ftOO kilog. de fumier
{La suite prochainement.) Georges Ville,
Professeur-administrateur au Muséum d'histoire naturelle.
(36) M'jmes observations pour les essais desquels il va être parlé.
On compte cette année un concours d'animaux de boucherie de plus que l'an dernier. C'est celui qui a été organisé pour avoir son siège à Châteauroux. Celte institution, créée en 1844, a pris successivement de l'importance ; elle répond à un besoin, car aux concours du gouvernement se joignent maintenant des concours de boucherie départementaux ou même cantonaux. L'art de bien engraisser et celui de bien choisir les animaux qui prennent le plus facilement un rapide développeiîient, ont tous deux fait de grands progrès. Mais il y a encore beaucoup à obtenir, et c'est ce que démontrent quelques-uns des comptes rendus que nous ont envoyés nos collaborateurs.
La dislribulion des prix aux lauréats du concours institué dans noire région pour les bêtes grasses destinées à la bouclierie a eu lieu le mardi 9 avril, avec l'éclat accoutumé.
A une heure, M. Boffinton, préfet du Gard, accompagné de MM. les conseillers de préfecture, de M. Fayet de Chabannes, commandant la subdivision du Gard, des membres de l'administration municipale et de quelques conseillers municipaux de la ville de Nîmes, d'un grand nombre de fonctionnaires de tous les ordres, d'agriculteurs et d'habitants notables, a visite le concours qui avait été parfaitement organisé par M. Zielinski, adjoint à l'inspection de l'agriculture. Puis, la séanc3 de distribution ayant été déclarée ouverte, M. le préfet a donné la parole à M. Goirand de Labaume, président de la Société d'agriculture du Gard, qui s'est exprimé en ces termes^ :
Messieurs,
On a reconnu, cette fois, que, dans la distribution qui va avoir lieu, les prix de moralité devaient passer avant les prix d'engraissement. Ce n'est donc pas comme vice-président du concours d'animaux de boucherie, mais au non de la Société d'agriculture du Gard que j'ai l'honneur de vous adresser la parole.
Le concours de moralité et de bons services entre tous les valets de ferme et tous les berger du département du Gard est, chaque année, un nouveau sujet de profonde satisfaction pour la Société d'agriculture. Elle s'applaudit tous les jours davantage d'avoir, depuis si longtemps, donné l'heureux exemple de cette utile création, qui, loin d'user son importance, semble acquéiir des forces en marchant. *
Nous nous réjouissions, lors du dernier concours, de pouvoir compter jusqu'à 34 candidats; 48 se présentent, cette fois, pour obtenir nos honorables, mais bien modestes récompenses.
Proclamer leur mérite, les signaler à la haute estime des honnêtes gens, afin d'exciter une généreuse émulation, c'est le meiiieur et le plus éloquent de tous les discours. La glorification du travail, de la probité, de la fidélité, inspire les vertus qu'elle exalte ; c'est ainsi que Plutarque a suscité plus de héros qu'il n'en a célébrés.
Il semble que tout a été dit depuis longtemps en l'honneur du travail ; mais il y a de ces vieilles vérités que l'on ne peut trop reproduire. Personne ne découvrant des vérités nouvelles, on ne saurait mieux employer son temps qu'en cherchant à mettre en lumière celles qui existent dans la conscience humaine.
Le travail est nécessaire dans toutes les positions sociales. Il éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin.
Que l'homme soii ou non destiné au bonheur, il est certain que la vie n'est jamais pour lui plus supportable que lorsqu'il travaille sérieusement. Il n'est pas plus fait pouV rester continuellement inactif que l'oiseau pour tenir toujours ses ailes fermées.
L'oisiveté corporelle ressemble à la rouille; elle use plus que le travaU, et l'on perd ses forces à ne pas s'en servir.
L'oisiveté intellectuelle laisse pousser trop de mauvaises herbes dans un esprit qui reste sans culture.
Le travail, qui fait vivre le pauvre, prolonge l'existence du riche, car il est la santé du corps et la joie de notre âme.
Lui seul peut apaiser toutes les fermentations si dangereuses des sens et de la pensée. 11 faut
fatiguer son corps pour reposer son âme. Franklin n'hésile pas à dire que « celui qui ne fait lien est bien près de mal faire; >> et nous trouvons dans un Père de l'Église cette prudente recommandation : Il Faites en sorte que le démon vous trouve toujours occupé à quelque chose d'utile. »
Toutes les saines occupations rentrent dans la loi générale du travail, et il est bon que le manouvrier, qui montre tant de dédain pour les travaux de l'homme d'études, auxquels il reproche d'être exempts de fatigue, sache bien que, comme le corps, l'esprit a ses sueurs.
