DES PLANTES FOURRAGÈRES
Dans un précédent article, j'ai fait connaître les avantages que me paraissait offrir la culture de quelques plantes fourragères, trop peu répandues dans nos contrées, telles que la luzerne rustique, le sainfoin à deux coupes, le fromental, le mélilot de Sibérie, etc., et le résultat donné par la dernière récolte justifie pleinement les espérances que mes premières observations m'avaient fait concevoir.
Je ne reviendrai donc pas sur ce que j'ai dit de la luzerne rustique et du mélilot :'je n'ai rien à modifier au sujet de mes appréciations précédentes sur ces deux plantes ; mais je ne puis m'empêcher de communiquer aux apôtres des pratiques de notre agriculture véritablement progressive, dont je me plairai à être toujours un des plus fidèles et des plus dévoués disciples, le sucoès de mes expériences, en ce qui concerne le fromental et le sainfoin à deux coupes, pendant l'année 1866.
Jamais végétation n'a été plus vigoureuse que celle de la première coupe du sainfoin dont iKs'agit. Ce fourrage, qui mesurait un mètre de haut, a été fauché le 18 mai. Les autres variétés d'esparcette peuvent bien, sans doute, donner aussi une coupe valant peut-être celle de la plante que je viens de nommer; mais, sauf un regain qui, le plus souvent, ne peut pas être fauché, tout est là ; tandis que celle qui nous Occupe a poussé une seconde fois et a donné une nouvelle coupe de O^'.ôS de haut, laquelle a pai'faitement fleuri, et dont la fauchaison a eu lieu le 29 juin, c'est-à-dire environ un mois après la première, qui a donné à raison de 8,000 kilogrammes à l'hectare; l'autre a produit sur le pied de 1 ,500 kilogrammes pour la même unité, soit un rendement de 9,500 kilogrammes à l'hectare, pour les deux coupes réunies.
Ce sainfoin peut donc donner deux récoltes consécutives de fourrage, et, la dernière année, une coupe de fourrage, plus une récolte de graine valant autant qu'une récolte d'avoine. En un bon terrain et à sa convenance, cette plante peut donner, comme on le voit, un revenu magnifique. Elle mérite donc d'être recommandée, et c'est avec satisfaction que je le fais, en vue de la prospérité agricole.
La végétation du fromental n'a pas été moins luxuriante que celle du