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CONCOURS DE NANCY

norables : MM. Petit, de Nancy (Meurthe) ; Hachotte aîné, de Seicharaps (Meurthe); Steinbach, de Nancy (Meurthe). — 2" catégorie. — Mérinos et métis mérinos. — 1" prix : 300 fr., M. Steinbach, de Nancy (Meurthe); 2% 200 fr., M. Hachotte, précité.

Pores. — 1'° classe. — Races françaises pures ou croisées entre elles. — Prix non décernés. — 2" classe. — Races étrangères pures ou croisées entre elles. — 1" prix : 100 fr., M. Haas-Bastien, k Nancy (Meurthe); 2% 75 fr., M. Engelhart, à Maixe (Meurthe); 3% 50 l'r., M. Perrin-Grépey, du Pont-d'Essey (Meurthe), et mention honorable au même. — 3' classe. — Animaux provenant de croisements étrangers et français. — 1" prix : 100 fr., M. Savy; 2% 75 fr., M. Burtin de Haraucourt (Meurthe); 3% 50 fr., M. Haas-Bastien.

Au concours des animaux de boucherie, la Société d'acclimatation de Nancy avait joint un concours de volailles grasses. A part le regret d'avoir vu un si petit nombre d'exposants lorrains y prendre part, et d'avoir constaté l'abstention de quelques éleveurs qui, ayant envoyé leurs déclarations, n'ont pas expédié leurs produits, la Société d'acclimatation a eu lieu de se féliciter de l'organisation d'une exposition qui, pour la seconde fois, a obtenu tout le succès qu'elle en espérait. Les grands pays d'élevage avaient envoyé de magnifiques spécimens de leurs produits ; aussi le public hésitait-il à se prononcer entre les divers concurrents. Les lots de poulardes et coqs vierges de La Flèche, principalement, excitaient l'admiration des visiteurs à cause de leur finesse et de leur perfection ; les poulardes de la Bresse attiraient aussi les regards par leur complet engraissement et l'art avec lequel elles étaient préparées "pour la montre. Parmi les volailles de races diverses et du pays, on remarquait surtout le beau lot présenté par Mme Brice, de la Malgrange, qui a témoigné que, dès aujourd'hui, l'élevage et l'engraissement des volailles étaient bien conduits dans les environs de Nancy. Son exemple entraînera probablement les autres éleveurs de notre pays, qui tiendront à honneur, lors du prochain concours, de ne plus rester à l'écart comme ils l'ont fait jusqu'à présent ; nous pensons qu'au contraire, ils voudront prendre part à une lutte qui ne peut que leur être avantageuse en les faisant connaître. En agissant ainsi, ils répondront aux vues de la Société d'acclimatation et montreront qu'ils ne sont pas indifférents aux efforts qu'elle a toujours faits pour propager la gallinoculture en Lorraine. Voici la liste des récompenses décernées aux exposants de volailles grasses :

Prix d'honneur : une médaille en vermeil et 50 fr., Mme Aillerot, de la Flèche (Sarthe), pour le bel ensemble de son exposition et le nombre de ses volailles.

Race de la Flèche. — 1" premier prix : une médaille d'argent et 20 fr., Mme Aillerot; 2" premier prix : une médaille d'argent et 20 fr., M. Pierre Moreau, du Bailleul (Sarthe); l" second prix : une médaille de bronze et 15 fr., M. René Lusson, de la Pavellière (Sarthe) ; 2" second prix : une médaille de bronze et 15 fr,, j\I. Charles Leroy, de la Favellière (Sarthe); 3° prix : une médaille de bronze et 10 fr., M. Vilfeu, de la Grand'Maison (Sarthe); mention honorable à M. Pierre Moreau.

Race de Houdan. — 1" prix : une médaille d'argent et 20 fr., M. Anceaume, de Gamberis (Seine-et-Oise).

Race de la Bresse. — 1" prix : une médaille d'argent et 20 fr., M. Jean Poucet, de Bény (Ain) ; 2" prix : une médaille de bronze et 15 fr., M. Ghambard, des Carrouges (Ain); 3' prix : une médaille de bronze et 10 fr., M. Jean-Louis Blanc, de Bény (Ain).

Races du pays. — 1" prix : une médaille d'argent et 20 fr., Mme Brice, de la Malgrange.

Races diverses. — I" prix: une médaille d'argent et 20 fr., Mme Aillerot.

Dindons. — 2' prix : une médaille de bronze et 15 fr., Mme Brice; mention honorable à M. Lefèbre de Montjoye, au château de Lasné, près Nancy.

La Société d'acclimatation a accordé une médaille d'argent à M. Pinaud, pour les deux chevaux engraissés qu'il a présentés.

Gaspard, agriculteur à Appleinont.

. IV. — Concours de Lyon.

