ÉTUDES DE M, DE HERMANN SUR LES RÉCOLTES DE DIVERS PAYS
le royaume, » en comprend deux; le sixième, i culture et rapport des cinq principales espèces de céréales en tout et par journées de travail dans les cercles et dans leroj'aume pendant les années 1810 et 1812, avec déduction des parties de territoire cédées plus tard à l'étranger, » en comprend un; le septième, « réduction en Bchaeiîel de seigle des cinq principales espèces de céréales, » en comprend un ; le huitième, « rapport des pommes de terre, » en comprend deux ; le neuvième, « récolte disponible, abstraction faite des semences dans les cercles et dans le royaume, de céréales et de pommes de terre, réduite à mille schaefiel de seigle; leur 'emploi en schaeffel de seigle par journée et par travailleur, » en comprend un; le dixième, « essai sur la distribution de la récolte disponible de céréales et de pommes de terre de l'année 1863, dans les cercles et dans le royaume, pour la nourriture des hommes, en tout et par tête, et aussi pour celle des animaux, pour la fabrication de la bière, de l'eau-de-vie, avec le compte, par rapport à mille habitants, des vaches, moutons, porcs, que l'on comptait dans l'année 1863, » en comprend un; le onzième, « rapport des terres labourables, des prairies et du bétail par journées, » en comprend huit; le douzième, « exploitation des forêts, i> en comprend un; le treizième, a comparaison des salaires des travailleurs dans les districts du royaume de Bavière pendant les années 1853 et 1863, » en comprend un ; le quatorzième, « les récoltes de céréales et de pommes de terre, en Allemagne et dans d'autres pays, exprimées en mesures bavaroises, » en comprend deux.
Ces groupes de tableaux, naturellement formés sous chacun' des titres, nous permettent d'embrasser d'un seul coup d'œil l'état de l'agriculture en Bavière dans chacun.e de ses parties. Chaque série de tableaux nous présente une série de questions différentes toutes résolues avec la même clarté, la clarté irréfragable de chiffres que personne ne peut contredire. Tous ces tableaux sont divisés en colonnes verticales et horizontales. En tête des colonnes verticales se trouvent les choses dont il s'agit, par exemple : blé, orge, avoine, prairies, terres labourables; au commencement des colonnes horizontales sont les noms des cercles, des contrées, des villes, des districts auxquels se rapportent les chitïres inscrits dans les colonnes verticales. Celte simple disposition nous montre à la fois l'état de la Bavière tout entière et celui de chacune de ses parties. Nous allons étudier quelques-unes de ces séries, celles qui nous paraissent présenter le plus d'intérêt dans une question aussi intéressante.
(La suite prochainement.) Masqcjeray.
i)e toutes les questions posées dans l'enquête agricole, la plus grave, la plus décisive pour l'avenir de l'agriculture, est sans contredit celle relative au crédit. Il est impossible de ne pas reconnaître l'infériorité où nous sommes sors ce rapport comparativement au commerce et à l'industrie, puisqu'on l'état des chcses il n'existe aucun moyen de se procurer les fonds nécessaires à nos besoins les mieux justifiés. Avec toute la bonne volonté du monde, le gouvernement a autorisé, il est vrai, la fondation d'une banque dite agricole, qui, passant par la filière déjà si restreinte du Crédit foncier, arrive à puiser quelques fonds à courte échéance dans les caves de la Banque de France. Mais, nous le demandons à quiconque tient le manche d'une charrue, quels sont ceux d'entre nous qui profitent de ce moyen si exigu, si minime, quand on songe à la pénurie de l'immense majorité des cultivateurs ? Et, cependant, faute de pouvoir nous bien monter en bestiaux, faute d'acheter en temps utile les engrais complémentaires que le commerce ne nous livre souvent qu'au comptant, nous restons impuissants à soutenir la concurrence des produits étrangers, et nos souffrances sont assez notoires pour que tout le pays s'en soit ému !