Nous sommes loin du temps où le travail était une œuvre servile. Il est réhabilité aujourd'hui : intellectuel ou manuel, il doit occuper tous les degrés de l'échelle sociale, que l'on ne monte qu'avec son appui.
On ne rencontre plus guère de ces personnes qui croyaient fermement que leur naissance devait leur interdire presque toutes les professions, et qui se voyaient condamnées à être riches sous peine d'être méprisées.
L'aristocratie de nos jours se recrute dans toutes les classes de la société.- C'est l'utilité qui fait la noblesse. Les valets de ferme et les bergers que nous allons couronner sont tous dignes d'en faire partie, tandis qu'il y a beaucoup de millionnaires à qui l'on refuserait cet honneur.
Le travail, sous toutes les formes, a donc des droits à nos hommages ; mais nous les adrgpsons de préférence au travail des champs, au travail qui moralise le plus, au travail sans lequel nous mourrions de faim a côté de toutes nos richesses.
Dans tous les temps et par tous les législateurs, il a été considéré comme le premier des travaux. C'est d'ailleurs celui qui s'accorde le mieux avec notre organisation physique. Quand l'homme fut créé pour qu'il travaillât, ut operaret, comme dit l'Ëcriture, il n'était probablement pas destiné à passer sa vie dans un cabinet d'études, ou même à user ses forces enfermé dans quelque atelier.
Le travail appliqué ;\ la culture de la terre contribue, plus que tout autre, à l'entretien de la santé : on a même soutenu qu'il guérissait la folie. Sans vouloir lui contester ce mérite, nous sommes forcés de recon::aître que, quelque moralisateur qu'il soit, il ne sufht plus aujourd'hui pour étouffer toutes les mauvaises passions.
11 y a vingt ans que nous aurions noté comme des exceptions bien plus rares ces ouvriers agricoles qui courent de place en place, cherchant partout une condition où, sans travail et sans dépendance, ils puissent exiger un salaire qu'ils élèvent en raison inverse des services qu'ils ont l'intention de rendre. Leur conduite est un argument de plus pour ces observateurs malveillants qui ne craignent pas de prétendre que l'avidité du bien-être avec l'cloignement pour le travail est le trait distinctif de notre époque.
La durée du service dans le même domaine n'est pas la seule condition de notre concours. Il est trop vrai que" la tyrannie de l'iiabitude — cette routine du coeur — est souvent pour beaucoup dans les longues périodes indiquées par les certiticats, et que, quelquefois, trente années de service prouvent plus la patience du maitre que la fidélilé du valet.
Ce que nous venons glorifier ici, c'est le long attachement du valet de ferme pour le sol qu'il a l'habitude de cultiver et pour la famille qui le récompense de ses soins; ce sont ces liens intimes que les bons services établissent entre les maîtres et les serviteurs.
Voilà les hommes auxquels nous devons notre estime et notre reconnaissance, car l'un des plus puissants éléments des succès agricoles, c'est la moralité des agents.
Leurs vœux ne passent point leur champêtre domaine ; l'ambition, même la plus modeste, ne saurait les atteindre : tout changement équivaudrait pour eus à une révolution ; ce qu'ils veulent, c'est rester ce qu'ils sont.
Vous n'en verrez pas un qui, même quand le travail a augmenté son bien-èlre, ait la moindre envie d'enrichir son costfene. lis craindraient que l'on pût croire qu'avec la modestie de leurs vêtements, ils ont perdu la simplicité ds leurs mœurs. Ils comprennent que la redingote du citadin n'est pas toujours aussi sûre que la veste du laboureur d'obtenir cette considération, qu'ils ont le légitime orgueil de vouloir conserver. Ils se gardent bien d'imiter ces vieillards qui veulent qu'on respecte leurs cheveux blancs et qui commencent par les faire teindre.
J'ai déjà, messieurs, assez abu^é de votre indulgence. Le meilleur moyen de vous en remercier, c'est d'éviter d'eu avoir besoin plus longtemps.
Je vais donc finir en proclamant bien haut le nom de nos honorables lauréats, afin qu'ils ne demeurent pas inconnus, ainsi que cela arrive à beaucoup d'hommes de bien (jui ne savent pas faire du bruit.
