‹ Journal de l'agricultureChapitre 269 sur 527 · UN BŒUF DE RACE CROISÉE · texte numérisé non relu

UN BŒUF DE RACE CROISÉE

le bœuf ou le taureau le plus remarquable. A l'E.iïposition du club de Sinitlifield, tenue k Londres en décembre 1866, il gagna le 1" prix de 6-25 francs donac au plus beau bœuf de race croisée au-dessus de trois ans, et la coupe d'argent de 1,000 francs offerte pour le type le plus parfait des bœufs ou taureaux présentés au concours.

D'après les conditions de la réunion l'animil fut vendu sur place à M. Davis, 1,750 francs. Une discussion étant survenue sur la question de savoir s'il y avait eu gain pour son propriétaire, M. Harris produisit le tableau suivant qui atteste un bénéfice de plus de 1,000 francs.

Dépenses.

Prix du bœuf 1 ,425.00

Dépenses à Inverness et à Londres.. 250.00 Frais de nourriture de septembre 18S4

à décembre 1866 (118 semaines à

9 fr. 375) 1,106-25

Total 2,781.25

Recettes.

Prix remp-irtés à Forres en lSGi-65.

— à Inverness en 1865.

— àSmithfield en 1866 Coupe dj Snaithfield 1866.

Prix du bœuf. 1,750.00

Tolal 3,812.50

Dépenses ,. . . 2,781.25

Profils 1,031.25

M. Harris aurait pu ajouter aux bénéfices la valeur de la médaille d'argent de la

S — Bœuf croisé durhatn éocsais, ayant remporté le 1' de Smitbfield, en 1866.

prix au concours du club

Société des Highland, obtenue à Forres en 1866, et celle d'une coupe d'argent offerte à l'Exposition de Smithfisld par M. Black, fabricant de nourriture pour bestiaux, au plus bel animal nourri avec ses produits. M. Harris n'en a pas fait mention parce qu'elles doivent servir à combler la diiïérence entre la valeur nominale et la valeur réelle de la coupe de Smithlield; Quant à la somme de 9 fr. 37 par semaine pour l'entretien de l'animal, si quelqu'un pensait qu'elle est insuffisante à nourrir un bœuf d'exposition, M. Harris s'engage à en prendre le nombre que l'on voudra à ces conditions, pourvu que l'animal n'ait pas moins de trente mois.

Traduit de l'anglais, par G. Verpault.

Lorsqu'on voit des an/maux sauvages et particulièrement des insecte?, réunis en bandes considérables, envahir subitement une contrée, on

peut être certain que, créés pour vivre en société, ils sont poussés par la faim, et cherchent à rencontrer ou à atteindre une proie qui leur devient indispensable et dont ils manquaient au lieu qui les a vus naître. On en a malheureusement des exemples : l'Afrique et l'Asie sont périodiquement dévastées par des nuages de plusieurs milliards de sauterelles émigrantes qui, comme des ouragans, détruisent sur leur' passage toute la végétation d'une contrée. En Europe, les ravages causés par le hanneton et par sa larve, le ver blanc, sont presque aussi

redoutables que ceux causés par les sauterelles en Afrique Et chaque

année le danger augmente pour certains départements de la France. D'autres insectes en plus grand nombre peut-être, mais plus petits et moins facile à voir : les charançons, les scolytes, les bruches^ etc., etc., et plusieurs autres espèces nuisibles, attaquent une bonne partie de nos cultures et de nos récoltes; les détruisent souvent, et cela sous nos yeux, sans que, jusqu'à ce jour, nous ayons pu nous y opposer. Les premiers efforts faits pour connaître et combattre ces fléaux vivants de nos récoltes, se rapportent au siècle dernier et aux noms de Duhamel, du Tdlilet et de Réaumur. Ce furent les premières (tentatives; mais on est encore bien loin d'avoir aifcteint le but proposé ; c'est-à-dix'e qu'il faudrait aujourd'hui chercher à protéger et à conserver ce que nous ;avons péniblement amassé. Pourtant, même dans le dernier siècie, on se contentait de regarder les dtsastres causés à nos cultures ou à l'écoioomie domestique, d'en gémir et de s'en plaindre, sans chercher le moins du monde à y remédier^ moins par ignorance que par habitade.

