V. — Nouvelles du l yphus des bêtes à cornes
Le cattle-plague n'exerce plus en Angleterre qu'une influence de second ordre, mais il n'a pas complètement disparu. Il règne en conséquence dans tous les esprits une certaine inquiétude, et l'existence d'un seul cas doit inspirer de légitimes craintes quand on songe au caractère
éminemment contagieux de celte fatale afi'eclion. La maladie, toutefois, apparaît avec des symptômes dont la gravité n'est pas comparable à celle des premiers temps, et la preuve en est claire et niîftiifeste dans la localisation du mal et on peut dire dans le succès même de la méthode des abatages. 11 est évident, en effet, pour ceux qui ont attentivement suivi la marche rapide et la diffusion en quelque sorte foudroyante de l'affection, que les abatages eussent été inutiles pendant la période maxima. On peut supposer que le cattle-plague est destiné à prendre droit de cité et à s'imposer aux cadres nosologiques de la même manière que la fièvre typhoïde, qui compte aujourd hui parmi nos maladies endémiques après avoir revêtu, lors de^son introduction en Europe, les caractères d'une épidémie véritable. Les nouvelles émanées du conseil privé sont absolument rassurantes : elles constatent que du 16 au 23 mars aucune attaque de typhus épizootique n'avait été signalée. Ce renseignement, accueilli avec une grande faveur, faisait espérer aux intéressés que l'administration allait être en mesure de se re-» lâcher des rigoureuses restrictions imposées au commerce intérieur et à une partie de l'importation étrangère. Newcastle avait déjà envoyé une députation à Londres à l'effet d'obtenir une modification des arrêtés. Elle se composait de MM. Hedley, Usher, Claylon, Philipson et Laycork. Les délégués avaient eu, avec le secrétaire du ministre préposé au département du cattle-plague, une longue conférence à la suite de laquelle il avait été décidé que si, après l'examen sérieux de l'état des choses, un amendement ne semblait pas contraire aux intérêts généraux de l'agriculture, on l'adopterait. Un retour imprévu du cattleplague a viveme'nt impressionné les esprits dans le NorthamptonshiVe. Dans les environs de Daventry, près Banbury, on avait signalé l'apparition du typhus dans une exploitation agricole; plusieurs bêtes à cornes a^ aient présenté d'irrécusables symptômes et l'autorité avait dû ordonner l'abatage de 19 sujets suspects. En même temps un autre cas isolé se manifestait sur un point assez éloigné du précédent. 11 est probable que l'expérience de ces faits retardera le jour où la circulation commerciale sera définitivement libre de toute entrave en Angleterre.
Vni. — Des engrais chimiques.
Nous avons reçu de M. Leroy, agriculteur à Varesnes, près Noyon (Oise), la lettre suivante relative cà la critique que nous avons faite de ses essais : les engrais chimiques de M. Ville employés pour la betterave. Nous l'accueillons sans difficulté, car nous voulons uniquement le triomphe de la vérité.
Je lis dans votre chronique du 5 mars (t. I de 1867, p. 401), la phrase suivante : » M. Leroy, qui, à Varesnes, a constaté les résultats suivants, s'extasie aussi devant le grand excédant de récolte qu'il a obtenu. » Viennent ensuite les chiffres. Je ne veux pas relever ce qu'il y a d'étrange dans la manière dont vous vous exprimez. Les études de M. G. Ville ont fait assez de hruit, depuis quelque temps, dans le monde agricole, pour arriver jusqu'à un modeste cultivateur comme moi. J'ai pensé, monsieur, que Cij n'était ni avec de l'extase, ni avec du dédain qu'elles devaient être accueillies par les praticiens. Tout le monde gagnerait, selon moi, à ce que les apologues passionnés de même que les critiques malveillantes fussent également bannis de la presse agricole qui devrait, en pareille malière, se borner à enregistrer avec soin les faits observés, laissant au bon sens de chacun la
mission d'en tirer toutes les conséquences pratiques qui s'en déduisent naturellement. C'est pourquoi j'avais communiqué, sans aucun commentaire, les résultats que j'ai obtenus à M. Joulie qui les a transmis de même au Journal des fabricants (le sucre. Si ces résultats présentent quelque intérêt et si vous avez cru vous-même devoir les mettre sous les yeux de vos lecteurs, c'est uniquement parce qu'ils ont été produits, en se conformant sans parti pris à la méthode indiquée par M. G. Ville, et qu'ils s'accordent en tous points avec ceux qu'il a obtenus lui-même au champ de Vincennes.
