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MÉTHODE PRATIQUE POUR SOUSTRAIRE LES POMMES DE TERRE, ETC

de bonne qualité dans une localité et laisse beaucoup à désirer dans une autre; bien que ceci soit connu, je crois devoir cependant encore le répéter, pour empêcher de se produire des mécomptes qui trop souvent arrivent en culture.

La pomme de terre, qui rend de nombreux services journaliers, peut servir à l'alimentation de l'homme et des animaux, pendant une très-grande partie de l'année, sans que ses bonnes qualités nutritives et le volume de ses tubercules en soient amoindris et éprouvent une altération sensible, si l'on prend les précautions et le^ soins indispensables que tout propriétaire doit connaître et employer. Pour obtenir ces bons résultais, il est ni^cessaire de veiller à leur conservation pendant l'hiver, c'est-à-dire depuis le moment de l'arrachage jusqu'à celui de la plantation, et même jusqu'à la récolle nouvelle. On devra, en outre et toujours, préférer les variétés qui possèdent la faculté, rare et précieuse de rester six mois, et souvent plus longtemps encore, dans les conservatoires, sans que leurs tubercules en souffrent, par suite de l'émission désastreuse de nouveaux bourgeons, qui ne tardent pas à s'y développer, si l'on n'y prend garde, et qui finissent par les épuiser pendant cette trèslongue période.

Nous avons le projet de réunir et de former une collection de pommes de terre, hâtives, à l'exclusion des tardives; pour parvenir à notre but, nous venons prier nos collègues et confrères de nous faire connaître celles qu'ils possèdent et que nous n'avons pas. Nous engageons aussi les semeurs de tous les pays à mettre Je côté et à porter particulièrement leur attention sur les variétés nouvelles, précoces, productives et de bonne qualité; ces trois dernières conditions sont essentielles pour la succès de notre entreprise. Et enfin, nous invitons tous les cultivateurs à faire, s'ils le peuvent, leur plantation en février et de ne planter que des pommes de terre hâtives. Ce faisant, ils auront comme nous, chaque année, la satisfaction de rentrer leurs tubercules en cave ou en cellier, sans en avoir un seul de malade.

BossiN, Propriétaire à Hannencourt, par Meulan (Seine-et-Oise).

LA POîlME DE TERRE DE NORVEGE.

Nous venons de recevoir dfes pommes de terre de Norvège. Nous les avons goûtées, après les avoir soumises à trois modes de cuisson difiérents, et nous devous" dire qu'elles ne rappellent en rien celles que nous avons mangées si souvent dans toutes les contrées de la Norvège et auxquelles les voyageurs étrangers ont rendu justice avec tant d'unanimité. Si la totalité du chargement que nous avons fait venir était semblable, nous ne pourrions en éprouver qu'un bien vif regret, car, sauf une petite saveur faiblement sucrée, nous avons retrouvé la pomme de terre ordinaire. Toutefois, la question de rusticité resterait toujours entière et devrait être complètement réservée.

. Sont-ce les gelées très-rigoureuses de cet hiver qui ont altéré sur les lieux les qualités gustuelles des tubercules ; ou bien le baril dans lequel nous avons puisé n'est-il qu'une exception? C'est ce que nous ne saurions dire, et nous prions instamment ceux des agriculteurs avec lesquels nous sommes ordinairement en correspondance, de vouloir bien, à l'occasion, nous faire part de leurs observations.

Nous n'avons dit que la vérité au sujet de la pomme de terre norvégienne et de ses qualités exceptionnelles; et si le hasard ou des circonstances de force majeure ont été contre nous, nous recommencerons, mais en faisant personnellement un nouveau choix, dès quexela nous sera possible. Insistons, en terminant^ pour qu'il ne soit rien préjugé, quant à présent, contre la rusticité qui est, au fond, le point principal.