Certes, quand on y réfléchit, c'est une position singulière que la nôtre : Nous avons entre les mains la valeur la plus réelle et la plus réalisable, puisque ce sont des matières de première nécessité, et pourtant, jusqu'ici, aucune combinaison financière n'a placé à notre portée des moyens de crédit dont nous aurions souvent SI grand intérêt à nous servir. Depuis l'époque où le commerce et l'industrie ont pu, grâce à la Banque de France, se procurer des capitaux, pour ainsi dire, à vo-
lonté, les affaires industrielles et commerciales ont centuplé, au grand profit de ceux qui y appliquent leur temps et leur intelligence. Ceci est parfaitement juste et l'on doit applaudir à de si magnifiques résultats ; ils ont rejailli, n'en doutons pas, sur l'ensemble de la fortune publique sans même en excepter 1 agriculture. Mais, s'il a été possible d'arriver à ce qu'un commerçant n'ayant à lui que dix mille francs, travaillât avec un capital de cent mille francs, et cela par le seul effet du crédit que lui donne son honorabilité, comment se fail-il qu'un cultivateur tout aussi honorable ne puisse trouver à emprunter, non pas dix fois sa mise, mais la moitié ou même le quart de tout son avoir? Gomment expliquer cette criante anomalie dans un temps où tous les esprits sérieux cherchent de bonne foi à être utiles au plus grand nombre ?
Faut-il donc désespérer de trouver un rouage, une combinaison , comme nous l'appelions à l'instant, qui fasse que l'agriculture ait aussi sa Banque de France ou l'équivalent ? Nous ne le pencons pas, pourvu que l'on sorte de ce cercle vicieux où l'on a tourné jusqu'ici. Sans doute le régime du commerce, en matière de crédit, ne saurait nous être appliqué ; l'engagement à coui'te échéance, au lieu d'être un bienfait pour le cultivateur, deviendrait une cause de ruine ; il n'est pas nécessaire, non plus, qu'il emprunte des sommes plus considérables que son capital: ce serait le convier à des spéculations qui ne sont pas de sa compétence ; mais il faut qu'il puisse au besoin se procurer un crédit équivalent à la moitié de son avoir immobilier avec un délai suffisant pour rembourser. Telles sont les deux conditions fondamentales ; et quand l'on parviendra à. leur trouver une solution pratique, alors seulement il y aura en France un véritable crédit agricole.
Maintenant c'est à chacun de' nous h. chercher cette solution soit dans nos propres lumières, soit en provoquant le concours des hommes les plus éclairés en matière de finances et de législation. Et comme, étant donnée une valeur aussi facilement appréciable que les biens ruraux, il nous sera toujours loisible d'offrir au crédit qui nous serait offert, les garanties suffisantes pour le recouvrement des sommes qui nous seraient prêtées.
Or, il ne faut pas se le dissimuler, ce ne sera pas en restant dans les sentiers battus, que l'on trouvera un levier assez puissant pour satisfaire aux immenses besoins de l'agriculture. L'expérience nous ayant prouvé qu'aucun des établissements actuels ne fonctionne utilement pour elle, ce sont d'autres idées qu'on doit étudier, au risque de passer pour des novateurs trop osés et même de blesser quelques intérêts. Pour ne citer qu'un exemple, M. David (de Gholet^, un de ces chercheurs intrépides et persévérants, a imaginé tout un système de Banque territoriale destinée principalement à la liquidation générale de la dette hypothécaire , mais dont les larges proportions rempliraient très-facilement, en outre, le but que nous nous proposons d'atteindre. Voici, très-succinctement^ du reste, comment il entend opérer.
Des propriétaires s'associent entre eux pour affecter leurs immeubles libres de toutes autres charges, à la garantie d'un papier fiduciaire , billet de banque au porteur et ne portant pas d'intérêt. Ils prêtent ensuite ces billets, créés sous le contrôle de l'Etat, moyennant le faible intérêt de 4 pour 100, net de tous frais et commissions, à d'autres propriétaires qui en font la demande, et jusqu'à concurrence de moitié de la valeur libre des biens que les emprunteurs offrent eux-mêmes en garantie.