Plus loin, dans le même article, vous vous plaignez de ce que mes résultats ne contiennent pas une comparaison avec ce que l'on aurait obtenu sur la même terre au moyen du fumier de ferme, et vous ne craignez pas d'affirmer qu'avec 79,000 ou même 39,500 kilos de fumier, suivant qu'il vaut 5 francs ou 10 francs les 1,000 kilos, on obtient des récoltes bien supérieures à 62,000 kilos de betteraves à l'hectare. Cette affirmation, sous votre plume, me paraît de nature à égarer l'opinion des cultivateurs qui ne connaissent pas parfaitement nos contrées; et c'est là surtout -ce qui me décide h. vous adresser cette lettre pour vous fournir la comparaison que vous demandez et pour rectifier vos allégations, complètement erronées en ce qui vous concerne.
Le fumier de ferme vaut à Varesnes 7 francs les 1,0C0 kilos, et il n'est pas facile de s'en procurer de grandes quantités en dehors de celui que l'on produit soi-même. Il y a plusieurs années que je fume mes terres pour betteraves à raison de 55 à 60,000 kilogrammes de fumier de ferme à l'automne et 300 à 400 kilos de guano du Pérou au printemps, et je n'obtiens que 40,000 kilos de betteraves en moyenne, et depuistrois ans seulement. Auparavantje n'avais jamais dépassé 30 à 32,000 kilos. Ce sont les meilleures terres de l'exploitation que j'emploie à cette culture.
Lorsque j'ai voulu essayer les engrais chimiques, afin que mon expérience fût, pour moi-même, plus concluante, j'ai choisi à dessein la plus mauvaise partie d'une pièce sablonneuse sur laquelle j'ai fait quelquefois de la betterave, mais sans jamais parvenir à un rendement supérieur à 25,000 kilos. Or, l'engrais complet préparé selon les indications de M. G. Ville m'a fourni, sur un point de cette pièce, 62,370 kilos à l'hectare et sur un autre 51,000 kilos.
Voilà les résultats que j'ai obtenus dans toute leur vérité. Si vous voulez bien les traduire en argent, vous arriverez aux chiffres suivants :
Sur les meilleures terres : Sur les plus mauvaises terres :
Dépense. 55,000 Ivilos de fumier de Dépense. Engrais complet de M. G.
ferme à 7 fr 285 »> Ville, 1,200 liil.à28 fr.' 338 fr.
350 kilos en moyenne de Produit minimum. 51,008 kil. betteguano à 32 fr. 50 113 '5 raves à 18 fr 918
Total 498 "5 Dilïérence eu faveur de la récolle 580 fr.
Produit. 40,000 kilos de betteraves Produit maximum. 62,000 kil. bette-
à 18 fr 720 » raves à 18 fr 1,110
Différence en faveur de la récolte 22125 Différence en faveur de la récolte. . . 778 fr.
Vous voyez, monsieur, que dans la culture par les engrais chimiques, la différence en faveur de la récolle est dans le premier cas deux fois et demie, et dans le second cas trois fois et demie plus forte que dans la culture ordinaire. Je sais, comme vous le faites très-bien observer, que l'effet du fumier n'est point épuisé après la récolte des betteraves ; mais n'en est-il pas de même avec l'engrais chimique? C'est encore à l'expérience qu'il convient selon moi de le demander et c'est ce que je suis en train de faire.
Sans vouloir préjuger le résultat, je crois utile de faire encore une remarque sur les chiffres précédents.