Le concours annuel d'animaux de boucherie de Lyon a eu lieu les 9 et 10 avril.

Le jury était présidé par M. Rendu, inspecteur général de l'agriculture. Dans la séance de distribution des prix, M. Tisserant, rapporteur du jury, a lu le compte rendu suivant :

Messieurs, cette fois encore j'aurais voulu décliner l'honneur de prendre la parole au nom du jury du concours et laisser à d'autres plus versés que moi dans la connaissance et dans la pratique du bétail, le soin de vous traduire les réflexions que nous a suggérées l'exliibition que vous avez sous les yeux; la mission honorable mais délicate de louer dignement et avec mesure les heureux lauréats de la journée, de faire rentrer le courage et la volonté dans l'esprit d'exposants non moins habiles peut-être, mais moins bien servis cette foiî par les circonstances, et chez qui des succès autérieurs mérités ou des efforts intelligents avaient fait naître de légitimes espérances. J'aurais désiré surtout que M. l'inspecteur général, après avoir dirigé nos opérations d'hier avec une bienveillance et une habileté que nous nous plaisons à proclamer de nouveau , eût consenti à vous présenter lui-même, avec toute l'autorité de sa haute science agricole et de sa longue expérience des concours, les enseignements divers que renferment les objets de l'exposition. Il n'aurait pas eu besoin de l'indulgence que je suis oblige de demander pour moi-même ; il vous eût instruits, et ce qui n'est jamais indifférent à un publie français, il vous aurait intéressés.

Vous instruire, je n'oserais y prétendre; vous intéresser, mon ambition ne peut aller jusque-là. Ce n'est pas que les concours d'animaux de boucherie ne puissent fournir matière à, des obrervations dignes de toute votre attention, et que ce sujet qui touche directement à l'économie politique et sociale, quoique déjà vieux pour quelques-uns d'entre nous, ne puisse encore offrir les éléments d'une discussion. La mine était féconde, et il reste certainument quelques filous à explorer.

Mais, messieurs, pourrais-je espérer détourner un instant vos esprits des préoccupations qui les assiègent sans doute et dont je ressentais moi-même toutes les vivacités en traçant, il y a quelques heures, les lignes destinées à conserver un jour, un moment, le souvenir de la soleunité qui nous rassemble ! Le spectacle de la France traversant en pleine paix, au milieu d'une prospérité indiiptrielle et commerciale dont les nations offrent peu d'exemples, une crise que peuvent seuls éprouver et supporter avec calme les grands peuples, laisse-t-il en effet beaucoup de place pour d'autres pensées? Et pourtant combien de questions agitées, soulevées naguère et non encore résolues, combien

. d'événements qui se rapportent aux plus grands intérêts de l'agriculture sollicitent vos méditations et lés nôtres! Comment ne pas rappeler l'épreuve solennelle, véritablement nationale de l'enquête récente dans laquelle les besoins et les vœux de l'agriculture ont été exposés avec la plus entière liberté, et recueillis avec le désir sincère d'arriver à la découverte de la vérité sur notre situation intérieure, sur la doctrine tant controversée du libre échange qui s'impose cependant d'elle-même à ceux qui la discutent sans crainte et sans prétention? La concurrence redoutable que font à l'agriculture, dans le placement du capital, la distribution du crédit, l'emploi des bras et le taux des salaires, les entreprises industrielles et commerciales, l'existence menaçante de la maladie terrible, la peste bovine, qui n'a pas encore quitté le sol de la Grande-Bretagne, qui continue ses

' ravages en Hollande, dont le développement n'a pu être conjuré en Belgique, en Suisse, au delà du Rhin, en France même, qu'à l'aide des mesures les plus sévères, et dont, pourquoi se le dissimuler, nous aurons à redouter l'invasion, aussi longtemps que les importations et le transport des bestiaux étrangers emprunteront les voies rapides de terre et de mer? Et ces grandes assises de l'activité et du génie de l'homme qui viennent de s'ouvrir, auxquelles l'antiquité et les temps mo-

. dernes n'ont rien de comparable, où les produits et les machines de l'agriculture vont prendre place à côté des merveilles de la science, de l'industrie et des arts, et des mille productions des climats les plus lointains et des civilisations les plus raffinées? Voilà, je l'avoue, des choses bien propres à nous émouvoir et à distraire notre attention.

Mais, messieurs, croyez-vous que le spectacle d'un gouvernement conservant, au milieu des orages politiques, la sérénité, l'autorité qui conviennent si bien à son origine et à sa force, qui poursuit, sans se laisser détourner un moment de son but, l'étude et la solution des questions dont dépendent notre prospérité et notre gloire; do ces hommes utiles et modestes; de ces agriculteurs qui, appliquant, loin du bruit et du mouvement des grandes villes, à la production animale, toutes les découvertes de la science, préparent pour des luttes prochaines, ont préparé pour aujourd'hui les nouvelles richesses étalées devant vous; croyez-vous que ce spectacle ne soit pas bien fait aussi pour nous rassurer, pour nous ramener aux réalités consolantes, prévenir îles défaillances, si elles tentaient de se glisser dans nos âmes, nons faire regarder avec confiance, avec calme, l'avenir de notre belle et grande patrie, et nous engager à nous livrer, sans arrière-pensée d'aucune sorte, aux attraits de cette charmante et paisible réunion?