Le bénéfice des associés prêteurs, les véritables fondateurs de cette vaste entreprise, est le partage entre eux delà moitié des intérêts du capital émis, soit 2 p. 100. L'autre moitié des mêmes intérêts est abandonnée à l'Etat pour l'indemniser de tous droits d'enregistrement, irais de contrats, d'hypothèques, etc.
Maintenant si l'on compare la solidité des billets d'une banque ayant sa base, on peut le dire, dans le sol que nous cultivons, avec ceux de la Banque de France, la balance penchera pour les premiers, car ils reposeraient sur une triple garantie hypothécaire ; le moins donc qui leur arriverait, serait de jouir de la même faveur de circulation que leurs devanciers comme signes monétaires.
Pour compléter l'ensemble de ce résumé, nous devons ajouter qu'au moyen d'un fonds d'espèces métalliques fourni par l'Étal, si intéressé au succès d'une combinaison qui donnerait à l'agriculture un si grand essor, les billets de la banque territoriale seraient toujours échangeables contre espèces, et ne seraient jamais soumis au ceurs forcé.
Sur ce simple exposé et en admettant la réussite de la banque territoriale, on voit tout de suite quel parti l'agriculture devrait retirer de cette institution, et comme il serait facile, après son établissement, de greffer des moyens de crédit en faveur des cultivateurs non propriétaires, dont les intérêts ont tant de solidarité avec l'améHoration du sol. Et puis si l'on songe : que la petite culture tout entière possède le champ qui la fait vivre ; que l'on peut en dire presque autant de la moyenne culture , il n'y a pas d'exagération à croire que la clientèle d'une pareille banque se composerait de l'immense majorité de ceux dont les labeurs font la force et !a puissance du
On se plaint avec raison que l'usure est le plus grand fléau de nos campagnes, on gémit de la détresse où languit l'agriculture à côté de l'opulence de ses frère et sœur, le commerce et l'industrie ; la cause première, n'en Joutons pas, de cet état de malaise, est que nous manquons de ce puissant levier : le véritable crédit agricole, celui qui sera à la terre comme l'autre est au négoce.
Et notez ])ien que tout le monde profiterait de ce nouvel état de choses, car, du jour où nous aurions aussi notre signe monétaire accepté comme argent, les salaires actuels qui nous paraissent si élevés eu égard k la condition restreinte où nous nous trouvons, pourraient augmenter encore sans trouble pour nous et nous aurions moins à redouter l'émigration vers les grandes villes.
Telles sont les réllexions que nous suggère l'idée de M. David (de Cholet). Pas plus que toutes les autres conceptions humaines, elle n'est certes à l'abri de la critique. Cependant, nous osons l'affirmer, elle mérite à tous égards d'être étudiée par l'agriculture et la propriété rurale que la dernière enquête a provoquées à dire leurs griefs. On ne peut nier que nous n'avons aucun crédit réel fonctionnant régulièrement et généralement au profit de la terre et de ses nombreux travailleurs : cherchons donc, de bonne foi, s'il n'existe pas de remède; que tous les hommes de bonne volonté, qui étudient ces graves questions à notre point de vue, apportent leur contingent de savoir et d'expérience; de cette entente surgira une solution pratique au problème d'où dépend notre avenir !
Mayre , Auï Boulayes par Tournan, le 26 décembre 1866.