Si vous supposez, ce qui est évidemment inexact, que mes mauvaises terres, traitées à la manière ordinaire, eussent dû produire autant que les bonnes, il reste encore acquis que l'avantage de la culture aux engrais chimiques aurait été dans un cas de 580 fr. moins 221 fr. 25, soit 358 fr. 75, et dans l'autre de 778 fr. moins 221 fr. 25, soit 556 fr. 75. Pensez-vous qu'après avoir donné à la terre pour 498 fr. 95 d'engrais, il en puisse rester après une récolte de betteraves pour 556 fr. ou même pour 358 fr. ? Personne n'oserait soutenir une semblable monstruosité.
1. C'est le prix auquel je me le procure chez MM. C. Havelle et Couvreur, 10, quai de la Marne, à la VilleUc.
CHRONIQUE AGRICOLE (PREMIÈRE QUIiNZAINE D'AVRIL 1867), 111
Il est donc évident que, lors même que les engrais chimiques seraient complètement épuisés après une première récolte, leur emploi resterait encore avanlageus, à la condition, bien entendu, que les rendements puissent être maintenus parleur usage au même niveau.
Vous voyez donc, monsieur, que la critique que vous avez faite de mon expérience, sans eu connaître les délails, n'est aucunement fondée. J'ajouterai que mon plus ferme désir est de poursuivre l'essai des engrais chimiques et leurs applications aux divers besoins de la culture, espérant trouver en eux le complément indispensable des fumiers de ferme dont les quantités, quoi que je lasse, ne sont jamais suffisantes. Je n'ai cependant aucune idée de renoncer jamais à l'usage de ce dernier engrais, et je crois que vous faites erreur lorsque vous prêtez à M. G. Ville l'intention de le proscrire. Dans tout ce que j'ai lu de lui, je n'ai jamais rien vu qui tende à ce but. M. G. Ville a établi qu'on pouvait, à la rigueur, cultiver sans fumier de ferme, et en cela il nous a rendu un service incontestable ; mais il ne . nous a jamais conseillé de renoncer à son emploi et, pour mon compte, je suis convaincu que l'usage combiné avec discernement des engrais chimiques et du fumier de ferme alternativement ou concurremment, est appelé à modiiler d'une manière très-avantageuse les conditions devenues si précaires de notre agriculture.
Cette lettre n'ote rien à la valeur de nos critiques. En effet, nous avons dit que pour apprécier un engrais il fallait toujours faire des expériences comparatives avec la même valeur de fumier de ferme, sur le même terrain et la même année. Nous avons dit en outre qu'il était bien reconnu depuis longtemps que les engrais chimiques pouvaient rendre de très-grands services si on les employait comme complément du fumier, mais qu'ils ne valentque proportionnellement à leur dosage en principes fertilisants. Les explications de M. Leroy n'ont pas fait disparaître notre critique et elles n'ont pas invalidé nos principes; il ' ne faut pas que les cultivateurs se laissent prendre au mirage d'un prétendu système qui, suivi mot pour mot, les conduirait à la ruine; nous sommes tout prêts à nous entendre, si l'on ne fait qu'un usage modéré des engrais chimiques.
La lettre suivante de notre collaborateur, M. Charles du Peyrat, ajoute quelques faits qu'on lira avec intérêt. Mais les principes que nous venons de rappeler n'en sont point attaqués.
Beyrie, le 9 avril 1867.
Monsieur, j'ai lu dans le numéro du 5 mars du Journal de l'Agriculture, p. 400, vos appréciations sur un article du Journal des fabricanls de sucre, relatif aux expériences sur les engrais chimiques appliqués à la culture de la betterave par MM. Cavallier et Leroy.
Vous exprimez le regret que ces expériences n'aient point été faites comparativement avec du fumier; je suis en mesure de combler cette lacune, en vous communiquant mes propres expériences de l'année 1866. Eu écartant de ce débat toute question personnelle, et ne cherchant, de bonne foi, que la vérité, sans exiger qu'elle procède de tel ou tel système, je viens vous communiquer mes expériences, en vous priant de vouloir bien les publier dans votre estimable journal. Si ces expériences ne présentent rien de bien nouveau, du moins seront-elles un fait de plus à soumettre à l'appréciation des agriculteurs, que la question des engrais préoccupe à si juste titre.
