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UTILITÉ DU CRAPAUD

On fait commerce de tout chez nos voisins les Anglais ; aussi ne devons-nous pas nous étonner de les voir depuis quelque temps se livrer au commerce des crapauds ; les jardiniei's maraîchers, de l'autre côté de la Manche, en peuplent leurs jardins et s'en trouvent fort hien. Si les crapauds ne se cotent pas encore i\ la bourse de Londres, il ne faut pas en conclure que cela ne se verra jamais. Déjà, je crois, il est bon d'avertir ceux qui voudraient se livrer à l'exportation des crapauds que ces batraciens, si méprisés chez nous, trouvent des acheteurs sur le marché anglais au prix de 6 shellings la douzaine. Les jardiniers d'outre-Manche en font, au milieu de leurs légumes, de vraies brigades d& sûreté : insectes, mollusques, tout disparaît, grâce à leur surveillance.

Tout lourd qu'il semble, le crapaud n'en saisit pas moins très-lestement les bêtes les plus légères. Il est doué, pour cela, d'un mécanisme des plus ingénieux. Rien de plus intéressant que de le voir à l'œuvre. Il happe les insectes non avec les lèvres, mais avec la langue. Cette langue, au lieu d'être attachée par la base, l'est par la pointe qui adhère au plancher de la bouche. La partie postérieure est libre.

« Par une sorte d'expiration, dit M. Aug. Duméril, l'animal la projette, forcément la renverse et en applique la face dorsale, recouverte de mucosités, sur l'objet qu'il veut saisir et qui est entraîné dans la cavité buccale par le retour de l'organe à sa position première... La rapidité de ce mécanisme est telle, que l'œil a peine à suivre ce double mouvement de la langue. » Un crapaud peut attraper ainsi en une heure vingt à trente insectes. On l'a parfaitement constaté par l'autopsie; on a pu s'assurer aussi, de la même manière, que ce sont surtout les in-

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