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CHAMP D'EXPÉRIENCES DE VINCENNES

Rendement à l'hectare ■ — Récolte séchce au soleil

1861. Blédeman

Froment.

Pois.

Entrais Eiij^rais coniplel. minéral

Engrais Engrais :omplel. minéral.

Paille..

Graine .

Kil. Kil.

Paille.

Graine

Kil. Kil.

1862. Blé de mars.

Paille.. 3,%0 3,230 Paille.. 3,930 3,680

Graine. 1,900 1,520 Graine. 1,690 2,010

5,850 4,750 5,620 TfiJû 1863. Blé d'automne.

Graine .

6,941 3,7.=iO

3,003 Paille.. 2,180 1,287 Graine. 700

1864. Blé d'automne.

Paille. .

Graine .

2,300 Faille.. 3,000 1,060 Graine. 1,370

Froment.

Froment.

Engrais Engrais Engrais Engrais

complet, minéral. complet, minéral

Kil. Kil. Kil. Kil.

1852. Paille 4,239 2,187 1853. 4,156 2,268

— Graine 1,812 1,169 — 1,516 666

1854. Paille 6,172 2,793 1855.4,487 2,012

— Graine 3,278 1,720 — 2,348 1,279

1856. Paille 4,982 2,299 — Graine 2,.'i34 1,342

7,516 3,641 Féveroles.

Engrais Engrais complet, minéral.

Kil. Kil.

Engrais Engrais complet, minéral Kil. Kil.

1847. Paille 2,019 2,179 1848. 1,419 1,704 — Graine 1,627 1,887 — 1.670 2,036

3,646 4,066 Trèfle.

1849 9,550 kil.

9,625 kil.

ture des choux est une exception insignifî.inte qui, d'ailleurs, n'a rien de commun avec la grande culture proprement dite. Dans tous les cas, les comparaisons que fait M. Ville à l'égard de l'emploi du plâtre, du sulfate de potasse et des biphosphates, n'ont pas le moindre fondement et sont sans rapport avec ce qu'il conseille de faire, attendu que personne n'a jamais proposé aucun de ces produits pour en faire la base exclusive des fumures, et qu'il est bien différent de se borner à un emploi passager de ces matières ou de les employer indéfiniment. Cela est si vrai, qu'en continuant à plâtrer, chaque année, les prairies, on leur faille plus grand mal.

Quant au mélange de nitrates et de phosphates, conseillé par M. B;irral, avec addition d'une quantité déterminée de plâtre, qu'y a-t-il Jonc là d'extraordinaire? Comment, M. Ville vante l'efficacité du plâtre, il conseille et emploie Kii-mêmeles phosphates et les nitrates, et il trouve là quelque chose à reprendre contre M. Barrai, qui a conseillé d'employer les mêmes substances! Est-ce que c'est là de la discussion sérieuse? M. Ville est-il bien sûr, d'ailleurs, que sa formule vaut mieux quecelle de M. Barrai? A-t-il expérimenté comparativement? A-t-il des résultats à présenter? Aucun; mais cela ne l'empêche pas de conclure systématiquemenl contre tout ce qui n'est pas lui. — R.

(27) Je complote celte citation en ajoutant que, quand M. Ville parle de prédominantes et de fonctions prédominantes, il ne nous montre là que de grands mots, car les faits que ces mots expriment, c'est-à-dire l'action particulière de chacun des agents auxquels il a recouFs, comme aliment végétal, a été parfaitement définie par M. Boussingault, bien avant qu'il ne fût question des travaux de M. Ville. — R.

(28) Nous n'avons que trop bien vu et trop bien compris, et nous allons le prouver dans un instant. — R.

1. Je n'ai pas besoin de rappeler que dans les tableaux qui suivent, l'engrais minéral diffère de rengrais complet par la suppression de la matière azotée. — V.