Expériences comparatives sur la culture des betteraves par les enijrais chimiques et le fumier de ferme.
Trois carrés d'un are chacun ont été semés, en globe jaune, le 19 avril et récoltés le 18 octobre 1866. Les trois carrés se touchaient et étaient dans des conditions identiques de sol et de culture.
1" carré, — Sans aucune espèce d'engrais :
kil. gr.
Récolte : Feuilles 31.500 Poids moy. par betterave. Feuilles. 135.7
— Racines (232) 81.500 — — Racines. 351.2
Malgré lin semis opéré dans des conditions identiques à celles des deux autres carrés, ces betteraves n'ont levé que très-difficilement et très-irrégulièrement; deux repiquages successiis, faits avec soin, n'ont pu réussir à combler les vides. Pendant les quatre premiers mois, la végétation était tellement chétive qu'on devait s'attendre à un résultat négatif; ce n'est que vers la fia d'août que les feuilles de ces betteraves ont commencé à prendre un développement très-satisfaisant ; mais toutefois les racines sont restées très-petites.
2'' carré. — 800 kilog. de boa fumier d'étable très-déoomposé :
kil. gr.
Récolte ; Feuilles 33 Poids moy.pai- betterave. Feuilles. 81.-2
— Racines (406) 492 — — Racines. 1,211.8
Végétation luxuriante dans les premiers mois, pui.s les feuilles ont jauni et se sont renouvelées peu k peu. La végétation était moins égale que sur le 3" carré. Au moment de la récolte, beaucoup de racines étaient attaquées d'une manière notable, par de petites limaces, ce qui a néces.sairement diminué le poids des racines d'une quantité assez sensible. Sans cette circonstance, le rendement des racines aurait été au moins égal et probablement un peu supérieur à celles du 3'' carré.
3° carré. — Engrais chimiques, selon les indications de M. Georges Ville.
17 kilog., dont voici la coiuposilion et le prix :
kil. fr.
Pliospliate acide de chaux 6 à 12 fr. les 100 kilog 0.72
Potasse épurée 2 à 80 — — 1.60
Nitrate de soude 4 à. 40 — — 1.60
Sulfate d'ammoniaque 1 à. 35 — — 0.3.5
Chaux 4 à 2— — 0.08
Transport de Paris de 13 kilog. à 50 fr. la tonne, en tarif spécial 0.65
kil. gr.
Récolte : Feuilles 35 » Poids moy. par betterave. Feuilles. 79 . 7;
— Racines (439) 539.. 500 — — Racines. 1,228.9
Dans la première période de leur végétation, ces betteraves sont restées assez médiocres et très-inférieures à celles du 2" carré, mais plus tard, elles ont augmenté rapidement et ont toujours conservé un feuillage très-vert, tandis que celles qui avaient reçu du fumier de ferme se sont étiolées au moisd'aoîit et n'ont reverdi qu'à la fin de septembre. En résumé, belle végétation et surtout très-égale, racines trèssaines, bien conformées et uniformes de grosseur.
Vous remarquerez que la fumure de 80,000 kil. de fumier à l'hectare est d'unprix bien plus élevé que celui des engrais chimiques ; d'un autre côlé, il est certain que le fumier fera ressentir ses effets pendant plusieurs récolles successives; par conséquent, pour conclure définitivement, il faut encore poursuivre ces expériences pendant plusieurs années sur le même sol ; c'est ce que je fais.
Tels sont, monsieur, les résultats que j'étais bien aise de vous communiquer, heureux s'ils peuvent être de quelque utilité dans cette importante question.
Veuillez agréer, etc. Ch. du Peyrat,
Sous-directeur de la ferme-école de Beyrie.
