec l'organisation actuelle, avec l'étalonnage complètement libre et nullement surveillé, il y a malheureusement beaucoup d'étalons atteints de vices héréditaires qui font la course dans les campagnes. Ces étalons ne seront pas plus admis au livre généalogiques qu'ils ne sont primés, approuvés ou autorisés par l'administration. Aujourd'hui les étalonniers les font encore accepter par les propriétaires de juments, en se plaignant de la partialité des commissions auxquelles ils ne les présentent pas ; comme ces chevaux ont une bonne apparence en général, que leurs vices héréditaires ne peuvent pas se reconnaître sans un minutieux examen parce qu'on les cache avec soin, que les gens de la campagne sont gens d'habitude et de routine n'aimant pas à se déranger, ils livrent une très-notable partie de leurs juments à ces reproducteurs défectueux qui viennent les trouver.
Sans nuire en quoi que ce soit à la liberté de l'étalonnage, l'exclusion des étalons défectueux du livre généalogique les signalera à l'attention publique, et bientôt il ne suffira plus de faire promener dans les campagnes un cheval bien caparaçonné et conduit par un meneur connu et beau parleur pour le voir admettre clans les fermes : il faudra encore dire quel est son père et quelle est sa mère, comme maintenant on annonce pour les chevaux patronnés par l'administration des Haras les primes et les médailles qu'ils ont gagnées dans les concours. Cette nécessité de faire connaître l'origine des étalons éloignera de la reproduction un grand nombre de chevaux défectueux, et, ce qui est tout aussi important, un grand nombre d'animaux issus de parents défectueux et qui doivent transmettre à leurs descendants les défauts héréditaires de leur famille dont, par une exception heureuse, ils ont été individuellement préservés.
La pureté d'origine constatée au moyen du livre généalogique imprimera une impulsion favorable à l'élevage des bons animaux, en facilitant le commerce des poulains. En effet, les acheteurs connaissant par lui les qualités probables des jeunes sujets, les payeront d'autant plus cher qu'ils trouveront dans leurs aptitudes de famille des garanties plus constantes et plus solides.
Enfin, la reproduction organisée au moyen d'un nombre restreint de reproduc leurs d'élite dans les deux sexes, sans possibilité de mélange de sang étranger, imorimera à la race un atavisme de plus en plus considérable, l'épurera, et tout en a conservant pure, permettra de la modifier selon les nécessités du commerce ou de la mode, et fera disparaître, par le soin toujours plus grand apporté au choix des reproducteurs, par de plus judicieux accouplements, les quelques imperfections que l'on reproche encore à la race percheronne. . Notre époque, si avide de jouissances, si hâtée dans toutes ses entreprises, n'a