Ils seront heureux de recevoir nos couronnes des mains d'un préfet, dont l'administration, aussi bienveillante qu'elle est ferme et habile, se voit entourée de tant de sympathies, et a su inspirer aux habitants des campagnes, comme à ceux de la ville, la plus légitime et la plus entière confiance.
Ces paroles, qui avaient excité à plusieurs reprises les sympathies et l'intérêt de l'auditoire, ont été couvertes d'applaudissements. Dès que le silence s'est rétabli, les prix décernés aux vieux serviteurs de l'agriculture ont été proclamés dans l'ordre suivant. Dans ce Concours, exclusivement réservé aux valets de ferme et aux bergers, on a dû soigneusement écarter tous les autres genres de services.
Valets de ferme. — I" prix : une médaille en vermeil d'une somme de 80 fr. , au sieur Jean Gâches, âgé de soixante-seize ans, valet de ferme depuis 1816, chez
M. Paulin Bargié, propriétaire à Lasalle (Gard) : cinquante ans de service non interrompus. — 2% une médaille en argent et une somme de 70 fr., au sieur Jean Soulier, valet de ferme depuis 1819 chez M. H. Mégier, propriétaii'e et maire à Saint-Marcel de Careiret (Gard) : quarante-sept ans de service sans interruption. — 3' , une médaille en bronze et une somme de 60 fr. partagée entre les sieurs Louis Malzac, valet de ferme depuis quarante-deux ans chez M. Casimir Portalès, propriétaire à Saint-André de ÎMajencoules, et Florent Souche, valet de ferme depuis quarante et un ans chez M. Achille Raiizier, propriétaire à Corconne
En présence des nombreux certificats envoyés, la Société a cru devoir décerner des mentions honorables à tous les valets de ferme dont la durée du service dépassait trente ans. Les voici, par ordre d'ancienneté : 1" mention honorable : au sieur Simon Raynaud, valet de ferme depuis trente-six ans, chez AI. JMathon, propriétaire à Chusclan (Gard). — 2% au sieur Jean Delpuech, valet de ferme depuis trï(fite-quatre ans, chez M. Jean Gabien, propriétaire à Godognan (Gard). — 3% au sieur Louis Berbiguier, valet de ferme depuis trente-trois ans, chez M. Lauret, propriétaire à Anduze (Gard). — 4=, au sieur Joseph Commeignes, valet de ferme depuis trente-deux ans, chez M. Brun, propriétaire à Campeslre (Gard). — 5', au sieur Isidore-Prosper Grouzier, valet de ferme depuis trente ans, chez M. Joseph Barnouin, propriétaire à Saint-Bonnet (Gard).
Bergers. — l'" prix : une médaille en vermeil et une somme de 80 fr., au sieur Jean Mourgue, berger depuis trente-neuf ans, chez M. Alexandre Trial, propriétaire à Saint-Césaire de Gauzegnan (Gard). — 2% une médaille en argent et une somme de 70 fr., au sieur Louis Granier, berger depuis trente-huit ans, chez M. Eugène Nègre, propriétaire au Gailar (Gard). — Quoique l'affiche ne mentionnât pas de troisième prix, la Société, en présence des nombreux certificats envoyés, a cru convenable de le décerner. — 3', une médaille en bronze et une somme de 60 fr. , au sieur Louis Voile, berger depuis trente-six ans et demi, chez M. Lucien-xAchille Rauzier, propriétaire à Corconne (Gard).
Des mentions honorables ont aussi été décernées comme suit, à tous les bergers dont la durée de service dépassait trente ans. — 1" mention honorable : au sieur Louis Langlois, berger depuis trente-six ans, chez M. Sabatier d'Espeyran, propriétaire à Saint-Gilles (Gard). — 2% au sieur Louis Chapel, berger depuis trentedeux ans, chez M. A. Silhol-Mathieu, propriétaire à Montaren (Gard). — 3% au sieur Salomon Gilles, berger depuis trente et un ans, chez M. Barthélemi Salomon, propriétaire à Moulezan (Gard). — 4% au sieur Louis Planque, berger depuis trente ans, chez M. Jean Perrier, propriétaire à La Molières, commune de Yalleraugue (Gard).