Enfin, sur la même question des engrais chimiques, nous avons reçu la lettre suivante qui rappelle justement l'ancienneté du débat aujourd'hui agité :
Monsieur, je lis avec grande satisfaction votre Journal de l' AgricuUurc et surtout la discussion de MM. Ville et Rohart, que j'estime tous deux ; mais je liens à rétablir la vérité sur un point à propos duquel ces messieurs se trompent l'un et l'autre : M. Georges Ville en s'attribu;int la découverte d'une méthode d'analyse du sol, et M. Rohart en donnant la priorité de cette idée à M. Bobierre. Vous avez, en efiet, publié dans le numéro du 5 février 1855 du Journal de l'Agriculture
pratique un excellent article traduit de l'allemand par M. Eugène Risler et intitulé : Principes de la nutrition des végétaux, par Liebig. C'est la véritable réfutation de ce que les travaux de M. Ville jieuvent avoir de trop personnel, et vous verrez aux paragraphes 40 et 41 que c'est l'illustre chimiste de Giesenqui, le premier, a formulé la méthode d'analyse du sol, qui est à coup sûr la meilleure. Veuillez agréer, etc.
S. HÉZARD,
Cultivateur aux Aynous.
Il est incontestable que M. de Liebig a pris une grande part aux découvertes qui ont permis à la chimie de rendre de nos jours tant de services à Fagriculture. On lui doit notamment, comme le rappelle la lettre précédente, d'avoir insisté sur la nécessité de rendre au sol tous les éléments minéraux que lui enlèvent les récoltes. Du reste, les agriculteurs trouveront l'histoire de tous ces faits rapportée avec des détails suffisants dans notre volume intitulé Trilogie agricole^ dont l'impression s'achève en ce moment.
— Le défaut de place nous force d'ajourner une réponse de M. Teyssier des Farges à M. de Lavergne sur le crédit agricole.
J.-A. Babral.
REVUE COMMERCIALE (première quinzaine D-AVRIL).
Céréales et farines. — Le soleil n'est pas revenu d'une manière permanente. Il n'a chauffé la terre et activé la sève des arbres que par moments très-courls. Les marchés aux blés se sont ressentis des caprices du temps, et nous ne voyons que les affaires en farines qui aient seulement profité de celte situation, grâce à la spéculation qui a fait la hausse et la baisse, selon que le ciel se couvrait ou se découvrait. A Paris les blés de choix se sont vendus en moyenne 35 fr. Ceux de première qualité ont oscillé entre 32 fr. et 34 fr. 58. Ceux de troisième qualité n'ont pas dé])assé 32 fr. 50 et les sortes courantes sont restées à 32 fr. 92. Le tout par quintal. Les avoines commencent à perdre un peu leurs prix élevés. Ainsi celles de choix ont été prises, en moyenne, à 23 fr. 50, celles de première qualité à 23 fr., celles de seconde à 22 fr. , et les qualités inférieures à 21 fr. Nous donnons dans le tableau suivant les prix moyens de la quinzaine pour les céréales et pour toutes les régions delà France. En le parcourant le lecteur pourra se faire une idée très-nette de la situation de tout notre pays.
BLÉ AU QUINTAL
-.^^-^ — ^ PRIX MOYEN DU QUINTAL
Prix Sur la qiiinz. préc. ^ ,■■ ,
Régions. moyens. Hausse. Baisse. Seigle. Orge. AToine.
— fr. fr. fr. fr. fr. fr.