En France et principalement en Normandie, au grand détriment de la qualité du foin, on fauche les prés beaucoup trop tard, surtout ceux à une seule coupe. Par crainte d'exposer les andains à trop fondre au fanage, on n'attaque les herbes qu'au moment de leur complète maturité : un argument plus spécieux que solide à l'appui de cette pratique générale, ccst que la graine des plantes coupées mûres enlrctienl V engazonncment du sol. Si on traitait les prairies javec moins d'indifférence, si on les visitait en d'autres temps que celui de la récolte, si au moins tous les deux ans on leur fournissait, suivant besoin, tantôt un peu d'engrais fertilisant, tantôt un peu d'engrais stimulant et tantôt du calcaire; plus tard, quand elles tendent à se dédire, si entre deux ■\igoureux hersages au printemps ou à l'automne, on y projetait quelques kilogrammes de bonnes graines appropriées à la nature du terrain; enfin, quand malgré tout elles sont usées, sans plus attendre, si on les rompait et si diu'ant quelques années on les mettait en cultures diverses, puis, après une certaine période, si on y réintégrait des graines, sous peu, à la place de la plus ou moins pauvre paille de foin que nous en tirons, sous peu nos prés impunément fauchés dès la fin de juin, nous donneraient en abondance une denrée aussi succulente qu'aromatisée dont
nos bestiaux dévoreraient avidement jusqu'au moindre fétu; de plus, pour peu qu'il survienne de pluie, dès la fin de juillet jusqu'en novembre, ils se convertiraient en pâturages aussi sains que riches pour les bêtes de rente, d'engrais et d'élève. Mais non-seulement nous ne tirons point de nos prairies naturelles tout ce qu'elles pourraient nous rendre en qualité et en quantité, non-seulement nous emmagasinons aussi mal que coûteusement nos foins trop mûrs dont les graines, soit en tombant directement des rations au moment de l'administration, soit après avoir traversé impunément le canal digestif des animaux, viennent se mêler aux fumiers et contribuent tant à salir les terres de labour; bien plus, nous ne nous occupons aucunement de les soustraire à la moisissure si préjudiciable à la santé et aux divers rendements de nos différents herbivores. Combien, en effet, nos chevaux et nos bœufs de travail répondraient mieux à nos vues et dureraient davantage avec des foins non poudreux et de goût pur ! Quelle qualité supérieure acquerraient le lait de nos vaches et ses divers produits, si les rations de ces bêtes avaient moins perdu de leur bonne saveur primitive ! Plus de lait bleu, plus de lait rouge, en un mot plus de lait vibrionné, avec des fourrages et des pâtures irréprochables !
Dans la petite culture, si par la force des choses le fauchage, le fanage et le l'âtelage à la main, malgré le haut prix des salaires, peuvent encore faire quelque temps résistance à la faucheuse, à la faneuse et au râteau à cheval, de son côté le mode actuel de boltelage ei d'emmagasinement, aux yeux des cultivateurs un tant soit peu progressistes, assurément ne saurait désormais longtemps encore conserver la moindre raison d'être. Convertir toute la récolte fourragère d'une exploitation en balles semblables aux balles de laine et de coton que nous expédie l'Amérique, la réduire par quantités de vingt-cinq, cinquante ou cent kilogrammes et même plus, au quart de son volume en bottes, en même temps que la soustraire au contact de l'air qui en entraîne l'essence volatile et aux pernicieux effets de l'humidité atmosphérique, tel est le résultat aussi important que facile à obtenir au moyen de légères modifications peu coûteuses opérées à la pressé portative, actuellement partout eu faveur pour la fabrication du cidre et du vin (sans nul préjudice à la destination première de cette machine). A cet effet, on devra :
1° Afin de la rendre transportable, l'asseoir sur un train à quatre roues hautes de 50 à 60 centimètres au plus. (Quatre ou cinq baliveaux de rebut en essence de chêne, orme, frêne ou hêtre représentent grandement la matière nécessaire pour le train, les limons et les montants);
2° Au pied de l'arbre-vis et à chaque extre'mité de la ligne dont il représente le point central , pratiquer une mortaise carrée pour recevoir le fort tenon d'un montant ;
o° Au centre et à l'extrémité de chacune des deux pièces de bois qui consolident et forment les bords de la table, pratiquer également trois pareilles mortaises visà-vis les mortaises centrales et destinées à recevoir aussi chacune le tenon d'un montant;