L'assistance a donné plusieurs fois des preuves de l'intérêt que provoquent dans toutes les âmes honnêtes les longs et honorables services d'ouvriers agricoles consacrant leur vie entière à une œuvre de dévouement et d'affection pour le même maître. La plupart de ces vétérans de l'agriculture étaient visiblement émus des applaudissements qui les accueillaient au moment oi'i ils recevaient leurs médailles des mains de M. le préfet.
La distribution de ces récompenses achevée, la parole a été donnée à M. Ziélinski, adjoint à l'inspection générale de l'agriculture, commissaire général du Concours et président du jury. L'honorable fonctionnaire a apprécié en quelques mots notre Concours de 1867. Il a reconnu que si le nombre des animaux qui ont pris part k la lutte a été inférieur à celui des Concours précédents, cela tient évidemment à des circonstances peu favorables à l'industrie de l'engraissement. Le prix des animaux maigres est excessivement élevé, et le propriétaire a tout intérêt à une vente immédiate qui lui assure un large profit, tout en évitant les chances qu'on a toujours à courir quand on veut produire une viande plus abondante. Il a reconnu également que la qualité, du moins, était très- remarquable dans la presque généralité des animaux exposés; ce qui prouve que les éleveurs, comme les engraisseurs, sont entrés dans une bonne voie et savent choisir les races qui, à moindres frais, arrivent le plus facilement à un bon état d'engraissement. Sous ce dernier rapport, le Concours de Nîmes ne mérite que des éloges. Après cet exposé, les prix ont été décernés aux lauréats dans l'ordre suivant :
Espèce bovine. — 1" classe. — Jeunes bœufs. — 1" catégorie. Animaux nés
depuis le 1" avril 1864, — 1" prix ' : 600 fr., M. Franz de Vaulx, propriétaire à Moiitaigu-le-Blin,etMalzet, métayer, bœuf de 32 mois pesant 736 kilog ; 2% 500 fr., M. Paul de Vaulx, propriétaire, et Gussinet, métayer, à Rongère (Allier), bœuf de 30 mois, 801 kilog. — 2*' catégorie. — Animaux nés depuis le 1" avril 1865. — 1" prix : 600 fr.,M. Franz de Vaulx, bœuf de 37 mois, 920 kilog.; 2% 500 fr., M. Benoist d'Azy (Nièvre), bœuf de 36 mois 6 jours, 783 kilog.
2' classe. — Bœufs répartis, suivant leur race, en différentes catégories, sans distinction d'âge. — 1" catégorie. — Race d'Aubrac pure et ses analogues. — l"'prix : 400 fr., M. Juéry, éleveur, à Sainte-Urcize (Gantai), bœuf de 5 ans, 780 kilog. ; 2% 300 fr., M. Joseph-Antoine Durand, engraisseur à Gros (Aveyron), bœuf de 10 ans, 887 kilog.; 3% 200 fr., M. Veyssade, éleveurà Sainte-Urcize (Cantal), bœuf de 5 ans, 740 kilog. — 2' catégorie. — Race de Salers pure et ses analogues. — 1"' prix : 400 fr., M. Guillaume Hugon, engraisseur à Salviac (Lot), bœuf de 5 ans, 1,078 kilog.; 2% 300 fr., M. Juery, bœuf de 6 ans, 1,000 kilog.; 3', 200 4r., M. Benoist d'Azy, éleveur à Saint-Benin-d'Azy (Nièvre), bœuf de 4 ans et demi, 874 kilog. — 3" catégorie. — Toutes races ou sous-races françaises ou étrangères, non désignées ci-dessus. — 1"' prix : 400 fr., M. Pierre Fouscais, engraisseur à Carcassonne (Aude), bœuf de 7 ans, 1,060 kilog.; 2% 300 fr., M. Guillaume Hugon, engraisseur à Salviac (Lot), bœuf de 5 ans, 1,019 kilog.; 3% 200 fr., M. Léonce Destremy, éleveur à Saint-Christol-lès-Alais, bœuf de 4 ans et demi, 779 kilog.; 4% 100 fr., M. Boquet, éleveur à Tourneleuille (Haute-Garonne), bœuf de 5 ans, .988 kilog.; Mention honorable, M. Victorien Juslamond, engraisseur à Bagnols "(Gard), bœuf de 4 ans, 780 kilog.
3' ciasse. — Vaches. — 1" prix : 300 fr., M. Benoist d'Azy, vache de 39 mois, 721 kilog.; 2% 200 fr., M. Franz de Vaulx et Malzet, vache de 29 mois, 665 kilog.; 3% 150 fr., M. Gaston Basile, éleveur à Lattes, près Montpellier, vache de 6 ans, 544 kilog.; 4", 100 fr., M. Léonce Deslremx, vache de 5 ans, 908 kilog.