Les deux envois de pommes de terre étant venus par deux voies ditïérentes, nous n'avons pas encore le décompte des frais de transport et autres du dernier envoi. C'est par cette raison que le prix de revient général n a pu être établi. Dès que ce travail sera terminé, avis en sera donné à toutes les personnes entre lesquelles les deux envois auront été répartis *• F. Rohart.

1. M. Rohart a distribué entre les premiers qui les lui avaient demandées les pommes de terre renfermées dans les 32 barils venus par Boulogne. Les 100 barils venus par Altuna sont en route; c'est sur eux que sera pris ce qui nous est destiné et que nous distribuerons gratuitement. J.-A. B.

Cher Directeur,

Parles articles aussi remarquables par la forme que par le fond, puWiés dans les derniers numéros du journal, sur la pisciculture, par M. de la Blanchère, celui du 5 février émet une pensée sur laquelle le jeune et aimable pisciculteur permettra à un ancien dans la carrière de dire deux mots.

Vidé ce détail, qu'il sache que personne mieux que nous ne fera des vœux sincères pour le succès et la continuation de ces dignes et charmantes étudos.

(t II est fâcheux de voir la France tributaire de l'étranger pour le repeuplement K des eaux; quand donc la France auia-t-elle fait sou éducation? » y est-il dit. Des faits ignorés sans doute de l'auteur répondent suffisamment à cette préoccupation.

N'ayant pas l'honneur d'être d'une Société impériale.... d'approbation, et cela, les lecteurs qui s'intéressent à la pisciculture le savent assez par 1 Encyclopédie que publie en ce moment même MM. Mol! et Gayot, nous n'en sommes pas moins obligé de rendre sur ce point pleine justice au régime actuel.

La justice se doit à tous et surtout à ceux dont on ne partage pas les principes. Nous n'hésitons donc paS à reconnaîlre qce cette idée de l'importation des œufs et de l'exploitation des frayères naturelles de ses voisins est le chef-d'œuvre de la pisciculture de l'Empire.

Il y a plus de dix ans qu'un article publié par nous dans un journal dont, cher directeur, vous commenciez à édifier l'européenne réputation , soUicilait à propos d'un arrêté préfectoral les mesures qu'une décision ministérielle du 19 octobre 1863 est venue confirmer à cet égard Interdiction absolue de la pêche en temps de frai et liberté et protection des poissons durant leurs amours, y avions-nous demandé.

Les Gros- Jean de la pisciculture officielle préféraient sans doute voir les citrouilles croître sur les pommiers; quant à nous, notre humble avis fut toujours autre. Depuis plus de quinze ans, le progrès de la pisciculture par les frayères naturelles n'a cessé d'être notre objectif. Hors de là, nous ne connaissons que déceptions, qu'histoires de pisciculture impériale, de science ou d'amateurs; or l'amateur résout rarement une question économii|ue. M. de la Blanchère serait certes le premier à en reconnaître l'importance et l'à-propos s'il avait connaissance du iolle que cette décision ministérielle, qui exceptait la Bidassoa et le Rhin, provoqua à l'étranger. Les Basler Nachrichten s'en donnèrent surtout k co?ur joie sur ce cher voisin qui voulait en tout tenir la pointe de la civilisation (textuel); mais comment?

La France achète chez nous, disaient-elles, quatre millions d'œufs annuellement, truites, saumons, ferras, pour son établissement d'Huningue. Quatre millions d'œiif-;, c'est deux millions de jeunes ou environ un million de livres de poissons que le gouvernement nous paye généreusement de 40,000 à 50,000 francs. Or, un million délivres de truites ou saumons à 2 fr. 50 la livre, c'est 2,500,000 fr. Voilà dix ans que dure la spéculation (l'article était de février ISGk), c'est donc un tout petit impôt de vingt-cinq millions que nous avons payé à nos chers voisins, sans nous en douter.

