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Fig. 14. — Eléva'ion d'un appareil pour la collecte complète des matières solides et liquides.
Fig. 13. — Coupe verticale d'une fosse mobile du système diviseu: de la compagnie cliaufournière de l'Ouest.*
Fig. 15. — Coupe d'une maison présentant l'application de deus positions différentes des appareils de vidange, l'un récoltant t( les matières, l'autre perdant les liquides à.l'égout.
duction dans des vases cylindriques en tôle de fer dits fosses mobiles, portatifs et hermétiquement clos (fig. 13), qui n'occupent qu'un emplacement très restreint, et qui ne laissent échapper aucune exhalaison putride ou incommode. Ces vases sont partagés par une cloison percée de trous destinée à la séparation des solides et des liquides ; les derniers se rendent dans un second récipient semblable, contenant de la chaux éteinte en farine, où ils sont immédiatement absorbés sans que l'ammo-
niaque ait le temps de se former. La figure 14 montre la disposition complète des deux appareils. La tinette A reçoit les matières solides et liquides, et ces dernières s'écoulent par le tuyau C dans la secon ^■ tinette B. Nous avons représenté (fig. 15) la coupe supposée d'une maison pour montrer à gauche l'installation complète telle que nous venons de la décrire, et à droite celle qui, n'admettant qu'une tinette, ne conserve que la partie solide et laisse écouler les urines dans l'égout. La fig. 16 montre l'ensemble de l'installation établie à l'Exposition universelle de Paris cette année. Pour éviter d'appauvrir les matières fertilisantes par le mélange des eaux de lavage des cuvettes, les sièges sont munis d'un diviseur à clapet qui conduit les matières fécales par un tuyau A aboutissant aux fosses ou tinettes, et les eaux de lavage ne contéhant que fort peu de parties utiles, dans un autre tuyau B, qui les écoule dans les égouts, où elles peuvent êtres dirigées sans inconvénient. Ce tuyau est terminé par un ^phon S, dont la fermeture hermétique empêche les émanations venant de l'égout. Ce perfec-
Fig. 19. — Elévation d'un urinoir mobile absorbant les urines.
Fig. 20. — Coupe verticale d'un urinoir mobile absorbant les urines.
tionnement a le grand avantage de permettre la récolte des uiMnes aussi bien que celle des solides. On sait que lorsqu'elles ne sont pas mélangées d'eau, les urines sont bien plus riches encore que les matières solides, et que leur valeur dépasse le prix de leur transport aux plus longues distances. Nous avons visité une pièce contenant dix fosses mobiles, en pleine activité depuis longtemps; cette pièce fermée était parfaitement accessible sans que l'odorat en fût sérieusement choqué. Les propriétaires qui visiteront l'Exposition pourront voir ces fosses, et nous ne doutons pas qu'ils ne comprennent l'immense avantage du système de M.M. Renard et C^ au point de vue de l'économie, delà salubrité et de la simplicité. Ces appareils pourraient s'installer dans l'emplacement même des fosses fixes que l'on viderait préalablement et que l'on assainirait au moyen d'un blanchiment à la chaux.
11 suffit, pour descendre et remonter les tinettes dans les fosses, d'un palan, dont les cordes s'attachent aux anses dont chacune d'elles est pourvue, et deux ouvriers peuvent ensuite les transporter cà l'aide
d'un bâton placé sur les épaules de chacun^ comme on le voit figure 17. Une voiture simple, disposée pour ce service (fig. 18), apporte les vases vides et enlève ceux qui sont pleins.