4' classe. — Bandes de bœufs composées de quatre animaux au moins de même provenance et de même race, appartenant au même propriétaire et n'ayant pas concouru pour les autres prix. — Prix unique, 500 fr.,M.J.-A. Durand.
Prix offerts par la ville de Nîmes aux concurrents qui ont présenté le plus grand nombre de beaux bœufs. — l" prix, 200 fr.,M. Joseph-Antoine Durand, 7 bœufs; 2«, 150 fr., M. Juery, 6 bœufs.
Prix offerts par la ville de Nîmes aux concurrents qui ont présenté les plus belles vaches grasses classées par ordre de mérite après celles qui ont obtenu le prix du gouvernement. — l'"' prix : 80 fr., M. Léonce Destremx, vache de 5 ans; 2% 70 fr., M. Joseph Aimeras, laitier à Nîmes, vache de 6 ans, 460 kilog.
Espèce ovine. — 1" classe. — Moutons nés depuis le 1" octobre 1865. — 1" prix : 400 fr., M. Francisque Ramin, éleveur à Jaligny (Allier), lot de moutons de 13 mois, 570 kdog.; 2% 300 fr., M. Galixte Paillet, engraisseur à Gourthezon (Vaucluse), lot de moutons de 18 mois, 565 kilog.; 3°, 200 fr., M. Joseph Paillet, lot de moutons de 18 mois, 550 kilog.
2" classe. — Moutons nés avant le 1"' octobre 1865. — 1"' prix : 250 fr., M. Teyssèdre, engraisseur à Alais (Gard), lot de moutons de 4 ans, 795 kilog.; 2% 200 fr., M. Moutte, éleveur à Entraigues (Vaucluse), lot de moutons de 4 ans, 566 kilog.; 3", 100 fr., M. Auguste Gilles, engraisseur à Saint-Hippolyte (Gard), lot de moutons de 3 ans, 7 1 6 kilog.
Prix offerts par la ville de Nîmes aux concurrents qui ont présenté les plus beaux lois de moulons gras, classés par ordre de mérite, après ceux qui ont obtenu le prix du gouvernement. — 1" prix : 80 fr., M. Auguste Gilles, lot de moutons de 3 ans, pesant818 kilog.; 2", 60 ir., M. César Molinier, éleveur à Saint-Hippolyte (Gard), lot de moutons de 3 ans, 67 1 kilog.
3" classe. — Agneaux de lait. — 1" prix, 100 Ir , M. Fabre-Lichaire, de Nîmes, lot d'agneaux de 23 à 28 jours, 130 kilog.; S,% 75 fr., M. André Tempier, d'Aimargues (Gard), lot d'agneaux de 6 semaines, 135 kilog.
Prix ofl'erls par la ville de Nimcs aux exposants de lots d'agneaux de camp les plus parfaits de conformation et les mieux préparés pour la boucherie. — l"prix, 80 fr., M. Ribière, éleveur à Fourques (Ga^d), lot d'agneaux de 4 mois, 358 kilog.;
1. Les premiers pris sont accompagnés d'une médaille d'or; les seconds prix d'une médaille d'argent; les troisièmes prix d'une médaille de bronze.
2% 70 h'., M. Tempier, d'Aimargues, lot d'agneaux de 4 mois, 286 lùJog.; 3'', 50 fr,, M. Fabre-Lichaire, lot d'agneaux de 3 mois, 280 kil.
Espèce porcine. — l'" classe. — Races françaises pures. — 1" et 2' prix non décernés.
2" classe. — Races étrangères pures et races croisées. — 1" prix : 150 ir , M. Pierre Fauque, éleveur, au Thor (Vaucluse), porc pesant 221 kilog.; 2% 125 fr., M. Emile Mourier, àNîmes, porc de 12mois, 245 kilog.; 3'', 100 fr., M. Francisque Ramin, éleveur à Jaligny (Allier), porc de 11 mois et demi, 152 kilog.
La distribution des prix achevée, M. le préfet a levé la séance. Pendant toute la journée, les animaux qui ont pris pari au concours sont restés exposés et un trèsgrand nombre de curieux et d'agriculteurs sont allés les visiter.
Jules Boucoirax.
« II. — Concours de Bordeaux.