Donc nous savons maintenant pourquoi le Rhin a été excepté de la décision du ministre. Avaient-ils tort ces bons et libres Suisses au milieu desquels nous vivons depuis de longues années? M. le ministre leur gazait peu la chose, mais aussi leur réponse ne se fit pas attendre. Plusieurs cantons répondirent sur le même ton et de ce jour fut posée, non la ques ion suisse, mais la question de la pisciculture dans les États confédérés, spécialement dans les cantons français où les sociétés d'agriculture s'en occupèrent activement.

Cette question de Y exploration et de V exploitation des incomparables frayères naturelles de la Suisse et de l'Allemagne est l'œuvre d'un modeste conducteur du canal du Rhône au Rhin, nommé Hummel. Qui pense aujourd'hui à ce pauvre employé dont l'idée pour nous a lancé en France la pisciculture ?

Rémy, dS.ns la vallée de Saint-Amarin ; Guillou, le lamaneur de Goncarneau ; Hummel, le créateur d'Huningue; des petits, des humbles encore là, comme dans tant de choses, à la base de ces grandes questions scientifiques et sociales ! Nous qui avons hérité et profité de leurs travaux, nous au moins ne les oublions pas.

Gomment se procure-t-on donc maintenant ces œufs qii'Huningue expédie sur demande; il doit se passer par là des choses fort intéressantes sur lesquelles il ne nous appartient pas, à nous Français, de trop insister. Parlons-en le moins et le plus Las possible, en laissant faire ceux que nous payons pour cela, malgré les soins dévoués et ractivilé que les étrangers mettent, dites-vous, à nous les fournir. Sur ce point croyez-m'en sur parole. Quand donc la France aura-t-elle fait son éducation ?

Ici nous ne voulons nullement soulever une question de sous et deniers, mais cependant nous prierons M. de la Blanchère, lui qui est si bien placé pour cela, de nous faciliter les moyens de la faire, cette éducation.

Eh 1 qu'importe qu'Huningue ait éventré son million. Aujourd'hui c'est de l'histoire. Pourquoi récriminer? Il est cependant bon que l'on sache qu'ici il y a, sur les bords du lac de Zurich, un petit Huningue, à Meilen, qui, moyennant une subvention de mille francs par an, jette bon an mal an 300,000 traitons dans les eaux du canton. Si Dieu nous prête vie, nous raconterons un jour dans ce recueil les éton-nants résultats obtenus par l'énergie, la persévérance et l'intelligence si pratique du directeur de cette utile création, M. Freimann.

Ce que nous prierons M. de la Blanchère de demander à la pisciculture officielle qui, tous les ans, par la plume d'un de ses ingénieurs, nous donne des rapports si pompeux, ce sont les résultats pratiques des millions, je dis des millions, dépensés pour la pisciculture fluviatile ?

Le temps des ablettes de la Sprée et des lien-sti-iu envoyés de Chine , sur lesquels M. Moigno conseillait aux agriculteurs {Cosmos, novembre 1861) de fonder de si grandes espérances, doit être passé et d'un passé sans retour.

Quels faits physiologiques ou économiques nous apporte-t-on sur la question encore si obscure et si curieuse du grossissement des espèces d'eau douce? Quelles sont les expériences faites ? A-t-on seulement songé au brochet, dont toute l'existence serait presque un x à notre raison? Brochet, tanche, carpe, ces poissons populaires de la France et qui sont, nous dit l'analogie, la personnification de tout son passé. Y a-t-on songé ?

Où en est-on avec la jolie ferra; que deviennent ces millions d'œufs entrant annuellement à Huningue et sur lesquels un rapport célèbre du '24 octobre 1860 nous a fait de si belles promesses. Après six ans, en demander la suite, serait-r.e être trop exigeant? Nous savons les prérogatives du droit au silence ; mais enfin 1 bref, voilà quinze ans qu'on esta l'œuvre : où sont les faits?

Telles seraient les questions que nous aimerions -voir ]msot, pour noire éducation, par la jDlume compétente à laquelle nous avons le sincère plaisir d'adresser ces mots.

Ghabot-Karlen, Propriétaire à Thun (Suisse), ox-régisseur de la pisciculture d'Huningue.

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