VŒUX AGRICOLES DU CONGRÈS SCIENTIFIQUE DE FRANGE
de la loi sur les syndicats aux chemins ruraux et le classement obligatoire de tout chemin commun.
14° La mise à l'étude du système de crédit foncier, par groupes d'emprunteurs tel qu'il fonctionne en Allemagne et eu Pologne; la création de banques rurales à l'instar de celles de l'Ecosse, pour réaliser le crédit agricole.
15° La conservation des matières fertilisantes dans les villes, pour les mettre à la disposition de l'agriculture par les chemins de fer et les canaux; ce qui serait un moyen d'assainissement pour les agglomérations urbaines et de fécondité pour les campagnes.
16" L'exécution plus active et plus énergique de la loi sur la chasse ; que la part du prix des ports d'armes de chasse, afférente aux communes, soit centralisée par département, et que la répartition en soit faite par le conseil général, de manière à permettre l'élévation du traitement des gardes champêtres dans les communes pauvres.
Que la part des communes, dans le prix de ces ports d'armes, soit élevée à 15 fr. et celle de l'État réduite à 10 fr.
Au point de vue des intérêts particuliers de l'agriculture méridionale, le Congrès désire :
17° Que le gouvernement accorde aux départements du Midi, pour encourager les irrigations, 50 millions sur les fonds deslinés au drainage et restés sans emploi.
18° Que le gouvernement affranchisse de toute taxe le sel marin destiné, soit aux bestiaux, soit aux engrais, et que les conditions qu'il attachera à l'obtention de cette faveur soient plus faciles et plus pratiques que celles qui sont imposées par l'ordonnance du 26 février 1846; que le gouvernement fasse tous ses efforts pour obtenir l'accès des marchés étrangers aux produits de l'industrie salinière nationale ; qu'il affranchisse définitivement de tout droit fiscal les produits des eauxmères à leur sortie des salines; qu'il n'accorde pas aux marais salants de l'Ouest le privilège d'un dégrèvement de 15 pour 100 qu'Us demandent sur la taxe du sel.
1 9° Que les gardes communaux forestiers soient nommés et payés par l'administration des forêts, moyennant le versement, dans la caisse de l'État, des sommes payées par les communes, et dont on forme aujourd'hui un fonds commun.
20° Que les communes qui subissent des dépossessions et des dommages par suite des travaux du reboisement des montagnes, soient équitablement indemnisées; que le gouvernement examine la question de savoir si ces communes ne devraient pas être exonérées d'une part de contribution, pour ceux de ces travaux qui sont reconnus ne pas leur être exclusivement profitables.
21° Que l'administration rende aux cultivateurs de tabac, dans le département des Bouches-du-Rhône, la faculté de cultiver l'espèce Bas-Rhin, et qu'il accorde le prix de 1 fr. par kilogramme, le seul qui soit rémunérateur.
22° Que l'administration des haras, les départements et les sociétés hippiques accordent des subventions, pour être employées, sous la direction de l'administration des haras, en achats d'étalons de sang et en distribution de primes aux étalons particuliers approuvés, aux pouliches et aux juments suitées; que la distribution de ces primes ait lieu au centre même des localités oîi la production et l'élevage du cheval sont le plus répandus; que les primes accordées à l'occasion des courses soient spécialement appliquées aux chevaux nés et élevés dans la région ; que la commission des remontes soit invitée à visiter les centres d'élevage du Sud-est.
23° Que l'on mette à l'étude l'établissement de ports de refuge dans la Méditerranée, en examinant les moyens d'améliorer la navigation entre le lac de Berre et le golfe de Fos.
Ces vœux sont, comme on le voit, nombreux et importants ; ils reproduisent en partie les résolutions adoptées l'année dernière à Pans par le Congrès des sociétés savantes; ils résument les dépositions faites à l'enquête par beaucoup de comices et d'agriculteurs français, et en les répétant, on peut dire qu'ils les corroborent. Mais le congrès 3'Aix a aussi ses conclusions à lui; surtout pour les questions qui intéressent la Provence. Il n'y a point ici à discuter ces conclusions; il suffit de les exposer, en appelant sur elles l'altention qu'elles méritent. Le congrès d'Aix, qui comptait M. Ferdinand de Lesseps parmi ses présidents, a été suivi pendant quinze jours, tant à Aix qu'à Marseille et à Nice, où il a tenu plusieurs séances, par plus de cinq cents membres, dont beaucoup d'agriculteurs. Quarante sociétés savantes ou agricoles y étaient représentées, et un journal de Marseille a pu dire que depuis