Longtemps on a cru et il est encore des personnes qui ne peuvent supposer l'existence de beaux sujets, soit de travail, soit de boucherie, qu'en Angleterre. Certes, ce que l'on a vu à Bordeaux pendant le Concours dont nous voulons rendre un compte sommaire, eût été de nature à réformer celte manière de penser; nonseulement parceque ce Concours a été l'un des plus beaux de la série qui remonte à 1849, mais aussi parce qu'il a donné la plus liaute et la plus complète idée des ressources du pays et de la nature de ses produil.s. Au besoin nous pourrions, à cet égard, faire des citations assez curieuses et propres à démontrer ce qu'avait de trop absolu l'opinion que nous rappelons. Par exemple, lors de son voyage agricole en France, en 1790, le célèbre agronome Arthur Young eut occasion de s'expliquer, tant sur le mérite de la cuisine française que sur celui des produits servant de bases à cet art imporlant.
« Il n'y a qu'une opinion, dit-il, sur la cuisine française; car en Europe tout homme qui tient table a, soit un cuisinier français, soit un de leurs élèves. Je n'hésite pas à la proclamer bien supérieure à la nôtre. Nous avons en Angleterre une demi-douzaine de plats vraiment nationaux surpassant, à mon avis, tout ce que peut offrir la France ; j'entends un turbot à la sauce au homard, du poulet avec du jambon, de la tortue, un quartier de venaison, une dinde îi la sauce aux huîtres, et puis c'est tout. C'est un vrai préjugé de mettre le rosbif dans cette liste: car il n'y a pas de bœuf au monde comme celui de Paris. »
De l'aveu des personnes qui ont suivi cette institution, le Concours de 1867 est, aussi bien sous le rapport du nombre des sujets que sous celui de leur préparation et des véritables progrès dont il témoigne, l'un des plus remarquables que l'on ait vus à Bordeaux. L'espèce bovine oftVe de toutes parts des perfections que l'on avait pu constater sans doute, mais non d'une manière aussi générale et aussi uniforme. Ces faits sont une démonstration capitale du travail qui s'opère dans l'une des branches les plus importantes de l'économie rurale, sous l'influence d'une institution telle que celle qui nous occupe et an grand avantage des consommateurs; La race garonnaise s'est montrée avec sa distinction habituelle. On sait combien sont précieux les mérites de cette race, également recherchée pour le travail et pour l'engraissement, même pour l'engraissement précoce, comme l'avaient déjà prouvé les concours précédents. Ici on remarquera la mention très-honorable donnée à toute cette catégorie. La contrée possède dans cette même catégorie une ressource avec laquelle elle pourra, le temps et l'emploi des moyens de progrès aidant, égaler les plus beaux résultats obtenus en ce genre dans les autres contrées de l'Europe les plus justement renommées sous ce rapport. La race bazadaise se trouve dans une situation tout à fait semblable. On remarquera que c'est un sujet de cette précieuse race qui a mérité la grande récompense de la coupe d'honneur offerte par la ville de Bordeaux. Cette récompense hors ligne, objet, on nous permettra de le dire ici, de démarches auxquelles nous nous étions associé depuis plusieurs années, tire encore en ce moment une nouvelle valeur de sa nouveauté, et l'on est heureux de voir justement la race spéciale au département de la Gironde obtenir cette distinction. Les producteurs au Concours de Bordeaux ont été flattés de la mesure adoptée par la municipalité de cette ville, si justement renommée d'ailleurs pour la sollicitude qu'elle a toujours témoignée et pour l'agriculture, et pour les consommateurs de ses nombreux produits. La race .limousine
