Voir le 1" volume de 1867, page '2G
l'agriculUire devient une amélioration pour l'état sanitaire des villes, et une source permanente de richesse pour le sol.
L'engrais humain, résultant de la production générale et de l'alimentation de l'homme, était, avant l'emploi des procédés Mosselman, généralement négligé, et expulsé dans les égouts et les rivières, au détriment de la santépublique.Onfait, ilestvrai, avecla partie solide seule, mélangée de quelques autres ingrédiens, un engrais pulvérulent nommé poudrolte, dont la fabrication entraîne, pour le voisinage des dépôts où elle se confectionne, des émanations putrides et insupportables. Ainsi , les Parisiens connaissent encore l'odeur nauséabonde qui s'exhale des dépotoirs de Bondy, odeur aussi infecte que malsaine. De plus, la fabrication de la poudrette est un procédé traité à bon droit de barbare, qui, par la fermentation, fait perdre aux matières les 9/10''" de leur azote, et en prive d'autant le sol producteur.
L'homme produit en moyenne par an 322 kilog. de matières solides et liquides; on conçoit par ce chiffre, extrait des observations de divers savants, quelle immense ressource l'agriculture peut tirer d'une ville comme Paris, par exemple, où la population est de près de 2 millions d habitants. M. Dudoiiy, dans son Guide pratique du cultivateur pour l'emploi des matières fertilisantes, estime qu'en Fi'ance on perd annuellement, par l'expulsion des déjections humaines dans les rivières et les égouts, pour au moins un demi-milliard de matières fertilisantes. Cette énorme richesse est négligée, gaspillée et perdue en grande partie, faute de moyens d'utilisation commodes et salubres. Ce sont ces moyens que M. Mosselman a imaginés, et que MM. Renard et Cie, ses successeurs, ont rendus pratiques.
Les procédés employés par MM. Renard et Cie, à leur usine de Paris, rue du Dépotoir, consistent: 1° à assécher et conserveries matières fécales à l'aide d'un pralinage avec de la chaux grasse, éteinte préalablement en farine avec des urines, et à produire ainsi la nouvelle substance sans odeur repoussante, dite chaux animalisée, qui devient un engrais assez riche et facilement transportable; 2° à récolter les urines seules, et à les mélanger directement avec de la chaux grasse, également éteinte en farine dans de l'urine, et à produire ainsi l'engrais auquel ils ont donné le nom de chaux supersatarée, engrais qui contient trois quarts d'urine pure et un quart de chaux grasse seulement; 3° à conserver les urines fraîches à l'état liquide et sans fermentation, au moyen d'une très-minime addition de chaux grasse, et à faire l'engrais dit urine imputrescible; 4° enfin, à rendre plus aisément transportable l'engrais humain en le comprimant à l'aide d'appareils spéciaux sous forme de briquettes, enveloppées d'une mince couche de chaux, ce qui permet le transport de cet engrais en grandes quantités sous un petit volume.
Le résultat de ces différentes opérations, qui se font sans nuire le moins du monde au voisinage, est de rendre inodore et mauiahle une matière repoussante sans lui faire perdre ses propriétés fertilisantes. Il existe plusieurs usines pour la fabricatien de cet engrais, à Paris d'abord, à Lisieux, à Saint-Quentin, à Provins, à Bourges, à Stains, en Belgique, en Saxe, en Italie, etc., etc. On commence à apprécier dans les grandes villes ce système, qui supprime ces ignobles réser-
voirs, nommés fosses d'aisances, dont la plupart des maisons sont infectées, et dont la vidange est un sujet de dégoût pour les habitants, en dépit de tous les désinfectants employés. Les appareils de la Compagnie chaufournère supprimeront aussi l'un des plus atroces métiers auquel certains ouvriers sont obligés de s'astreindre.
Les déjections humaines sont reçues au fur et à mesure de leur pro-