4° Disposer neuf forts montants de dix à douze centimètres d'équarrissage, hauts de 2 mètres à 2™. 50, inférieurement taillés en tenon proportionné aux mortaises du tablier. (En remplaçant le montant du centre par deux beaucoup moins matériels montants en fer, plantés l'un à droite, l'autre à gauche de l'arbre-vis et doublés chacun d'une solide planche fixée à rivets, on conserve la régulière disposition parallélogrammique de chacune des deux cases à foin et on évite que
le flanc des balles vienne se souiller au contact de la graisse nécessaire au libre jeu du cbapiteau-écrou sur l'arbre);
5° Relier supérieurement entre eux les montants au moyen de tringles en fer terminées en crochet aboutissant à un piton pour conjurer leur écartement et la fatigue des tenons durantla construction des balles en édification, telle est la première disposition de l'appareil;
6° La table de la presse se trouvant ainsi divisée en deux parties égales, d'un autre côté la disposition des montants nécessitant l'heureuse obligation d'établir et de presser deux balles à la fois, deux plateaux distincts sont indispensables. Chacun de ces plateaux assez épais et formés de deux ou trois pièces réunies par de bonnes traverses, doit être pourvu à sa face inférieure de trois rainures proîondes et correspondant à chacun des montants pour le passage des liens ;
7" Les deux premiers chantiers de pression, c'est-à-dire les madriers libres destinés à être posés sur chaque plateau, doivent être de longueur proportionnelle à la largeur des plateaux ; les autres chantiers plus petits ou d'entrecroisement, le chapiteau-écrou, ses anses ou oreilles et les leviers de pression sont les mêmes, ils s'agencent et se manœuvrent tout absolument comme pour le pressurage de la pomme et du raisin;
8° Quant au mode de fonctionnement, il est aussi simple qu'expéditif : la machine amenée au pied du meulon à emballer, les montants adaptés chacun à leur mortaise respective et reliés supérieurement par les tringles, on commence par étendre les trois liens nécessaires pour chaque balle, transversalement à l'axe de chaque case, leur œillet flottant au pied de chaque montant externe et leur autre extrémité accrochée au sommet de chaque montant interne à dessein pourvu d'une pointe en fer à demi enfoncée au fond d'une réserve prati-c(uée à la gouge ;
9" Le tout ainsi préalablement bien disposé et adapté, les ouvriers se mettent à converlir en roulons bien durs et de longueur proportionnelle au bâti de chaque compartiment de la presse, le foin qu'ils prennent par brassées en tas ; ces roulons, du poids de cinq à six kilogrammes (poids approximatif de la botte ordinaire), doivent être longitudinalement couchés e; fortement empilés entre les montants ; leurs extrémités seront proprement retroussées. A volonté, les balles peuvent être de huit à dix lits de roulons superposés et même plus, si la hauteur des montants le permet.
10° Répandre 40 à 50 grammes de sel pulvérisé fin entre chaque lit de roulons, est un usage approuvé par la bonne hygiène et par tous les bons praticiens.
11° La quantité voulue de roulons une lois superposée, tassée et pressée aussi ferme que possible, un ouvrier monté sur une petite échelle couvre chaque case à foin de son plateau respectif que lui présente un camarade; ensuite tour à tour il superpose les chantiers suivant l'ordre dicté par leur dimension, puis le chapiteauvis, puis tout le monde se met aux leviers et les manœuvre à toute force, sans secousses et sans saccades toutefois ;
12° La pression arrivée à point voulu, un homme plonge alternativement sous chaque rainure inférieure de chacun des plateaux, une dague en fer pourvue à son extrémité d'un trou dans lequel un aide introduit le bout supérieur du premier-lien qu'il détache de son crochet; ce bout, facilement et promptement ramené au moyen de la dague le long de la rainure du plateau, est immédiatement fixé par un nœud en rosette à l'œillet de l'extrémité flottante, ainsi que pour chacun des deux autres liens de cette première balle et de chaque lien de toutes les autres. Ces liens, de longueur proportionnée au volume des balles qu'on veut établir, peuvent consister en lin grossier, en chanvre commun, en aloës, ou bien en écorces diverses, voire même en gaulis d'osier bien tordu. La balle terminée, on la culbute sur le pré, on en ébarbe le pourtour et on passe à l'édification d'une autre.