Pardon, messieurs, j'allais oublier que je suis l'organe du jury et que ma tâche consistait à vous soumettre quelques appréciations sur l'exhibition de cette année. J'y reviens.

25G animaux étaient inscrits sur les catalogues remis au jury. ?55 avaient été présentés. Ils se divisaient ainsi : 75 bœufs, 140 moutons, 40 porcs.

Les exhibitions des trois années précédentes avaient donné un chiffre iota de 695 animaux, dont la moyenne 231 est sensiblement inférieure au chiffre mentionné plus haut.

Voici, d'ailleurs, la statistique par espèces des dernières exhibitions, depuis 1863, époque de mon dernier travail d'ensemble :

Bœufs ou vache:

s. Moutons.

Porcs.

Totaux.

Les exposants de cette année étaient venus des huit départements de l'Ain, de l'Allier, de la Côte-d'Or, de l'Isère, de la Loire, de la Nièvre, du Rbône et de Saône-et-Loire.

L'espèce bovine comprenait : 57 bœufs concourant isolément, 12 bœufs distribués en bandes, 6 vaches. Ces animaux appartenaient aux 15 races ou variétés suivantes :

Bourbonnaise 3 ViUard de Lans 1

Bressane ,. ... 9 Durham pure 3

- Charolaise et nivernaise 19 Durham-bourbonnaise b

-Comtoise 6 Durham-bressane 1

Dauphinoise. 2 Durham-cbarolaise 15

Forèsienner».. , 1 Durhain-dauphinoise. 2

Salers 5 Durham-ViUard de Lans 1

Tarentaise 2

Voici maintenant quelques aperçus rapides sur les différentes catégories d'animaux exposés :

1" classe. — 1" catégorie. — Bœufs de 3 ans au plus. — Plus remarquable par le nombre que par la beauté,' cette première catégorie comprenait 15 sujets, sur lesquels 8 durham^charolais. .Les animaux qui ont obtenu des trois récompenses sont assurément bien faits et bien engraissés. Jliis, est-ce là ce que possédaicn le mieuux dans leurs étables MM. Bellard Andcé, Suif et Tiersonnier, que de nombreuses et brillantes victoires remportées à Lyon et à Poissy placent au premier rang des plus habiles engraisseurs de la France. Nous l'ignorons. S'il en était ainsi, nous n'oserions espérer pour eux, dans la prochaine exhibition nationale de Poissy, le succès qu'en d'autres circonstances nous avions osé leur prédire.

2' Catéfjiirie. — Bœufs de quatre ans au plus. — Sans être absolument belle, cette catégorie était satisfaisante, et le jury a pu, sans difficulté, attribuer les trois prix mis à sa disposition. Nous nous bornerons à faire remarquer que ce sont deux sujets de race charolaise qui ont obtenu les deux premiers, l'emportant assez facilement sur des durhams purs ou croisés.

2' Classe. — 1" Catégorie. — Jîace charolaise cl nivernaise. — Élimination faite de quatre bœufs qui avaient obtenu des récompenses dans la classe précédente, cette catégorie ne comprenait plus que dix animaux. Malgré cela, une mention a du être ajoutée par le jury aux trois prix portés au programme. Nous avons rencontré parfois dans cette catégorie des sujats plus parfaits de forme et de graisse, d'une supériorité plus exceptionnelle, rarement nous avons trouvé, si l'on prend celle-ci dans son entier, un groupe mieux suivi dans sa condition. Que pourrions-nous dire, au reste, sur les qualités supérieures des belles races charolaise et nivernaise qui n'ait été dit avant nous, mieux que nous, que nous n'ayons redit à note tour, à cette même place? On les a souvent appelées les durhams français. Nous ne voudrions pas en exagérer la valeur, ni rabaisser à leur profit les autres races de notre pays; mais comme formes et comme précocité, elles peuvent être placées sans hésitation à côté des meilleures.

Ce ne sont pas les Concours qui ont créé les races charolaise et nivernaise. Nous le savons bien. Ils n'ont iiourtant pas été sans influence sur ses perfections actuelles. Ils ont mis dans une complète évidence, en pleine lumière, et en quelque sorte vulgarisé ses qualités moins vantées peutêtre que celles du Durham, mais aussi solides et assurément moins contestées chez nous. Ajoutons que sa condition est assez connue aujourd'hui, son état assez avancé et sa constance assez grande pour que sa conservation par sélection puisse avoir lieu parallèlement avec le croisement industriel d'une partie de la race, et qu'il soit possible de songer sérieusement à lui créer un Herd-BoDk .spécial.