Nord-ouest 33. G8 ;» 0.12 21.19 21.30 21.43
Nord 33.33 " 0.30 20.76 21.97 21.77
Nord-est 32 77 " 0.17 21.86 21.27 20.25
Ouest 33.51 r> 0.34 22.15 21.84 22.48
Centre 33.87 0.28 « 21.06 21.51 21.47
Est 33.77 II 0.34 21.63 21.44 20.20
Sud-ouest 34.09 » 0.19 20.27 20.86 23.17
Sud 33.09 II 0.31 20.95 20.54 21.70
Sud-est 32.12 » 0.05 20.03 20.27 21.45
Moyennes 33.24 'i 7i 21.16 21.22 21.56
Moyennes de la quinzaine précédente.... 33.42 ii n 21.32 21.40 21.56 Sur la 15"° I Hausse.. . » // » n , n n
précédente. {Baisse 0.18 n n 0.16 0.18 n
Les prix des farines de consommation se sont relevés à Paris. Le sac de 157 kilog. net s'est vendu en moyenne 73 fr. La boulangerie a fait quelques achats impoi'tants en vue de l'influence des étrangers. Les six-marques ont été prises à 74 fi'. 50 pour le courant du mois, et à 75 fr. et 75 fr. 25 pour mai et juin. Les farines type Paris n'ont pas dépassé 46 i'r. pour le courant et 47 fr. 50 pour mai et juin. Sur les autres places de nos départements la situation est presque identique. Le marché des grains de Londres ne ressemblait pas aux
nière quinzaine : les affaires s'y faisaient avec une animation
s aux précédents dans la derlimàtion dont l'habitude était
depuis quelque temps perdue. C'est spécialement le blé qui a été l'objet des transactions des deux semaines qui viennent de s'écouler. L'Angleterre n'avait apporté que 6,103 quarters, tandis qu'elle devait à la production étrangère 36,265 quarters. Cette différence est importante et mérite d'être signalée. Les comtés de Kent et d'Essex avaient envoyé de magnifiques produits, et pour les produits étrangers, ce sont les blés russes qui ont eu la première place. Le prix des denrées est demeuré ferme et les affaires eussent,' sans aucun doute, été plus actives, si les vendeurs s'étaient un tant soit peu départis de leurs prétentions. Les pois, les lèves, les orges et même le seigle n'ont pas éprouvé la. moindre oscillation et nous les retrouvons avec les mêmes prix que pendant la quinzaine précédente. A Cork et à Dalkeith la température a été assez belle pour ranimer le mouvement commercial de ces deux marchés. A Liverpool les affaires se font avec une grande activité, les opérations agricoles sont en excellente voie dans toute l'étendue de l'Angleterre, et nous devons nous attendre d'ici peu à voir dans les prix des modificafion.s au courant desquelles nous tiendrons le lecteur.
Vins, caux-dc vie, alcools. — Le commerce des vins dans les pays de production a été calme. Il s'est peu conclu d'affaires à cause des rares besoins de la consommation et des occupations des vignerons qui s'adonnent actuellement avec activité aux travaux des vignes. Le commerce des entrepôts a été moins lent. Les villes regarnissent leurs provisions pour la consommation quotidienne, et il en résultera dans quelques jours de nombreuses affaires pour les départements.
La situation des affaires en eaux-de-vie est semblable h celle des affaires en vins et pour la même cause. Dans l'Armagnac cependant et pour les deux Charentes, nous avons à constater des ventes importantes en eaux-de-vie du pays.
Les 3/6, à Paris, ont monté jusqu'à 64 fr. pour le courant du mois; pour mai, juin et aoîit, on a offert jusqu'à 65 fr. A Lille, il y a eu des oscillations, mais nous n'avons pas à constater une hausse ou une baisse véritable. Dans le Midi, les 3/6 ont eu des affaires calmes qui n'ont pas produit un changement appréciable dans les prix.
Sucres. — Le mouvement de baisse qui a commencé au l"'' avril s'est continué. Les sucres bruts sont descendus à 52 fr. 50 ; les sucres blancs sont à 68 IV. 50, et les sucres raffinés à 122 fr. A Paris comme à Lille, cette situation a régné pendant toute la quinzaine.
Huiles el graines oléagineuses. — Les ventes d'huiles de toute sorte ont été beaucoup plus importantes qu'en mars. A Paris, Gaen, Lille, Dunkerque, pour le Nord; à Marseille, Avignon, Nice, Bordeaux et Montpellier pour le Midi, les affaires ont été actives. Les huiles de colza ont atteint 88 fr ; les huiles de lin, 86 fr.; les huiles d'œillette, 178 fr.; de cameline, 80 fr.
Les graines et les tourteaux ont été offerts à la cote avec des acheteurs peu empressés. Affaires rares.
Fourrages. — A Paris, les fourrages se vendent toujours à des prix plus élevés que pour les départements. Ce n'est pas malheureusement le producteur qui profite de cette situation, mais bien l'intermédiaire. Dans nos départements il n'en est pas ainsi, et l'agriculteur est mieux traité. — Les foins de l" qualité ont été achetés à 55 et 56 fr.; les luzernes, 50 fr.; les pailles de blé, 39 à 42 fr. Le tout aux 500 kilog., à Paris.