Outre les fosses mobiles que nous venons de décrire, la Compagnie chaufournière s'est préoccupée de récolter, à l'aide d'appareils d'une forme spéciale, quoique basés sur le même principe, les urines fraîches. Elle propose donc d'établir en lieu convenable, sur la voie publique, des urinoirs représentés en élévation par la figure 19, et en coupe par la figure 20. La partie cylindrique A contient la chaux éteinte, B est une sorte de capuchon recouvrant la tinette proprement dite, et contenant un plan incliné C terminé par un orifice pour l'écoulement du liquide dans l'intérieur du vase cylindrique. La voiture qui fait le service des fosses mobiles se charge d'enlever et de remplacer chaque jour ces urinoirs, ce qui évite l'odeur qui s'exhale toujours des urinoirs fixes, même dans ceux oîi coule sans cesse un filet (Veau. A l'Exposition la disposition de ces appareils est différente. Ils se composent d'une série de vases recevant directement les matières émises pour les absorber dans la chaux grasse éteinte. Les urines étant fraîches, il ne se dégage aucune odeur ammoniacale au moment de leur contact avec la chaux, qui, du reste, est déjà hydratée et carbonatée par la mise en farine. Cette farine se supersature de liquide et forme une masse pâteuse qui se dessèche en quelques jours à l'air libre. On obtient, par ces dispositions, un système d'urinoirs complètement inodores qui ont le grand avantage de rendre tous les produits utilisables. Déjà plusieurs administrations de chemins de fer ont adopté ces appareils économisant l'eau nécessaire au lavage, qui ne supprimait pas l'odeur, malgré tous les soins de propreté, et il faut espérer que la ville de Paris, qui a provoqué à titre d'essai des applications de ce système sur différents points de la capitale, adoptera les urinoirs de MM. Renard et C^
L'hectolitre de chaux animalisée pèse en moyenne 75 kilogrammes, qui se composent ainsi : matières organiques, 14". 62; azote, 1\57; phosphate de chaux, 2". 43 ; chaux pure, 25 litres. Son prix est de 3 francs l'hectolitre, pris aux usines pour quantités de 1 à 1 ,000 hectolitres, et de 2 fr. 75 c. seulement pour quantités au-des"sus de 1,000 hectolitres. La chaux animalisée présente l'aspect d'un gros sable de couleur jaunâtre à granules de différentes grosseurs, composé d'une enveloppe de chaux et d'un noyau de matière fécale. A l'état sec, elle n'a qu'une odeur légèrement alcaline, et ne reprend son odeur particulière que sous l'inikience de l'humidité du sol. La chaux supersaturée est blanchâtre et se présente sous la forme de poudre ou grumeaux très-friables ; elle est inodore à l'état sec, et ne reprend l'odeur de l'urine que lorsque l'humidité la gagne.
La Compagnie vient enfin de créer des machines qu'on pourra voir fonctionner à l'Exposition de Billancourt, et' à l'aide desquelles elle comprime énergiquement les déjections solides sous forme de briques, qu'elle enveloppe ensuite d'une mince couche de chaux ou de plâtre. Sous cette nouvelle forme, l'engrais devient d'un transport facile et économique sans perdre aucune de ses propriétés. Il suffit pour l'employer de briser les briquettes, de les réduire en poudre, et de semer
à la main ou au semoir, en n'employant pas toutefois un semoir à brosses. Dans les terres fortes, la chaux animalisée doit être semée avant le second labour et enterrée à la cbarrue. Dans les terres légères un coup de herse suffit. On peut employer la chaux supersaturée en arrosage pour les cultures maraîchères ou l'horticulture, dans la proportion de 1 1/2 d'engrais pour 11 à 12 d'eau. La chaux animalisée n'a pas, dans ses effets, la rapidité des engrais pulvérulents fermentes : la coque de chaux qui enrobe la matière fécale en modère la décomposition. Cet engrais demande donc à être employé de bonne heure. La chaux supersaturée a des effets plus rapides, attendu que les matières fertilisantes ne sont pas emprisonnées dans une coque de chaux comme la chaux animalisée.
Les matières et les urines contenues dans les engrais delà Compagnie chaufournière étant conservées à l'état non fermenté, leur fermentation ne commence que dans le sol et dégaged'abord l'ammoniaque, gaz caustique dangereux pour les graines et les germes, qui a fait dire souvent que les engrais humains, et principalement les urines, brûlaient les plantes. Il faut donc mettre un intervalle de 10 à 15 jours entre l'épandage de l'engrais et les semailles afin de laisser à l'ammoniaque le temps de se dégager et de perdre son action corrosive.
Nous extrayons ces divers renseignements de l'ouvrage précité de ]M. Dudoiiy', où les questions scientifiques relatives à l'engrais humain, dit chaux animalisée, sont traitées complètement.
Nous crovons avoir suffisamment démontré aux agriculteurs l'importance des services que doit rendre au point de vue agricole et hygiénique l'emploi des procédés Mosselman. Ils pourront apprécier à l'Exposition l'ensemble de ce système, et juger la simplicité et la facilité de son application. Ils comprendront l'intérêt qu'il y aurait pour eux à voiries villes rendre à l'agriculture un engrais naturel abondant, toujours disponible, puisqu'il se renouvelle sans cesse, et dont la fabrication peut être rapprochée d'eux en la faisant dans toutes les villes.