2' Catégorie. — Race bressane et franc-comtoise. — Quatorze sujets composaient cette catégorie. Ce n'est pas ici le lieu de faire observer que la Bresse et la Comté possèdent chacune deux groupes assez distincts de bœufs; de signaler les ressemblances existant entre les groupes femelin et bressan proprement dit; d'affirmer une fois de plus que les animaux pris dans leurs groupes respectifs, peuvent être distingués malgré leurs analogies incontestées; que dans un cadre assez bon, quoique défectueux en plus d'un point, ils enferment des quahtés fort recommandables qu'une sélection bien conduite et persévérante pourrait développer et fixer. La finesse et le bon état d'engraissement de plusieurs des sujets bressans exposés ne nous empêcheront pas de dire qua leur infériorité relative expUque et justifie de la façon la plus présomptoire l'importance que les juges des Concours doivent attacher à l'existence et à la perfection des formes qui décèlent l'aptitude au service de la boucherie et la précocité dans l'engraissement.

3" Catégorie. — Races auvergnate, bourbonnaise, etc. — Cette catégorie renfermait treize animaux. Rien de plus disparate que ce groupe dans lequel, à coté d'une race très-nettement caractérisée, celle de Salers, venaient se ranger des animaux ne se rattachant à un aucun type défini.

Le l"' prix a été accordé pour un bœuf de Salers très-gras, remarquable par sa bonne conforma-

lion, et ne présentant à peu près aucun des défauts habituels de sa race. Sans être un modèle de perfection, il pourrait être présenté comme un exemple de ce que la race de Salers pouvait devenir entre les mains d'éleveurs habiles et persévérants qui voudraient entreprendre son amélioration. Le jury s'est vu dans la dure nécessité de réserver le 3" prix, faute de sujets qui lui eussenparu le mériter.

4' catégorie. — Formée par les races françaises et étrangères, pures ou croisées, non précédemment spécifiées, cette catégorie, élimination faite des individus primés dans d'autres groupes, comptait encore 15 animaux durham purs ou croisés. Elle ne présentait pas de sujets véritablement hors ligne, nependant elle était l'une des mieux composées. Un bœuf durham pur est arrivé avec quelque peine au second rang.

3' classe. — Vaches. — Peu nombreuse, puisqu'elle ne comprenait que six têtes, cette classe était sans contredit la plus remarquable de toutes par la beauté et le fini de l'engraissement. Aussi les 4 prix du programme, plus une partie de l'allocation de la ville, ont-ils été donnés sans aucune hésitation, avec celte mention particulière que le 1" prix a été remporté par une bête cbarolaise. Le jury se plaît à féliciter les exposants de cette classe.

4" classe. — Bandes de bœufs. — Trois bandes de bœufs, après un déclassement demandé en temps utile pour l'exposant et consenti par le jury, restaient pour se disputer deux prix. De ces trois bandes , l'une a été lais.sée à l'écart, comme ne rentrant pas complètement dans les conditions du programme qui veut que les animaux composant une bande soient tous de la même race ou variété. Le jury a trouvé, dans les bœufs inscrits sous les n°' 70-73, des caractères par trop dissemblables, et tout en regrettant d'y être forcé, il a dû les écarter.

Indépendamment des prix inscrits au programme ministériel, le jury avait à distribuer une somme de 1,000 fr. généreusement mise à sa disposition par l'administration municipale. Cette année, de même que l'an dernier, cette somme a été employée à augmenter, à rehausser l'éclat des récompenses déjà accordées pour les sujets de l'espèce bovine que leur jeuife âge ou leurs qualités avaient recommandés particulièrement à l'attention du jury et qui paraissaient plus propres h bien préciser le sens et le but des encouragements. C'est en suivant cet ordre d'idées qu'il a été conduit à répartir l'allocation offerte par la ville de Lyon, entre les trois animaux qui ont obtenu les premiers prix dans les deux catégories des bœufs jeunes et des vaches.

Motitons. — 14 lots de moutons étaient exposés. C'est beaucoup si l'on songe que Lyon est le centre d'une région qui cultive Irès-peu les bêtes ovines. L'examen de ces lots a donné lieu à deux remarques : les croisements par les south downs deviennent de plus en plus communs en France; à en juger par ce que le jury voit depuis plusieurs années, le south down pur et bien choisi, possède une remarquable puissance de transmission.