Bestiaux. — La vente des bestiaux s'est effectuée pendant cette quinzaine avec peu de changement pour les cours et des acheteurs très-calmes, et ne voulant s'approvisionner qu'en payant des prix en baisse. A Sceaux et à Pois.sy, les moutons ont été amenés en nombre inférieur à celui de la quinzaine de mars et n'ont pas toujours trouvé de débouchés; les bœufs, les vaches et les veaux ont offert plus de choix et ont été mieux payés.
L'importation du bétail au marché de Londres, dans la dernière quinzaine, s'élevait à environ 16,500 têtes. Dans la quinzaine correspondante de 1866, ce nombre ne dépassait pas 9,000. On voit quelle élévation l'importation a acquise en présence des vides causés par la généralisation du cattle-plague. Les arrivages des comtés de Norfok, Suff'ûlk et du Cambridgeshir étaient en grande abondance. Néanmoins le marché n'a pas présenté cette recrudescence d'animation que l'on a pu observer dans le marché aux grains. Cela tient aux mesures restrictives qui entravent encore non-seulement l'importation étrangère, mais encore la circulation intérieure du gros bétail. La nouvelle d'une reprise du typhus épizootique, près de Daventry, sur
une assez larçe échelle, a contribué à ramener au calme les derniers jours du marché. A Norwich et à York il y eut une vente fort agitée et, au milieu des oscillations du marché, on doit signaler dans la vente du gros bétail une baisse tout à lait notable. George's Barral.
COURRIER DE BELGIQUE
r Bruxelles, l'i avril 1867.
L'épizootie semble vouloir arrêter ses ravages ici en Belgique; nous n'avons plus que quelques cas disséminés qui sont heureusement étouffés à temps. Il n'en est pas malheureusement de même en Hollande, où la seconde Chambre des étals généraux a adopté à une forte majorité le projet de loi accordant un crédit de 2 millions pour faire face aux dépenses qu'entraînera l'exécution des mesures propres à arrêter les ravages de la peste bovine. Il est à espérer que cette loi sera également votée par la première Chambre. Il résulte de la discussion qui a eu lieu qu'on attendra, pour procéder à l'abatage général des bêtes malades, que la moyenne des cas de maladie soit descendue à un chiffre assez bas pour ne pas occasionner une dépense trop considérable. II y a eu dans la dernière semaine une différence de 81 cas, mais le nombre a toujours atteint le chiffre de 932.
Voici le bilan de l'épizootie dans les Pays-Bas depuis son apparition : animaux malades, 153,594; morts, 76,308; abattus, 28,895 ; guéris, 50,487; survivants,
En Angleterre, il continue à y avoir des cas isolés de peste bovine, mais les animaux sont immédiatement abattus et des mesures énergiques sont prises pour éviter la propagation de la maladie.
Le conseil administratif de la Société agricole du Brabant a informé les membres que la prochaine assemblée du conseil était fixée au dimanche 14 avril; l'ordre du jour appelait :
1" Compte rendu des recettes et dépenses de l'année 1866;
2° Formation des budgets pour 1867;
3° Concours à donner en 1867.
Il y a eu ensuite une assemblée générale des membres, oii l'on a lu le rapport sur la situation de la Société en 1866. La réunion s'est terminé par un banquet.
Le marché pour tous les grains a été plus actif ces jours-ci et les prix sont pleinement soutenus. En froment on a fait du roux de Danemark et du Mecklembourg de 33 à 36 fr.; du roux de Stettin, disponible à 35 fr., et sous voiles à 34 fr. Le seigle est ferme et en bonne demande régulière; l'indigène a été payé 21 fr., et celui de NicoIaïeEf22 fr. pour 100 kilog. Les orges se soutiennent, du Danube 23 fr., de Frise 25. E. Bûurson.
