IV. — Vente d'animaux reproducteurs de la race Durham
Nous avons annoncé, dans le Bulletin hebdomadaire, la vente d'animaux de la race Durham, qui aura lieu le mardi 23 avril, à la vacherie impériale de Corbon, remplaçant l'ancienne vacherie du Pin. Nous recevons le détail des animaux mis en vente; ils se composent de 9 taureaux nés du 14 juin 1865 au 6 mars 18GG; de 12 vaches ou génisses, nées du 30 janvier 1858 au G octobre 18GG; plus, de 2 taureaux et de 4 vaches réformés. Voici les conditions du cahier des charges :
Art. 1". — La vente aura lieu au complant et sans garantie.
Art. 2. — Les animaux seront adjugés au plus offrant et dernier enchérisseur. Le minimum de chaque enchère est fixé à 5 francs.
Art. 3. — Le minimum du prix auquel les animaux pourront être adjugés ayant été fixé par M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, les animaux qui n'atteindraient pas ce prix seront purement et simplement retirés de la vente.
Art. 4. — Le prix de la vente sera versé, en espèces ou en billets de banque ayant cours légal, entre les mains du receveur des domaines du canton de Cambremer. Les animaux ne seront livrés aux adjudicataires que sur la présentation de la quittance du receveur.
Art. 5. — Les animaux devront être enlevés dans les quarante-huit heures qui suivront la vente, sans toutefois que l'administration réponde en rien des accidents ou sinistres qui pourraient survenir pendant ce temps. Ce délai expiré, les frais d'entretien seront à la charge des adjudicataires. Un licol et une longe seront délivrés avec chaque animal vendu.
Art. 6. — Le pedigree de chaque animal sera remis à l'acquéreur, immédiatement après l'adjudication.
Art. 7. — Les adjudicataires devront payer comptant, au receveur des domaines, 5 centimes par franc, en sus du prix principal, applicables aux frais.
Voici maintenant les renseignements nécessaires aux agriculteurs qui voudront se rendre à Corbor. :
La vacherie impériale de Corbon est située sur la route impériale de Paris à Cherbourg, à 11 kilomètres de la gare de Mézidon, et à 19 kilomètres de celle de Lisii'ux. Tous les trains du chemin de fer, venant de Paris ou de Caen, s'arrêtent aux slalioDs de Lisieux et de Mézidon. Li'embranchement du Mans aboutit également à Mézidon; il relie entre elles les deux lignes ferrées de Paris à Brest et de Paris à Cherbourg, et rattache le réseau de l'Ouest à celui d'Orléans. On trouvera, soit à Lisieux, soit à Mézidon, des voitures à volonté pour se rendre à Corbon.
La vacherie de Corbon est placée sous l'habile direction de M. Ziébiski, adjoint à l'inspection générale de l'agriculture ; nous pouvons affirmer que les éleveurs trouveront auprès de lui l'accueil bienveillant qu'on rencontre toujours auprès des hommes d'élite.
V. — Prochaine session des délégués des Sociétés savantes et prochains concours
régionaux.
Le congrès des Sociétés savantes, fondé par M. de Caumont, tiendra sa prochaine session du 1 8 au 27 avril dans la salle de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, rue Bonaparte, n" A4, à Paris. Une large place sera faite, dans les discussions de l'assemblée, aux questions agricoles; on étudiera notamment les conséquences à tirer des résultats de l'enquête qui seront alors connus. Comme conséquences, on recherchera quelles sont les réformes législatives qu'il peut être nécessaire de demander. Comme l'an dernier, nous rendrons un compte succinct de tout ce que les discussions présenteront d'intéressant.
Nous avons dit les dates des prochains concours régionaux agricoles qui auront lieu en mai et juin, à l'exception de celui de Colmar dont la date n'est pas encore fixée. On comprend qu'on hésite à réunir près de nos frontières un nombreux bétail. Un ajournement paraît prudent dans les circonstances actuelles. Le concours régional qui devait se tenir à Bordeaux du 4 au 12 mai, est remis, sur la demande de la municipalité de cette ville, du 1 1 au 19 du môme mois. Nous n'avons pas, du l'esté, reçu encore les nouveaux programmes des concours; mais nous pouvons dire que les anciens ont été critiqués dans diverses parties de la France. Sur le rapport de M. Martegoute, la Société d'agriculture de la Haute-Garonne a demandé diverses modifications aux programmes du concours du Sud-ouest. Ces modifications tendent surtout à demander de plus grands encouragements, dans l'esp'cc bovine, pour la race gasconne et la race lauraguaise. Le rapport conclut aussi à la suppression dans le Sud-ouest d'encouragements pour la race durham et les croisements, ainsi qu'au remplacement des catégories diverses, françaises et étrangères, par des spécialisations pour le lait, la viande, le tavail. Nous croyons qu'il y a là des idées à prendre en considération. D'un autre côte, le Comice agricole d'Annecy demande la création, pour les prochains concours de la Haute-Savoie, d'une catégorie spéciale pour la race albanaise. Nous appuyons cette proposition, car nous avons vu un certain nombre de bêtes de cette race en 18G5, au concours régional de la Haute-Savoie, et nous avons reconnu qu'elle possède des qualités remarquables. Nous en donnerons bientôt une description détaillée, avec figures à l'appui.
VL — La viticulture à l'exposition de Billancourt.