Espèce porcine. — L'exposition des porcs était l'une des plus belles que nous ayons vues à Lyon, comme nombre et comme qualité. Elle comprenait en effet beaucoup de sujets d'une très-bonne conformation, fort gras et d'un grand volume relativement à leur flge. Aussi le jury, pour encourager et récompenser les exposants, s'est-i! empressé d'ajouter aux prix du programme trois mentions honorables. On peut reconnaître et vanter la précocité des porcs anglais ; mais convenons-en, quand un pays possède des races comme celles de la Bresse et du Charolais, ce qu'il a de mieux à faire, c'est de les conserver et de les propager. Une bande de onze porcs charolais évidemment de même famille a réellement excité l'admiration. Le département du Rhône qui n'expose pas de bœufs ni de moutons avait pris ici une splendide revanche.

Telle a été, messieurs, l'exhibition de 1867. Si quelques catégories ont paru laisser à désirer, d'autres ont largement compensé l'infériorité relative et partielle qu'il était de noire devoir de signaler; elles ont donné à, ce Concours un intérêt et une importance qui le maintiennent au niveau des plus considérables et des meilleurs, après le Concours national de Poissy.

Vous allez applaudir des noms qui vous sont en quelque sorte familiers, car ils ont souvent retenti dans cette enceinte : ceux de MM. Bellard, Tiersonnier, Suif, comte Benoist-d'Azy, Serres, Lazzat, Thévenon Vital, Brenou. Comme nous, sans doute, vous verrez avec plaisir figurer au nombre des lauréats plusieurs engraisseurs qui nous étaient hier inconnus. Qu'ils soient les bienvenus. Nous leur souhaitons, dans un avenir prochain, la notoriété que fait pressentir pour eui le mérite des animaux qu'ils avaient exposés.

On s'étonne parfois de ne pas voir le nombre des exposants et des produits s'élever progressif vement et suivre la marche ascend,inle que les découvertes modernes ont imprimée à l'industrie et à la science agricole elle-même. On oublie que les animaux de concours ne sont que des modèles, dont il importe de rapprocher le plus possible nos races de boucherie; que la préparation de ces animaux est une opération spéciale exigeant des connaissances et des moyens d'exécution que ne saur;iient posséder tous les éleveurs de bétail; on oublie enfin que dans tous les genres de production les types parfaits sont rares, et que l'on ne peut pas plus songer à voir figurer habituellement dans nos marches d'approvisionnement des sujets d'élite que, dans nos foires, de che- Taux, les coursiers rapides de l'Angleterre, de la Normandie ou de la Bretagne.

Mais s'il nous est interdit, par la nature même des choses, de jamais atteindre à une situation fantastique que l'on nous reproche de ne pas savoir réaliser, inconnue aux contrées les plus privilégiées, c'est du moins à nous en rapprocher graduellement que tendent les Concours agricoles et les exhibitions d'animaux gras.

Combien de fois, nous que la confiance de la Société d'agriculture et de l'administration, le choix du jury tiennent depuis longtemps sur la brèche, n'avons-nous pas eu, en présence de l'élé-

vation du prix des denrées alimentaires, à définir, à expliquer le but de ces Concours. Combien d'erreurs, de préjugés u'avons-nous pas eu à combattre.

Pour juger sainement ces luttes, il ne suffit pas de supputer avec une inintelligente obstination les dépenses qu'ils occasionnent, de consulter la mercuriale des prix de vente ou d'achat, de soumettre au critérium d'une balance vulgaire les opérations des engraissements. Non, pour prononcer avec connaissance de cause en ces difficiles matières, il faut avoir étudié avec discernement et compétence l'état ancien et l'état actuel de nos races de boucherie, avoir suivi et compris la portée des changements introduits dans leur classement; il faut tenir compte de l'extension presque indéfinie des besoins , il faut avoir réfléchi à la limitation imposée par le climat, par la terre et par les conditions agricoles à l'accroissement des moyens propres à procurer les satisfactions que l'on réclame ; il faut enfin placer en regard de ces moyens presque fatalement bornés, le tableau de la richesse nationale et des progrès accomplis, l'influence exercée par l'état nouveau des sociétés sur l'usage d'objets qui, sans cesser d'être de première nécessité, deviennent souvent des objets d'un luxe relatif, dans des proportions que personne ne peut déterminer.

Combien, parmi ceux qui portent des jugements, mêmes sincères, sur les concours ouverts au profit de l'agriculture ont essayé de sonder ces difficiles problèmes? Combien se sont contentés d'un examen superficiel des faits, des phénomènes économiques les plus extérieurs, sans remonter aux causes qui les ont produits, à la solidarité nécessaire qui les entraîne?