En résumé :
1° L'emballage du foin est d'une exécution plus prompte, et partout plus économique que son bottelage ;
2° Les balles sont plus promptement chargeables que le nombre de bottes qu'elles représentent;
3° On va également plus vite à les décharger et à les emmagasiner;
4° Elles exigent des bâtiments beaucoup moins spacieux;
5° Elles conservent à la durée tout son arôme, tous ses sucs volatils ;
6° Elles favorisent l'intégrale absorption des molécules salines par les fibres du foin;
7" Au déballage, les roulons bien qu'aplatis, restent distincts et sont aussi faciles à distribuer que les bottes ordinaires;
8° Enfin la veule au commerce et le transport sont d'une facilité qu'est loin d'offrir le foin bottelé.
A n'en pas douter, tous ces incontestables avantages fixant bientôt l'attention des cultivateurs amis de leurs intérêts et des progrès, en même temps que du bien-être de leurs animaux, l'emballage du foin ne tardera pas à faire reléguer parmi les vieux usages en désuétude l'habitude surannée du bottelage et surtout durentrage en vrac.
Félizet,
Vétérinaire à Elbeuf.
SUR L'xVLIÉNATION DES FORÊTS COMMUNALES.
Il y a peu de temps, l'opinion publique, en France, a été vivement émue par la pensée que le domaine forestier de l'Etat pourrait être diminué. Tous les propriétaires de bois et toutes les personnes pouvant apprécier l'importance de cette question, l'ont étudiée avec attention et ont prêté l'appui de leur influence à sa solution. Un membre du Corps législatif, M. Chevandier de Valdrôme, a défendu > devant la Chambre, de l'autorité de sa parole et de son savoir, les intérêts considérables qui s'y trouvent engagés. Pensant que les lecteurs du Journal de V Agriculture s'intéressent à toutes les questions qui se rattachent à l'agriculture nationale, dont la sylviculture n'est qu'une branche, je viens soumettre à leur examen quelques considérations concernant les bois et forêts des communes et des établissements publics qui forment une partie importante du domaine forestier de la France.
L'étendue totale des bois et forêts tant de l'Etat, des communes et établissements publics que des particuliers, en France, est d'environ 10,000,000 d'hectares. L'Etat en possède à peu près 1,800,000 hectares, les communes et les établissements publics 2,000,000, le reste appartient aux particuliers. Ainsi l'étendue des bois et forêts des communes et des établissements publics constitue un cinquième du sol forestier en France,
Par suite de la prévoyance de la loi, les forêts des communes et établissements publics se trouvent à l'abri des inconvénients résultant des expluitutions inconsidérées et trop rapprochées; généralement elles sont aménagées en vue de la production de bois de grandes dimensions et l'industrie française y trouve de grandes ressources pour la plupart des usages. Au point de vue donc de l'intérêt général, la conservation de la propriété forestière entre les mains des communeset des établissements publics est une chose avantageuse, et il serait à désirer que les détenteurs ne cédassent pas à l'entraînement qui paraît s'être emparé de tous, de convertir les biens-fonds en capital numéraire afin d'augmenter leurs revenus et leurs dépenses. On pourrait toutefois objecter que, malgré la juste prépondérance accordée aux considérations d'intérêt général sur celles de l'intérêt local ou particulier, il serait cependant dur, pour les communes et les établissements publics, de ne pouvoir