On voit que ries me pourra réussir si, jpar ^«©e âairtiatàve puiesamte et active, les geai^ de bien qiuji ieiOJamaa«semit positaweîment les faits qui eonstituput ces fléaux, ne se donnent pas mission d'enseigner et de prêcher partout les utiles préceptes déduits de l'observation. Prêchons donc sans relâche à tous les agriculteurs la protection des oiseaux, ces indispensables auxiliaires, sans lesquels, j'en suis bien convaincu, il n'y aurait pas de récolte possible et toute la végétation serait détorée. Cependant, la destruction des oiseaux continue chaque jour avec un nouvel acharnement, et avec des moyens de plus en plus vcdoulables qui laissent bien peu d'espérance pour l'avenir si l'on n'y remédie pas promptement. En l'année 1867, il ne devrait pas être permis à un propriétaire cultivateur de ne pas protéger son champ contre la dévastation d'une multitude d'animaux nuisibles, car l'année suivante il nuira évidemment à tous ses voisins.

La belle saison qui va bientôt nous arriver est aussi l'époque de certains travaux de culture. Il serait nécessaire à ce moment d'employer tous les moyens possibles de protéger les jeunes plantations sur lesquelles nous fondons nos espérances, contre les ravages des insectes destructeurs, car chaque jour de retard amène un nomveau désastre, et peut nuire à des millions d'hommes.

D'ici à peu de jours le hanneton va éclore et dévorer nos cultures, et en même temps nous inonder de ses larves si dangereuses, dont les nombreux dégâts sont d'autant plus à redouter qu'ils sont invisibles. Depuis quelque temps on s'occupe un peu partout des insectes nuisibles, et plusieurs travaux ont été entrepris sur cet important sujet. Plusieurs

publications ont été reproduites par les journaux sur les ravages causés à l'agriculture par les insectes, et particulièrement par le hanneton, et plusieurs moyens ont été proposés pour combattre ce terrible fléau. La préoccupation générale et le peu de résultats auxquels ont est arrivé démontrent l'utilité de reprendre ce sujet, dont je m'occupe' depuis bien des années, et je viens soumettre mes études au jugement.

A une époque déjà assez éloignée, en 1847, j'ai réuni une grande quantité de hannetons au moment de l'éclosion; jai essayé de les employer pour la nourriture des jeunes gallinacés et comme engrais. J'ai pu me convaincre que j'avais raison; mais j'étais seul avec mes faibles moyens, et je n'ai pas iiu. aller bien loin dans mes expériences.

M. Dumas, alors doyen de la Faculté des sciences, a vu dans le laboratoire de zoologie delà Sorbonne mes récoltes de hannetons et mes travaux sur l'alimentation des oiseaux. Il a bien voulu approuver et encourager mes essais, et en a même parlé à M. le sénateur Bonjean, qui plus tard, dans un rapport au Sénat sur la destruction des oiseaux utiles, a cité toutes mes observations comme ayant rendu des services à la science.

Pour les vers blancs (mans), il suffit de faire suivre la charrue par des enfants chargés de les ramasser ou par des oiseaux de basse-cour et des échassiers, des vanneaux surtout, qui en sont très-avides. On a aussi employé des cochons avec avantage pour cette sorte de chasse. Quant au hanneton, le moment de l'éclosion, qui dure au plus de quatre à cinq jours, va arriver très prochainement. Il faudrait alors réunir des femmes et des enfants; faire tomber ces insectes en secouant les arbres où ils se tiennent endormis; les ramasser dans des sacs de toile, puis les faire périr en exposant les sacs au soleil ou devant le feu. Ensuite on peut les faire sécher en les étendant sur des toiles, des planches ou dans un grenier bien sec, puis les réduire en poudre à l'aide d'un mortier en bois. Celte espèce de farine de hanneton, mêlée à une pâtée de pain, de pomme de terre ou de son, devient une bonne nourriture pour élever les jeunes gallinacés de basse-cour. Elle est particulièrement recherchée par les faisans et les pintades. En outre, lorsqu'elle est ancienne, elle peut être encore employée avec avantage comme engrais. Un autre moyen de faire périr beaucoup de hannetons en peu d'instants, c'est à la nuit tombante, au moment de leur réveil, puisque ces insectes sont nocturnes, d'allumer des feux clairs de bruyère, de fougère, près des endroits où ils sont attachés aux feuilles des ai'bres. Alors ils viennent en grand nombre s'y brûler, ainsi que beaucoup d'autres espèces d'insectes nuisibles.

Dans une lecture faite à la Société d'acclimatation en 1858, j'ai dit, et je le répète aujourd'hui, que lors de l'éclosion du hanneton on en retrouve bientôt les débris dans l'estomac de presque tous les oiseaux et dans l'estomac de plus d'un mammifère carnassier, depuis le loup, le renard, le blaireau, la fouine, la belette et jusqu'à l'humble

musaraigne.

Florent Prévost,

Membre de la Société impériale et centrale d'agriculture de France.

50 MÉTHODE PRATiQUE POUR SOUSTRAIRE LES POMMES DE TERRE

BIÉTiïODE PRATIQUE

Page 1