En présence d'une situation qui paraît stationnaire, on demande si les exhibitions n'ont pas porté tous les fruits qu'on en devait attendre. Mais, messieurs, voyez donc quelle triste figure font, à côté des groupes perfectionnés par une intelligente sélection, par des croisements judicieux, par un élevage bien entendu, ces animaux sans caractères déterminés, sans aptitude dominante, et dont ramèïioration n'a pas été sérieusement poursuivie. Est-ce qu'il n'y a là plus rien à faire, rienà espérer, rienà obtenir? La science zootechnique, relativement nouvelle, aurait-elle déjà dit son dernier mot? Nos races, sous le rapport économique, seraient-elles enfermées, toutes et pour toujours, dans un cercle infranchissable? Et nous-mêmes serions-nous donc condamnés, en présence d'une consommation croissant chaque jour, à nous disputer une alimentation insuffisante ou médiocre, ou bien, faisant violence à nos préjugés, à nos goiits, à nos habitudes; serions-nous réduits à demander à des chevaux usés par le travail, une nourriture que nos animaux de boucherie seraient désormais impuissants à produire? Les populations de plusieurs de nos grandes villes semblent eu effet disposées à demander à la viande de cheval un aliment économique ; eh bien, qu'y a-t-il là de si extraordinaire et de si nouveau ? C'est un signe des temps ; c'est une erreur qui s'en va, une prévention que personne ne défend plus, que les siècles avaient sanctionnée, et qui disparaît devant la réflexion et sous la pression d'une loi économique et sociale.

Au reste, messieurs, que les partisans de l'hippographie ne s'y trompent pas, les ressources alimentaires empruntées à l'espèce chevali'ne seront toujours relativement fort restreintes. Si l'usage de la viande de cheval venait à s'étendre, à se généraliser, l'industrie, l'agriculture et tous les services qui emploient le cheval seraient nécessairement amenés à renouveler plus souvent leurs animaux, l'éleveur à multiplier en conséquence ses produits. Or, ces changements ne pourraient se faire qu'à la condition d'accroître dans de larges proportions les cultures en fourrages et en grains, et alors se présenterait la question de savoir si les éleveurs ne devraient pas employer de préférence l'excédant de ressources qu'ils se seraient procuré à produire de véritables animaux de boucherie.

Non, messieurs, ce n'est point le moment de s'arrêter, lorsque tout se meut, progresse et se perfectionne autour de nous. Que les exposants reçoivent donc nos remerciments, pour leurs efforts persévérants dans la voie du bien et du mieux. Honneur aux lauréats de la journée ! Espérance et encouragement pour tous !

Voici la liste des prix décernés :

Bœufs. — l"'" classe. — Bœufs jeunes, comprenant les animaux de trois ans et de quatre ans au plus, quels que soient leur poids et leur race. — 1''° catégorie. — Animaux nés depuis le 1" avril 1864. — 1" prix : M. Bellard (André), à Saint-Aubin-Ies-Forges (Nièvre); 2% M. Suif (Ferdinand), à Glialuy (Nièvre); 3% M. Tiersonnier, à Gimouille (Nièvre) ; prix de la ville (400 fr.), M. Bellard. — 2'' catégorie. — Animaux nés depuis le 1'=' avril 186'3. — f'^prix : M. Suif (Ferdinand), à Ghaluy (Nièvre); 2% M. le comte Benoist-d'Azy, à Saint-Benin-d'Azy (Nièvre); 3% M. Bellard (André), à Saint-Aubin-les-Forges (Nièvre) ; prix de la ville (300 fr.), M. Suif.

2* classe. — Bœufs répartis, suivant leur race, en différentes catégories, sans distinction d'âge ni de poids. — l" catégorie. — Races charolaise, nivernaise pures et leurs analogues. — 1" prix : M. Bellard (André), à Saint-Aubin-les-Forges (Nièvre); 2", M.Droux, à Ghagn y (Saône-et-Loire) ; 3% M. Larzat (Auguste) à Paray-sous-Briailles (Allier); mention honorable, M. lourde, à Rochailles-sous-Gontigny (Allier). — 2' catégorie — Races bressane et franc-comtoise pures. — 1" prix : M. Perdrix, à Bourg (Ain); 2% M. Gautbier-Gellod, à Bautange (Saône-et-Loire.

— 3' catégorie. — Races auvergnate, d'Aubrac, limousine, bourbonnaise, duMézenc, dauphinoise, pures et leurs analogues. — l"pris : M. Serres (Benoît), à Monlbrisson (Loire); 2' M. Jourde, à Rachallier-sous-Gontigny (Allier); pas, de 3= prix. — k' catégorie. — Toutes races ou sous-races françaises ou étrangères, pures ou croisées, non désignées ci--dessus. : — 1" prix : M. le vicomte Paul Benoist-d'Azy, à Saint-Benin-d'Azy (Nièvre); 2°, M. Arragon (Jean-Baptiste), à Pont-de-Beauvoisin (Isère); 3', M. le marquis de Montlaur, à Gognat-Lyonne (Allier).

