‹ Journal de l'agricultureChapitre 170 sur 527 · CRÉATION D'GN LIVRE GÉNÉALOGIQUE POUR LA RAGE PERCHERONNE · texte numérisé non relu

CRÉATION D'GN LIVRE GÉNÉALOGIQUE POUR LA RAGE PERCHERONNE

donner de vigoureux produits de consommation, quand on les fait saillir par des étalons bien choisis dans un autre sang, bien appropriés au but que l'on veut atteindre et surtout aux conditions de l'élevage dans lesquelles les potilains doivent naître et grandir.

Nous ne saurions donc trop insister pour que les hommes de bonne volonté donnent suite à une idée qui, en assurant la conservation et en favorisant l'amélioration d'une racé précieuse enviée de tous nos voisins, laisse cependant à l'agriculture la liberté nécessaire pour faire les animau.'L de vente qui trouvent le plus haut prix sur le marché et donnent aux hommes qui veulent se dévouer au perfectionnement et à la conservation de nos races nationales, le moyen certain de faire profiter l'avenir de leurs travaux.

Lucien Rousseau.

qu'il serait utile d'importer ou DE DOMESTIQUER DANS L'EUROPE MOYENNE. — V.

Le coq de bruyère, ou grand tétras (fig. 59), est destiné à devenir, peut-être, le plus utile habitant de la basse cour, parce que, ne mangeant que des végétaux, et fournissant en abondance de la viande et des œufs, il les produira à plus bas prix que tous ses congénères. Franchement, en voyant cet admirable oiseau si commun sur toutes les hautes montagnes de l'Europe, on se demande avec élonnement pourquoi on n'a pas essayé de le domestiquer, au lieu d'importer à grands frais des espèces étrangères qui, à côté de lui, sont presque sans valeur. 11 ne faut chercher la raison de cette apparente anomalie que dans cette étrange tendance de l'esprit huinain qui le pousse toujours à chercher au loin ce qu'il a tout près de lui, et à commencer par ce qui est dilTicile ou compliqué, pour arriver enfin à ce qui est aisé et simple.

Ce noble oiseau vit en compagnie de quelques feiuelles dans les forêts de sapin du Haut-Jura, des Vosges, des Carpalhes et de l'Oural; il est aussi gros qu'un dindon, et les poules n'atteignent guère qu'à la moitié de sa taille; son vol est puissant, mais court; il est plutôt organisé pour marcher que pour voler, aussi se tient il habituellement à terre, où il cherche des herbes tendres, des vermisseaux et des baies; en hiver, il ne mange que les aiguilles des sapins qui donnent à sa chair un fumet de térébenthine assez désagréable. Suivant leur âge, les poules pondent de G à 11 œufs, de la forme de ceux de poule, mais plus gros, à fond clair-semé de larges taches brun foncé. Les jeunes courent très-vite, dès leur naissance, et sont de la même couleur que leurs œufs; ils piaulent comme les dindonneaux, et sont faciles à élever si on les laisse courir dans les prés sous la garde d'une dinde ou d'une poule; quand ils peuvent voler, on fait bien de leur couper les barbes des grosses plumes d'une aile, afin de les empêcher de gagner les bois, ceci par simple précaution; car ces oiseaux s'apprivoisent tellement, qu'il est peu probable qu'ils cherchent à s'échapper.

Le petit tétras présente les mêmes avantages que le grand; mais il est de moitié plus petit; on le dit plus farouche, mais tout aussi facile à élever.

1. Voir le tome II de 1866, pages 284, 359 et 499 ; et le numéro du 20 février 1867, page 326.

Bien que la perdrix grise (fîg. GO) soit l'espèce dont la chair est la plus délicate, elle disparaît tellement devant les envahissements des prés artificiels, que nous proposerions de la domestiquer si sa sauvagerie ne rendait pas l'entreprise impossible. Il faut donc songer à la remplacer

Fig. 59.

Coq de bruyère ou grand tétras.