est aussi dans la position heureuse des races précédentes; de même que la race landaise, de plus en plus précieuse pour nos marchés, où elle est amenée par nos chemins de fer et où elle est recherchée pour les qualités que lui imprime l'intelligente population qui lui prodigue ses soins. Celte dernière catégorie a été également l'objet d'une mention honorable. Nous signalerons aussi les prix affectés à l'engraissement précoce. Là se rencontrent des représentants de toutes nos races locales, témoignant ainsi des ressources précieuses offertes par le pays et des résultats obtenus par les éleveurs. Les moutons méritent aussi d'être distingués. Ce sont toujours, à peu de chose près, les mêmes provenances et les mêmes races, pures ou croisées. C'est, de plus, l'indication de choix judicieux, de soins intelligents et d'améliorations réelles. Quant aux porcs, on reconnaît de nouveau l'influence heureuse du sang étranger sur les animaux de cetle espèce que possédait déjà la contrée. On les voit participer, eux aussi, aux progrès agricoles que proclament déjà et à un si haut point les autres espèces mentionnées. C'est M. Chambellant, inspecteur général de l'agriculture, qui a dirigé les travaux du jury; travaux que les ressources et la beauté du Concours de 1867 rendaient particulièrement longs et difficiles. La séance solennelle de la distribution des prix a eu lieu par un très-beau temps. Un auditoire des plus nombreux se pressait à cette solennité agricole. En l'absence de M. le préfet, c'est le secrétaire général, M. Armand Pihoret, qui l'a présidée. A ses côtés se trouvaient M. Chambellant, inspecteur général de l'agriculture; M. Lataste, adjoint au maire de Bordeaux; MAI. les sous-préfets de la Réole, de Libourne et de Bazas; M. le président de la Société d'agriculture, les membres du jury, etc. En ouvrant cette séance, M. A. Pihoret a fait entendre des paroles tout à la fois faciles, gracieuses et utiles. Après avoir regretté l'absence momentanée de M. le préfet de la Gironde et de M. le maire de Bordeaux, il a parlé du beau et nombreux Concours de 1867; de l'influence marquée de cette institution ; du prix qu'y attache avec juste raison le gouvernement de S. M. l'Empereur ; des considérations que fournit un mode d'encouragement fondé sur les sentiments du cœur les plus généreux et les plus féconds. M. le secrétaire général de la préfecture a terminé par un rapprochement qui a paru des plus heureux ; il a fait remarquer que les deux grands artistes en peinture que compte notre ville, Brascassat et Rosa Bonheur, ont dû leur grande et légitime réputation à la reproduction des animaux qu'élève l'agriculture, qui peuplent l'habitation rustique.
Voici la liste complète des récompenses :
Espèce bovine. — V' classe. — Animaux jeunes, sans distinction de races. — 1" catégorie. — 3 ans au plus. — 1"' prix : 700 fr., M. Montagut, de Marsac (Dordogne), limousin de 35 mois; 2% 600 fr., M. Jean Dulilb, d'Habas (Landes), bœuf landais de 36 mois; 3% 500 fr., M. Menneguerre, de Meilhan (Lot-et-Garonnne), bœuf garonnais de 33 mois et demi. — 2'^^ catégorie. — k ans au plus. — 1" prix : 700 fr., M. François Bernèse, de Meilhan (Lot-et-Garonne), Lazadais de 41 mois; 2% 600 fr., M. Chambaudet, de Meilhan (Lot-et-Garonne), garonnais de 37 mois; 3% 500 fr., M. Grouzard , de Bourdelles (Gironde), garonnais de 36 mois.
2' classe. — Animaux répartis suivant leurs races et sans distinction d'âge. — 1" catégorie. — Races garonnaise et analogues. — 1" prix : 500 fr., M. Antoine Duzan fils, de Lamothe (Gironde), garonnais de 4 ans 2 mois; 2% 400 fr., M. Jean Duzan, de Fontet (Gironde), garonnais de 4 ans 3 mois; 3% 300 fr., M. Menneguerre, garonnais de 4 ans 3 mois; 3', 300 fr., M. Menneguerre, garonnais de 9 ans; mentions honorables et médailles de bronze, à MM. Arnaud Arrivet et Chambaudet, et mention très-honorable à toute la catégorie. — 2° catégorie. — Race bazadaise et analogues. — 1" prix : 500 fr., M. François Bernède, bazadais de 5 ans; 2% 400 fr., M. Chambaudet, bazadais de 5 ans; 3% 300 fr., M. Jean Castets, de Hure (Gironde), bazadais de 46 mois; mention honorable et médaille de bronze à M. Jean Bergadieu, de Floudès (Gironde). — 3« catégorie. — Race limousine et analogues. — 1" prix : 500 fr., M. Montagut, limousin de 5 ans; 2% 400 fr., M. Arnaud Arrivet, limousin de 6 ans; 3% 300 fr., M. Antoine Duzan fils, limousin de 49 mois. — 4'' catégorie. — Races landaise et analogues. — 1" prix : 500 fr., M. Bernard Gamiade, de Clermont (Landes), landais de 52 mois; 2% 400 fr., M. Victor Langlade, do Pau, landais de 5 ans; 3% 300 fr., M. Henry
