‹ Journal de l'agricultureChapitre 312 sur 527 · VŒUX AGRICOLES DU CONGRÈS SCIENTIFIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

VŒUX AGRICOLES DU CONGRÈS SCIENTIFIQUE DE FRANCE

les anciens étals de Provence, le Midi de la France n'avait pas offert une aussi imposante manifestation de l'esprit public. La section d'agriculture, chargée d'élaborer et de formuler les vœux qui précèdent, avait pour vice-présidents MM. Agard, président du Comice d'Aix; Rougement, président de la Société départementale d'agriculture des Bouches-du-Rhône; Pellicof, président du Comice de Toulon; Léopold de Gaillard, délégué de la Société d'agriculture d'Orange, et pour secrétaires MM. le comte de Clapiers, membre de la Société départementale d'agriculture; Charles de Falbaire, vice-président du Comice agricole d'Aix; .\ugustin Tardieu, propriétaire à Arles; Monerie de Cabrens, sous-inspecteur des forêts, membre de la Société centrale d'agriculiure des Basses-Alpes, et Marques, secrétaire du Comice d'Aix et rédacteur en chef de la Revue agricole de Provence. Elle était donc, cette section, activement et pertinemment dirigée. Ajoutons que ses séances ont été remplies par deux discours empreints de cette chaleureuse et piquante éloquence qui est le privilège habituel des hommes du Midi '.

M. de Larcy a plaidé avec feu la grande cause du sol, dont les intérêts, comme le dit M. Leplay dans son beau livre de la Reforme sociale, « s'identifient par des rapport si intimes avec les intérêts généraux du pays , que les meilleurs propriétaires fonciers constituent la classe la plus propre à remplir dans l'Éiat les fonctions de la vie publique. » A propos de cette dépopulation des campagnes, qui' inquiète tous les bons esprils, l'ancien député du Gard, a donné le bilan des charges effrayantes que supporte chez nous l'agriculture. Quel miracle que les cultivateurs s'en aillent, quand il leur faut payer à eus seuls la moitié des deux milliards du budget, sans préjudice du contingent qu'ils fournissent à l'autre moitié I Beaucoup sont obligés, quoi qu'on dise, de ne faire que du blé, et le prix du blé s'est avili. D'autres cultivent la vigne, à laquelle se prête merveilleusement le climat français. Mais les barrières fiscales sont là: les barrières fiscales, droits d'entrée et d'octroi, qu'un ministre des finances d'il y a quarante ans, M. de Chabrol, parlait déjà de supprimer (rapport du 15 mars 1830); et la question vinicole se résume encore aujourd'hui dans ce double fait : la moitié de la France ne boit pas de vin et l'autre ne sait que faire de celui qu'elle produit.

Ainsi, pas de milieu, s'est écrié M. de Larcy : « Ne pendez pas l'agriculture à

deux potences ou le système libéral, ou le système protecteur, mais ne nous

écrasez pas à la fois par l'un et par l'autre. .. i

Deux jours avant M. de Larcy, M. Léopold de Gaillard avait soutenu la même thèse, la thèse de la justice et de l'égalité pour tout le monde. Reporter sur les valeurs mobilières une partie du poids de l'impôt foncier, supprimer ou réibrmer les octrois, M. de Gaillard a demandé tout cela à Aix, et sa parole brillante n'a point eu de contradicteurs. Elle n'en aura pas beaucoup ailleurs, surtout quand on saura que les conclusions de M. de Gaillard sont en faveur de l'union, de cette union virile qui, aux champs comme à la ville, fait la force des grandes causes.

Se connaître et se compter, voilà ce qu'avant tous les orateurs du congrès d'Aix ont recommandé aux agriculteurs de France; n'est-ce pas aussi ce que leur répète sans cesse la direction éclairée de ce journal ?

0 fortunatos iiimium sua si vota norint.

Cette variante est de M. de Gaillard, mais nous trouvons comme lui qu'en pareil cas.

Le vers, [aux en latin, en français devient juste.

A. DE FûURNÈS.

Page 1