Fig, 60. — Perdrix grise.

par les colins, ou mieux encore par la belle et grosse perdrix bartavelle qu'on élèverait dans les basses-cours, et lâcherait ensuite, dès leur naissance, dans les prés, d'où ils reviendraient chaque soir avec les poules qui les auraient couvés. Comme ces oiseaux ne mangent, pendant leur

qu'il serait utile d'importer ou de domestiquer.

jeunesse, que des insectes, ils rendent aux champs d'immenses services; plus tard, ils se nourrissent d'herbes et ce n'est qu'en hiver, lorsqu'ils ne peuvent plus rien trouver dehors, qu'ils s'abattent sur le grain.

Les colins (fig . 6 1 ), un peu plus gros que des cailles, ont peut-être la chair plus une, plus parfumée, que celle d'aucun autre oiseau; mais ils sont

Fig. 61. — Colin de Californie.

Fig. 62. — Faisan commun.

beaucoup plus délicats et plus farouches que la bartavelle, qui est déjà naturellement domestique, puisqu'elle vient se mêler aux poules dans la cour des fermes. Cette belle espèce, presque aussi grosse qu'un pigeon, est grise, avec les plumes des flancs agréablement rayées de blanc, de noir et de brun; le bec et les pieds sont rouge vif; la chair est blanche,

abondante, très-bonne, bien qu'un peu sèche ; la ponte est de 22 œufs. En Espagne, on la trouve partout en cage, à cause de sa gentillesse et de la beauté de son plumage; on l'y nourrit de légumes et de millet, et on la conserve de 1 5 à 1 6 ans, ce qui prouve surabondamment combien elle est robuste.

Le faisan commun (fig. 62), et plus encore celui de l'Inde, seraient de précieuses acquisitions pour toutes les forêts marécageuses, si les chasseurs voulaient bien s'entendre pour les y laisser se multiplier en paix

Fig. 63. — Pintade.

Fig. 64. — GélinoUe.

pendant quelques années. Ces superbes oiseaux font de 15 à 17 œufs et se multiplient l'apidement, parce qu'ils sont assez forts pour se défendre avec succès contre la plupart de leurs ennemis. Le faisan recherche les forêts humides avec autant d'ardeur que la perdrix gagne les collines arides; aussi est-il inutile de rim[)orter ailleurs que le long des cours d'eau. C'est dans les forêts de chênes, dont il mange les glands, qu'il réussit le mieux; pendant l'hiver il se nourrit de baies, de feuilles, d'herbes et surtout de la racine arrondie et succulente de

h ficaire à feuilles de renoncule. Pendant la bonne saison, les faisans ne mangent guère que des insectes, des vermisseaux et de la verdure; leur alimentation est donc bien peu coûteuse, puisqu'elle est fournie tout entière par les produits perdus des taillis et des forêts; aussi' ses produits constituent-ils partout un joli revenu dans les forêts closes..

La pintade (lig. 63) n'a d'intérêt pour la ménagère que parce qu'elle pond abondamment, au gros de l'été, quand les poules, entrant en mue, cessent de faire des œufs; leur chair est exquise ; leurs œufs sont excellents; mais l'humeur querelleuse de ces oiseaux, leurs ciis affreux et la difficulté qu'on éprouve à les élever dans les pays froids, les feront toujours repousser de la basse-cour.

La gelinotte (fig, 64) et la lagopède (fig. 65) seraient de bieni bonnes acquisitions pour les basses-cours si leur sauvagerie pouvait jamais être domjitée. La chair exquise.de ces oiseaux, leur beauté, leur rusticité, la facilité avec laquelle ils s'alimentent;, ainsi, que l'abondance de leurs pontes, les rendent encore plus précieux que les perdrix. On assure

Fig. 65. — Lagopède des Haules-Alpes.

qu'on est arrivé à domestiquer la gelinotte dans quelques parcs de la Bohême; le problème de leur domestication est chose déjà à moitié résolue. Quant à la lagopède des Hautes-Alpes, elle est le seul oiseau de celte famille qui change de plumage avec les saisons; fauve en été, elle devient complètement blanche en hiver.

Prof. Sacc.

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