3' classe. — Vaches. — 1" prix : M. le vicomte Benoist-d'Azy, à Saint-Benind'Azy (Nièvre) ; 2", M. Tiersonnier (Alphonse), à Gimouille (Nièvre) ; 3% M. Desvignes , à la Chapelle-du-Gimechay (Saône-et-Loire) ; 4% M., Serres (Benoît), à Montbrison (Loire); prix de la ville (300 fr ), M, le vicomte Benoist-d'Azy.

4' classe: - — Bandes de bœufs, composées de quatre animaux au moins, de même provenance et de même race, appartenant au même propriétaire et n'ayant pas concouru pour les autres prix. — 1" prix : M. Ghambon (Philippe), à Paray-sous- Briailles (Allier); 2% M. Bellard (André), à Saint-Aubin-Ies- Forges (Nièvre).

moutons. — l" classe. — Moutons nés depuis le 1" octobre 1865. — l" prix : M. Tiersonnier (Alphonse), à Gimouille (Nièvre); 2% M..,Thévenon (Vital), à Pralong (Loire).

2° classe. — Moutons divisés d'après leur race sans distinction d'âge. — l" catégorie. — Races françaises diverses pures. — 1" prix : M. Lamure (Pierre), à Roanne (Loire) ; 2% M. Renon (Pierre), à Bourbon (Allier). — 2° catégorie. — Races étrangères et croisées. — 1" prix : M. Thévenon (VitaJ), à .Pralong (Loire); 2% M. Alix (Pierre-Henri), à la Glayelte (Saône-et-Loire).

Espèce porcine. 1" classe. — Races françaises pures. — l" prix : M. Brenou

(Jean-Marie), à Saint-Laurent (Aih) ; 2", M. Michon (Henri), à Monsols (Rhône). — 2" classe. — Races étrangères pures ou croisées. — 1" prix : M. Bouchard (Antoine), à Francheville (Rhône); 2% M. Michon (Henri), à Monsols (Rhône); . 3% M. Ghamply (Antoine), à Beaujeu (Rhône) ; 4% M. Mauvernay (Vincent), à Saint- Symphorien-sur-Goïse (Rhône) ; Mentions honorables : MM. Martel (Joseph), à - Saint-Symphorien-sur-Goïse (Rhônej; Brenou (Jean-Marie), à Saint-Laurent-lès- • Mâcon (Ain); Larochette (Glaiide), à Varennes (Saônev-et-Loire). — 3^ classe. — Bandes de porcs composées de quatre animaux au moins, de même provenance et de même race, appartenant au même propriétaire et n'ayant pas été présentés dans les autres classes. — l"' prix : M. Michon (Henri), à Monsols (Rhône); 2% M. Roy (Jean-Irénée), à Louhans (Saône-et-Loire).

Eug. TlSSERANT,

Professeur à V.Écok vétérinaire.

Le concours d'animaux de boucherie vient d'avoir lieu pour la seconde fois à Lille, depuis la nouvelle organisation qui en alterne le siège entre Amiens, Saint- Quentin et notre ville. Ce changement a été décidé, et le retrait du concours de Lille a été brusquement opéré, et cela à la dernière heure, au moment où tout le monde était prêt et où tous les sacrifices étaient faits pour s'y présenter, parce que des observations que nous avions produites sur les résultats et l'organisation des concours en général^ avaient été mal interprétées, mal comprises et par suite 'malaccueillies.

Nierait-on cependant l'opportunité de varier les programmes de ces solennités ■ en leur donnant une direction et une application plus en rapport avec les situations si opposées et avec les différents produits que 1 on retire des animaux, soit qu'on les applique aux travaux agricoles et industriels, soit qu'on les considère comme des animaux de rente, d'étables, pour la production du lait, du beurre, du fromage et des engrais? Et, dans ces conditions si variées, les programmes doivent-ils être rédigés dans les mêmes termes pour toutes les localités et revêtir un cachet d'uniformité qui ne diffère que par le total des récompenses allouées, selon l'importance des concours? Nous ne le pensons pas. Et il suffira de jeter un coup d'oeil sur le simple exposé que nous allons faire de l'élevage de notre pays et des animaux qui . alimentent nos marchés pour être bien vite convaincu Ae la justesse de nos obser- ■ vatifiBS.

Dans tout le département du Nord on ne tient des animaux à l'étable que pour la production du lait, du beurre et des engrais. Disons cependant, que dejjuis l'extension si grande, prise par les fabriques industrielles, sucreries, distilleries, brasseries et autres, qui fournissent en quantités si considérables des résidus alimentaires d'une grande valeur ; les étables des fabricants sont Lien garnies de bœufs, mais ce n'est pas le pays qui les fournit ; on va les chercher ailleurs. Le Nivernais et la Franche-Comté nous procurent leurs beaux animaux qui viennent s'engraisser dans nos prairies ou dans nos fabriques et qui fournissent à la consommation une abondante récolte en viande de premier choix.

