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AUX INFLUENCES DE LA MALADIE

sans exception, étaient rentrées et conséquemment à l'abri du fléau. Malgré les expériences réitérées au vu et au su de tous, faites sous leurs yeux par des ouvriers du pays, le croirait-on? plus de la moitié des habitants ne plantent et n'arrachent qu'aux époques que nous indiquons. Nous avons hâte d'ajouter que ceux des plus intelligents qui ont adopté notre culture s'en trouvent très-bien.

Nous ne donnons pas notre procédé comme une panacée universelle, loin de là, nous le constatons et voilà tout. Notre terrain n'est pas riche, tant s'en faut, il est brûlant et sec, pendant l'été bien entendu; il est situé en plein soleil de midi, sur la côte qui domine la Seine, rive droite, et qui en épouse tous les contours sur une longueur de 20 à 25 kilomètres, depuis Triel, en passant par Meulan, jusqu'à Mantes et au delà. Mais nous ne savons si, dans les terres froides et humides, et sous d'autres climats que le nôtre, le résultat serait le même et si l'on aurait autant de succès que nous, en plantant toujours en février, et en choisissant des pommes de terre hâtives de préférence aux autres variétés tardives. Ces moyens n'étant pas plus dispendieux que les procédés ordinaires pourront être essayés et pratiqués par les propriétaires de ces terres et par les cultivateurs de ces pays. Si notre culture était adoptée partout oi!i les terres sont dans la même situation et dans les mêmes conditions cîimatologiques que les nôtres, ce serait déjà une magnifique conquête agricole, puisque, chaque année, on sauverait sa récolte de pommes de terre.

Souvent on nous a fait des objections, — car on en fait toujours et sur toutes choses, — que nous comprenons et que nous acceptons. On nous a dit : Mais vos pommes de terre précoces, dont vous vantez les avantages, donnent moins que lesautres. Cela est vrai pour les premières citées en tête de notre liste, mais, pour les suivantes, non ; au contraire, nous récoltons plus. Nous répondons en outre à ces observations judicieuses que, quand même il devrait en être ainsi, nous préférons récolter sûrement et sainement trente hectolitres, — c'est environ notre produit annuel, — que de courir la chance d'en avoir quarante, dont la moitié ou les deux tiers sont atteints de l'épidémie, comme en 1866, par exemple. D'un autre côté, l'arrachage étant fait de bonne heure, relativement, nous pouvons encore, sur l'emplacement laissé libre, faire une culture dite dérobée, en semant des moutardes, de la spergulc, du trèfle incarnat, des navets fourragers, etc., et en plantant des choux à vaches ou d'autres plantes utiles et économiques que les agriculteurs connaissent. Le tableau ci-joint fixera nos lecteurs sur l'époque de l'arrachage et sur le rendement de chacune des variétés dont nous parlons.

Tableau synoptique et comparatif pour t'année 1866.

Couleur et forme Nombre Époque Époque Hauteur

Noms des des tie de la de Poids des

pommes de terre. tubercules. loutVes. plantation, l'anaeliage. total. tij^es.

Kilog. Centira.

M.arjolin Jaunes, longs. 18 Février. 20juiUet. 4.6U8 30 à 40

Comice d'Amiens Ronds, jaunes. 18 Ici. W- 8.5G0 40 à oO

Cirassienae Jaunes, ronds. 18 Id. Id. 10.000 50 à 60

Hollande, dite de Brie Longs, jaunes. 18 Id. 22 août. 10.210 00 à 70

.Sciiaw Ronds'jauncs. 18 Id. 27 août. 13.050 70 à 80

Ségonzac ou de la Saint-Jean. Ronds, jaunes. 18 Id. Id. 18'370 70 à 80

Bossin, dite Caillaud .'. . Ronds, jaunes. 18 Id. 9 sept. 18.475 80 190

Detroismois Jaunes, ronds. 18 Id. Id. ig.U.'jO 80 à 90

Chardon Jaunes, ronds. 18 Id. Id. 9.590 80 à 100

La culture résumée dans ce tableau a été faite dans le même champ. Chaque variété était plantée à la suite. La culture, la fumure furent aussi les mêmes, et nous prîmes les dix-huit premières toufl'es de chaque lot, qui nous donnèrent le résultat que nous consignons ici. Malgré ce que l'on a dit de la pomme de terre chardon, elle nous donne chaque année moins que les autres grosses variétés, tout en recevant les mêtnes soins. Cela tient-il à la qualité peu riche du sol ? Nous n'en savons rien, mais il est probabl-e qu'il ne lui convient pas. La variété dite de trois mois, au contraire, se montre constamment plus généreuse. C'est donc, d'après ces expériences, au cultivateur à consulter plu.sieurs années de suite son sol, avant d'adopter ou de repousser une variété nouvelle de pommes de terre. Il en est des pommes de terre comme de tous les végétaux eu général; elles ont, ainsi qu'eus, leur terre, leur exposition et leur climat de prétiilection. En outre, telle variété est

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