Forcade, d'Ortliez (Basses-Pyrénées), landais de 4 ans et demi; mention honorable à MM. Dupreuelh, de Saubrigues (Landes); Louis Langlade, et à toute la catégorie. — 5" catégorie. — Races étrangères diverses. — l" pri.x : 500 fr., M. Montagut, durliam de 39 mois; 2% 400 îr., M. Raymond Cliizau, de Fontet (Gironde), ayr de 39 mois. — 6" Catégorie. — Races françaises diverses pures ou croisées. — !"■ piix : 500 fr., M. Olivier Arnaud, de Juzix (Lot-et-Garonne), bazadais-garonnais du 5 ans; 2% 400 fr., M. Guillaume Ghatemisse, de Vezac (Dordogne), salers de 5 ans; 3", 300 fr., M. Chambaudet, garonnais de 4 ans et demi. — 3' classe. — Vachep. — l" prix : 300 fr., M. Montagut, durham de 4 ans; 2", 200 fr., M. Olivier Arnaud, garonnaise de 5 ans; 3'', 150 fr., M. Galard de Béarn, de Gonnezac (Dordogne), limousine de 11 ans; 4% 100 fr., M. Lavercy, de Sainte-Maure (Lotet-Garonne), landaise de 36 mois. — 4'' classe. — Bandes de bœufs de quatre animaux au moins. — Prix unique, médaille d'or et 500 fr. à M. Louis Langlade, bande de quatre bœufs landais de 6 à 8 ans.
Espèce ovine (par lots de 10). — 1" classe. — Animaux jeunes sans dictinction de races. — Animaux de 18 mois au plus. — 1"' prix : 400 fr., M Laprade, de Mazerolles (Vienne), moutons southdowns-berrichons de 14 mois; 2% 300 fr., M; Arnaud Duperrain, de Verdelais (Gironde), moutons charmois- croisés de 15 mois; mention honorable à M. Lévrier, de Rom (Deux-Sèvres). — 2' clas.se.
— Moulons divisés d'après leur race. — 1" catégorie, — Grandes races françaises pures ou croisées. — 1" prix : 200 fr,, M. Perromat, de Créon (Gironde), moutons poitevins de 3 ans; 2% 150 fr., M. Guillaume Lie f, de Cambes (Gironde), montons poitevins de 3 ans. — 2= catégorie. — Petite race des Landes. — Prix unique ; 100 fr., M. Joret, de Saint-Michel-de-Gastelneau (Gironde), moutons landais de 4 à 5 ans. — 3' catégorie. — Races étrangères pures ou croisées. — 1" prix : 200 fr., M. Perromat, moutons dishley-poitevins de 24 mois; 2=, 150 fr., M. Audral, de Toulouse, moutons dishley-lauraguais de 28 mois. ,
Espèce poreiue. — 1" classe. — Races françaises pures ou croisées. — 1" prix : ' 100 fr., M. le marquis Dulleau d'Altemens, de Brassac (Dordogne), porc françai s de 14 mois ; 2', 75 fr., M. Laprade, porc limousin de 14 mois et demi, t— 2" classe.
— Races étrangères pures ou croisées. — 1" prix : 150 fr., M. Edmond Delpech, de Guérin (Lot-et-Garonne), porc hampshire-essex-manchester de 9 mois; 2% 100 fr., M. Robert Ladélarie, de Cubjac (Dordogne), porc étranger, de 9 mois;' 3% 75 fr , M. Texier, de Verteillac (Dordogne), porc étranger. — 3" classe. — Animaux provenant de croisements étrangers et français. — 1" prix : 150 fr.,M. Noël Gagnerie, de Gubjac (Dordogne), porc anglo-français de 12 mois; 2'^, 100 fr.j- M. Martial Mounier, d'AngouIême (Charente), porc anglo-français de 10 mois; 3", 75 fr., M. Màrlin David , de Ghalais (Charente), porc anglo-français. -de 12 mois.
Prix d'honneur, offert par la ville de Bordeaux (une coupe d'argent), àM.Fran'çois-Bernède, déjà nommé, poifr le bœuf qui a obtenu le premier prix dans la se- ■ conde classe, deuxième catégorie, races bazadaises el analogues, ci-dessus.
Ici nous devons mentionner d'une manière toute particulière l'impression produite par la coupe d'honneur sur l'auditoire, qui a parfaitement compris la valeur de cette distinction, et sur le lauréat, qui l'a reçue avec la plus sincère et la plus démonstrative des reconnaissances.
AuG. Petit-Laffitte.