(29) Jamais nous n'avons nié qu'il y eût, dans l'ensemble des travaux de iU. Ville, des expé-

Si je ne craignais d'abuser des citations^ je rapporterais encore le tableau, de la sixième conférence comprenant les rendements obtenus avec le colza, la betterave, la pomme de terre et les haricots (pages. 348 et 349), lesquels figurent également en partie dans la quatrième conférence, page 239. Je le répète, monsieur, tout cela prouve que vous n'avez pas lu les conférences de Vincennes, ce que vous avouez d'ailleurs avec un sans-façon qui exclut de votre part la conscience de la gravité du fait (voir note 8, page 25). Je me rappelle très-bien que lorsque vous êtes venu me voir, frappé de l'insuflisance et du décousu de vos connaissances sur ces matières, je vous avais donné le conseil de lire d'abord le résumé de mes conférences par M. Jonlie, à titre de préparation, avant de passer à l'étude des questions par ce détail. Vous avez trouvé plus commode de vous en tenir au résumé ; à la rigueur, ce procédé pourrait se comprendre s'il se fût agi d'une étude pour vous seul ; mais du moment que vous vouliez y associer le public et vous élever au rang d'arbitre et de juge, vous aviez d'autres devoirs à remplir" (^j. — Ab! laissez moi croire, monsieur, qu'en matière commerciale, vous y mettez plus de scrupules ! Passant à l'analyse du sol, vous me faites encore sur ce point une querelle qui tient à la même cause, à ce que vous ne m'avez pas lu. Aussi laisserai-je de côté tout ce qu'il y a de personnel dans vos observations, pour aller droit à la critique que vous faites de la méthode et de sa nouveauté. Vous attribuez à M. Bobière l'inveution de la méthode. Il faut que ces matières vous soient bien étrangères, ou que le parti pris de nier tout ce qui émane de moi change à votre insu le caractère et la signification des faits les mieux avérés C'). A propos de cette méthode, vous dites expressément :

riences bien faites, et cela se comprend en raison des modèles que possédait Tauteur sur les travaux de ses maîtres, et des moyens Uul à fait exceptionnels qu'il a à sa disposition. Nous l'avons constaté, d'ailleurs, en toute franchise, au dC-but même de la critique à laquelle M. Ville répond, mais nous devons ajouter que bon nombre de visiteurs ont été désillusionnés comme nous, ea ne trouvant à Vincennes que de simples plaies-bandes {dans lesquelles il est si facile de faire tout ce que l'on veut), au lieu d'une exploitation agricole sérieuse, que l'on décorait pourtant du nom de ferme, et qui n'était, à proprement parler, qu'un jardiu d'amateur.

Nous en appelons à tous ceux qui ont vu. M. Ville nous oppose toujours ses conférences; nous le comprenons, puisque M. Ville a trouvé là beaucoup de satisfactions personnelles et les moyens de servir sa propre glorification, mais nous persistons à croire qu'il eût été préférable que l'agriculture trouvât à Vincennes des modèles utiles et des résultats pratiques obtenus par une culture normale, régulière.

Nous concevons parfaitement les nécessités de l'expérimentation, mais si l'on n'en est encore que sur le terrain des expériences, pourquoi conclure d'une façon si générale et si absolue? Pourquoi ne pas appeler simplement les agronomes et les savants qui sont en vraie situation de comprendre et de discuter la valeur de toutes ces idées? — R.

(30) Un Résumé des conférences de M. Ville a été publié. Nous avons dit expressément que nous ne parlions que de ce résumé ; s'il n'était pas complet, s'il ne résumait pas, comme il aurait dû le faire, M. Ville ne doit s'en prendre aujourd'hui qu'à lui-même.

Quant à la déconvenue si profonde que nous avons éprouvée à Vincennes, nous trouvons tout simple que M. Ville s'en soit aperçu, et, pour tout dire, nous avons dil nous contenir plus d'une fois en voyant la facilité avec laquelle M. Ville proposait de mettre désormais la fosse à fumier dans un bocal, tout en prétendant faire de l'agriculture pratique avec des surfaces grandes comme des plants d'asperges ou comme les petils jardins des invalides. Après avoir vu, à la rue de Buffon, une science qui paraissait infiniment grande, nous ne trouvions plus, à Vincennes, qu'une élaboration infiniment petite, quelque chose enfin qui nous rappelait cette grande montagne accouchant d'une petite souris. — R.