Une démarche ayant été faite pour que les deux dîners de l'agriculture, qui avaient lieu depuis quelques mois, se réunissent en un seul, tous les agriculteurs présents à Paris se sont assis à la même table, au Grand-Hôtel, le mercredi 17 avril, jour du concours de Poissy. L'assenililée était nombreuse. Nous avons remarqué parmi les convives, présidés par M. Payen, MM. Léonce de Lavergne, Jlella, Barral, Borie, de Kergorlay, Lecouteux, Moll, Nadault de Buffon, membres de la Société centrale d'agriculture de France; Tiersonnier, de Bouille, Lacour-Lebaillif, lauréats plusieurs t'ois couronnés du concours de Poissy; et un grand nombre d'agriculteurs étrangers actuellement appelés à Paris par les travaux des jurys à l'Exposition universelle.
La parole a été donnée à plusieurs orateurs qui ont échangé des toasts de circonstance et des paroles de congratulation réciproque. On s'est
séparé de bonne heure en Oxant le prochain dîner de l'aoriculture au mercredi 29 mai, et en mettant à l'ordre du jour pour celte réunion la question de la diminution des charges qui pèsent sur la propriété rurale. Georges Barral.
Le Rucher, traité pratique d'apiculture, par M. Aug. Marcellin. — Une brochure in-16 de 232 pages. — Prix, 2 fr. 50, chez l'auteur, à Aix (Bouches-du-Rhône).
L'art d'élever les abeilles a subi rapidement, depuis quelques années, une heureuse transformation en France. La Société d'apiculture peut se louer des progrès qu'elle a stimulés ; c'est grâce à elle que les bonnes méthodes de traitement des abeilles, de récolte des gâteaux, de fabricalion du miel et de la cire se sont répandues. Aujourd'hui il n'est pas de région dans notre pays qui ne possède au moins un apiculteur émérité, prodiguant à ses voisins ses conseils et son expérience. Les Hamet, les Debauvoys, les Roux, les iMirbeck trouvent partout des émules instruits et capables de faire valoir, la plume à la main , les préceptes qu'ils ont recueillis dans la pratique. C'est l'œuvre de l'un d'eux, &L A. Marcellin, des Basses-Alpes, que nous voulons présenter succinctement à nos lecteurs.
M. Marcellin a écrit son traité pour la Provence, pour ce pays où, en raison de l'abondance et de la beauté des fleurs, on pourrait obtenir un miel aussi bon que celui de Narbonne ou du Gâtinais, et où l'on ne recueille qu'un miel de très-basse qualité, en quantité insuffisante, à cause des mauvaises ruches qu'on emploie, de l'élouffage qu'on pratique encore, et de l'époque à laquelle on taille les ruches. Mais son livre peut être utile partout. Il débute par l'examen des meilleurs systèmes de ruches connus, et par la description d'une ruche nouvelle , exempte nécessairement des inconvénients signalés dans les antres. Il traite ensuite avec détail toutes les questions relatives à l'essaimage artificiel, à la réunion des essaims faibles, et surtout à la taille des ruches. A l'étude de ces principaux points de l'art apicole, sont joints des renseignements sur les maladies et les ennemis des abeilles, et sur tous les appareils qui constituent le matériel perfectionné de leur culture.
Cette première partie, toute technique, forme le traité d'apiculture proprement dit. Mais le livre de M. Marcellin renferme une seconde partie, philosophique pour ainsi dire, où l'auteur, à propos des mœurs et du gouvernement des abeilles, se lance dans le domaine de la science, de la morale, de la politique même. Avec une verve toute méridionale, il fait la critique de l'espèce humaine comparée à ses chers insectes, et, il faut l'avouer, cette critique n'est souvent guère moins acérée que les dards de ses protégées. Du reste M. Marcellin a placé son œuvre sous le patronage d'un écrivain célèbre, aujourd'hui jardinier et naturaliste, mais qui a su dans son temps rendre les traits de son esprit redoutables à l'amour-propre et à la vanité de ses contemporains. Les C»e/jes d'Alphonse Karr ont cédé un peu de leur ardeur aux abeilles de M. Marcellin. Nous souhaitons à celles-ci une part du butin des premières. Ferlet.