Nous avons parlé précédemment de l'exposition du bétail à l'île de Billancourt, annexe de l'Exposition universelle du Champ de Mars. Nos lecteurs savent qu'il y aura à Billancourt des essais d'instruments, et diverses expériences de systèmes de culture. On s'y prépare comme au Champ de Mars. H paraît qu'il y a eu certains tiraillements intérieurs dans l'administration, car nous apprenons que M.Vl. Bourcier et Bouthors, qui s'occupaient d'une partie de l'organisation, ont donné leur démission. Quant à M. Charles Baltet, qui s'occupe particuli.rement de la viticulture, nous venons de recevoir de lui la note suivante :
Nous croyons devoir livrer à la publicité les recseignements qui nous sont journellement demandés à propos de l'Exposition viticole ; s'ils sont jugés insuffisants nous sommes prêts à les compléter.
Préparation des ceps. — Les ceps de \'igne destinés à l'Exposition universelle seront de àeux sortes : 1° sujets vi\anfs, à planter pour accomplir les phases de la végétation ; 2° sujets à racines nues pour être placés sur le sol ou en fosse, et ne devant point végéter. — 1° Les ceps vivants auront plus de chances de réussite, si on a le soin, lors delà déplantalion, d'envelopper leur motte avec de la grande paille, liée d'abord par les épis, puis réunie au collet de la souche. A défaut de paille, des ramilles de genêt, une natte d'épicerie, une toile grossière seraient employées avec le même succès pour retenir la teire autour des chevelus. Cette terre tient mieux si l'on opère après une pluie ou un arrosage. Les ceps en rriotte étant groupés dans un panier ou une caisse, seront remis au chemin de fer sans autre emballage extérieur que des baguettes soutenant les branches avec des liens. Si les pieds de vigne sont arrachés sais leur motte, on en réunira plusieurs dans une futaille contentant de la terre ou dans un emballage.garni de mousse, pour éviter le contact de l'air sur les vignes pendant le trajet. On pourrait même se contenter de praliner les racines dans nue terre boueuse, et de les emballer avec des menues pailles. 2° Les ceps destinés à rester secs pendant la durée de l'Exposition devront être envoyés avec toutes leurs branches et racines, et quelques-uns auront subi la taille au moment de l'arrachage, de manière qu'ils représentent dans leur ensemble la méthode de plantation, iHovigcage, taille, palissage, etc., de l'exposant. Joindre à l'envoi les treillages, échalas, fils de fer et autres accessoires de culture; et donner au délégué les indications nécessaires à l'installation des produits.
Outillarje. — Les exposants désigneront les instruments, appareils ou accessoires destinés à séjourner dans le champ de vigne ou sous les hangars. Ils déclareront les objets inventés ou perfectionnés par eux, et le prix de vente si ces objets sont dans le commerce.
Raisins. — L'exposition des raisins de pressoir étant réservée pour le mois de septembre, et l'étude de la nomenclature des ci^pages réclamant un examen des rameaux, accompagnés de leurs feuilles ou de leurs fruits, il convient de s'y pi'éparer dès aujourd'hui, eu couchant sous forme de marcottage un sarment de chaque sorte de vigne, soit dans un petit panier, un pot ou une caisse, et taillé à deux yeux hors de terre.
Au moment de l'exposition des raisins, il n'y aura qu'a sevrer le jeune plant en le détachant de la souche, et à l'expédier dans son pauier. Les variétés à maturité tardive pourraient subir l'incision annulaire aumomentde la floraison, ou toute autre opération hâtant le développement du raisin.
Vins ci caux-de-vie de vin. — Les liquides seront envoyés soigneusement emballés et cachetés. Ou déclarera si les liquides sont destinés au commerce et quelles en sont les conditions de vente. Répondre au questionnaire de la commission consultative sur la nature du cru, l'année de la récolte.
Notices. — Aux termes du programme, les exposants auront la faculté d'adresser à M. le commissaire généra! un mémoire relatant les modifications introduites dans l'exploitalion de leur vignoble, l'importation d'une culture progressive ou de nouveaux cépages, la différence du rendement, le perfectionnement de l'outillage, etc. Expédition. — Les personnes admises à envoyer leurs produits à l'Exposition universelle de viticulture recevront des bulletins d'expéditions leur donnant droit .'i une réduction de 50 pour 100 sur le prix de transport par chemin de fer. Les envois devront être adressés franco, du 15 au 25 mars 1867, à l'annexe agricole de Billancourt. Charles Baltet,
délégué de la viticulture, horticulteur à Troyes.
Certainement, une exposition ainsi organisée présentera un très- vif intérêt. La viliculture, nous l'avons répété bien des fois, est un des plus beaux apanages agricoles de la France, et il était juste qu'elle occupât une grande place dans la solennité de 1867, qui sera très-probablemenl à jamais mémorable.
VIL — Concours hippiques.
L'élevage de l'espèce clievaline est aussi une des richesses de l'agriculture française. On apprendra avec satisfaction que non-seulement à Billancourt, l'exposition occupera une place impottanle, mais encore
qu'aux concours régionaux d'Amiens et de Troyes, seront annexés des concours hippiques. Les étrangers qui visiteront ceux des concours régionaux où les chevaux seront absents, s'étonneront certainement de voir que, dans notre organisation administrative, l'amélioration de l'espèce chevaline n'est pas regardée comme une chose du domaine agricole.