(31) M. Ville vient de parler de nos scrupules, et, en même temps, Il s'attribue en propre ce qui appartient bien réellement à M. Bobierre. Précisons, et que chacun juge :

Il y a ici trois cbo^es : une idée, première ayant pour but de faire déceler à une plante des quantités infinitésimales d'acide phosphorique existant dans une terre; puis, la première applica-

70 LES ENGUAIS CHIMIQUES.

<t C'est encore li du vieux neuf, l'idée première appartient en propre à M. Bobierre, et pour en avoir la preuve, il suffit d'ouvrir à la page 31, le volume publié, en 1856, par M. Bobierre, sous le titre de : Noir animal. Depuis cette époque, M.EliedeBeaumont a reproduit dms la brochure intitulée .- Ulilité agricole des phosvltates (page 45), le moyen analytique indiqué précédemment pa.r M. Bobierre. Déjà, en 1854, M. Bobierre avait observé la même question au point de vue analytique dans les Considérations théoriques et pratiques (page 15). »

Voilà l'acte d'accusation. — Voici ma réponse :

Les sols même les plus fertiles ne contiennent que des quanlilés très-faibles de phosphate de chaux dont le dosage, à cause de l'argile, est une opération délicate qui exige une main exercée. — Lorsque les terres sont de qualité inférieure, la dose de l'acide phosphorique descend si bas qu'il devient presque impossible de l'extraire, tant est considérable la masse de terre sur laquelle il faut opérer. — Pour tourner celte difficulté, M. Bobierre a eu l'idée de seiner ijuelques graines dans les sols de cette nature, et de rechercher ensuite dans la cendre des plantes, par les procédés ordinaires de la chimie, s'il y avait plus d'acide phosphorique que dans la cendre des graines. La plante fonctionne donc ici comme un moyen de condensation, mais en réalité elle n'indique rien par elle-même. Pour avoir une indication, il faut la brûler et l'analyser. Il faut un laboratoire ; il faut savoir la chimie. — Puis, le travail achevé, en quoi le résultat obtenu éclaire-t-il la partie intéressée sur la limite de rendement qu'on peut atteindre et sur la nature des engrais auxquels il convient de recourir? Le procédé de M. Mlle- conduit à des résultats bien différents. A son aide on détermine à la fois ce qui concerne la limite, le rendement et la nature de l'engrais que l'on doitemjiloyer. On fait plus, on détermine le degré d'utilité de tous les termes dont l'engrais se compose. Du moment, en effet, que la végétation n'est possible ou prospère qu'à la condition de trouver réunis dans le sol : du phosphate de chaux, de la potasse, de la matière azotée et de la chaux, et que l'absence de l'un de ces quatre termes suffit pour atténuer l'action des trois autres, au point de les frapper presque d'inertie, cette circonstance nous fournit le moyen le plus simple et le plus sûr de reconnaître ceux de ces quatre agents que le sol contient et ceux qui lui manquent. Supposez en effet qu'on expérimente, sur la même terre, d'un cùté l'engrais complet, et en même temps trois autres engrais d'oh l'on exclut successivement et un a un cliacun de ses consti-

tion (Je cette idie, comme moyeu an.ilytiiuo, et eiifiii, par extension, l'application directe au sol de la mfime idée, comme l'a proposé M. Ville.

Les dates sont là. C'est en 1850 que M. Bobierre a relaté, dans un e.xcellent livre, intitulé le Noir animal, ridée première en question, ainsi que la première application qu'il en a faite, tandis que c'est en 18G5 que M. Ville s'est servi de la même idée, qu'il s'attribue maintenant sans réserve.

Si M. Ville s'était contenté de s'attriliuer l'application pure et simple d'une méthode déjà existante, mais qu'il aurait, à son avis, rendue pratique, en l'appliquant à un champ au lieu de l'appliquer à un pot de fleurs, nous n'y verrions rien à l'eprendre, mais, dans sa IV Conférence (p. Î,S'2 et suivantes), M. Ville pose un principe, une thcone analytique nouvelle, comme il le dit en toutes lettres. Il est impossible d'équivoquer, car, à la page 254, M. Ville s'exprime ainsi sur ce sujet : « Dites-moi si je n'étais pas fondé à affirmer que les végétaux étaient des moyens merveilleux d'analyse dont les indications rappellent presque par leur exquise sensibilité la méthode spectrale de MM. Bunsen et Kirsckhotl''/ » Précédemment, en 1854, M. Bobierre disait, dans ses Considérations théoriques et pratiques, en parlant do la faculté condensatrice des végétaux : « Ces faits peuvent être mis à profit comme moyen analytique d'une grande simplicité. » Maintenant que les faits ont parlé, le lecteur va voir comme M. Ville sait arranger tout cela. — R.

tuants ; n'est-il pas évident que si l'engrais où manque la potasse, le phosphate de chaux, la chaux ou la matière azotée, produit autant d'effet que l'engrais complet, c'est que le sol sera pourvu de l'élément qui a été supprimé. Si, au contraire, les rendements se montrent inférieurs, c'est que l'élément qui manque à l'engrais manque également dans le sol. Ici, qu'on veuille bien le remarquer, le témoignage est absolu et complet; l'indicalion obtenue ne repose pas sur une analyse dans le sens absolu de ce mot, mais sur des résultats qui se rattachent aux besoins de la culture et varient suivant la nature des plantes que l'on veut produire. L'économie de cette méthode est une déduction du principe des f07xcs collectives dont j'aidéfini lecaraclèreen commençant. SiM. Rohart avait lu la quatrième conférence de Vincennes, où cette méthode est exposée avec le plus grand détail, frappé du caractère des résultats qu'on lui doit, il se fût montré plus réservé dans ses appréciations C'^}. Mais passons à la critique du fond de la méthode.

« A première vue, dit M. Rohart, l'idée des champs d'expériences paraît excellente, des plus judicieuses. Dans tous les cas, l'apphcaliou est nouvelle, mais elle ne résiste pas à un examen sérieux. » Pour conclure avec certitude et utilité, il faudrait multiplier les champs d'expériences dans une proportion effrayante. « Ce n'e.st pas seulement un cliamp d'expériences pour chaque pièce de terre, mais deux, mais quatre, mais six, mais dix (pourquoi pas dix mille?) qui seraient nécessaires, c'està-dire quelque chose d'absolument impossible, pratiquement parlant. Non, l'agriculture ne fera pas cela, parce que ce n'est pas praticable, et qu'à moins de multiplier iiidéfinimenl ces champs d'expériences, on n'obtiendra que des à peu près sans valeur, des indications tout à fait incomplètes. M. Ville a beaucoup trop vu les choses à travers son imagination et il a trop souvent prouvé qu'il concluait et prenait parti AVEC UNE GRANDE LÉGÈRETÉ. Comment! il faudra recourir à l'engrais complet aussitôt qu'un léger abaissement dans la récolle se manifestera ? Mais il suffit d'une année de sécheresse pour produire ce résultat, pour infirmer les indications sur lesquelles M. Ville croit pouvoir conclure, pour déjouer toutes ses savantes combinaisons et réduire à néant tout son système. »

Les personnes qui sont un peu au courant du sujet conviendront qu'il faut un sentiment bien profond de la bonté de la cause que je défends pour ni'imposer la tâche fastidieuse de répondre à de pareils enfantillages. Je vais le faire cependant, non plus en invoquant mes propres expériences, mais celles de quelques personnes qui ont bien voulu me suivre dans celte voie. Commençons par écarter do la discussioQ les grands mots de démonstration absolue, mathématique; ces expressions ne sont bien souvent qu'un artifice de langage pour masquer la pénurie des idées. Il n'est pas donné à l'esprit humain de prétendre à la vérité absolue.

La suite prochainement.) G. Ville,

Professeur-administrateur au Muséum d histoire natuielle.

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