Ainsi, notre région n'élève pas de bœufs. Tous ou presque tous les veaux mâles sont engraissés pour la boucherie parce que l'élevage serait trop dispendieux. Ce serait donc une utopie que de vouloir spécialiser des animaux en vue seulement delà production de la viande, puisque dans ces conditions, le prix de revient excéderait de beaucoup le prix de vente qu'il serait possible d'atteindre, malgré l'élévation déjà si grande de cette denrée alimentaire encore si difficilement accessible aux classes travailleuses.

Notre département élève donc des génisses parce qu'à l'âge de deux ans à trente mois, elles donnent un veau, et qu'à partir de ce moment la jeune mère, par le produit qu'elle rend, paye sa dépense tout en prenant son développement maximum qui arrive vers l'âge de cinq ans. Les bêles donnent alors encore quelques veaux, puis, après engraissement qui s'opère insensiblement et pendant que la lactation procure encore une quantité suffisante de lait pour compenser une partie de la ration supplémentaire, elles sont livrées à la boucherie où elles .fournissent un excellent rendement tant en quantité qu'en qualité.

Pour mieux édifier sur d'impossibilité dans laquelle nous sommes placés pour faire du bétail exclusivement en vue de la boucherie, des bœufs, par exemple, nous allons donner le compte de l'élevage que nous nous sommes procuré en différents endroits et dans des exploitations où la comptabilité agricole est régulièrement tenue, chose encore assez rare dans nos campagnes, et où nous sommes partout, arrivé aux résultats suivants :

fp. c.

Veau à la naissance 20,00

18 jours de laitage, on ne laisse pas léter les jeunes sujets, 10 litres par jour à 10 C IS 00

1''= année, l ''6 lait et pâturage, à 45 c. par jour 20.70

3G5 jours. I97.ÔO Soit en moyenne 54M0 par jour.

. 2« année. Foin ou équivalent, 8 kilog. à 6 c 175.20 i ,norn

3° — — 12kilog.à6c 2G2.80 I -'■io-fjO

Prix de revient à 3 ans 635 .50

4'' année. Foin ou équivalent, 12 kilug. à 6 o 2G2 . 80

Prix de reyient à 4 ans,..,.»., .i^ 898.30

Il n'est rien déduit pour le fumier, parce qu'on le fait arriver en compensation de la paille employée et des soins donnés aux élèves. Il y aurait bien aussi quelques accidents ou pertes dont il faudrait tenir compte, mais que nous négligeons.

Supposons maintenant, ce qui nous paraît très-élevé, que les bœufs de 3 ans atteignent en moyenne 300 kilog. de viande nette, vendus à la ferme à I fr. 50 le kilog., soit 450 fr. qui, déduits de 635 fr. 50, accusera un déficit de 185 fr. 50,

Les animaux de 4 ans que nous porterons, toujours en forçant le poids, à 375 kilog. et à 1 fr. 50 le kilog., soit 562 fr 50 qui, déduits de 898 fr. 30, nous donneront encore pour résultat une perte de 335 fr. 80. Il n'est donc pas possible que, dans notre système économique, nous puissions faire des bœufs; aussi faisons-nous des vaches, qui payent grandement. Leur nourriture, en produisant de riches engrais à la ferme et en rapportant quelques bénéfices, comme ailleurs on se livre à la production des bœufs parce que les services qu'ils rendent à l'agriculture pendant la période d'accroissement payent, là aussi, leur entretien jusqu'à leur complet développement, époque à laquelle on les livre au commerce pour les régions qui les consacrent à l'engraissement.

Nous allons maintenant, dans le tableau suivant, donner le nombre relatif des vaches et des bœufs, présentés sur nos marchés de Lille pendant les sept années qui viennent de s'écouler, afin de faire ressortir la prééminence des animaux

femelles de l'espèce bovine qui entrent dans la consommation lilloise, et dont la boucherie peut cependant, à bon droit, être placée au premier rang. Toutefois, rappelons encore que les bœufs qui y figurent sont, tout ou partie, étrangers à notre élevage.

Années. Bœufs. Vaches. Années. Bœufs. Vacbes.

Moyennes par année. 3,750 14,110

Proportion des bœufs : 26 contre 100 vaches.

Empressons- nous de faire remarquer l'accroissement constaté des bœufs, depuis que l'épizootie a nécessité la fermeture des barrières. Cette mesure a amené sur nos marchés la présence d'un nombre plus considérable de ces animaux dont la spéculation va, chaque semaine , s'approvisionner aux marchés de Sceaux et de Poissy. D'après le relevé que nous avons fait à notre dernière exhibition, qui a eu lieu à Lille en 1864, le nombre des bœufs était à celui des vaches comme 22 est à 100.

En dehors de cette dernière considération, il ressort également de ce relevé une augmentation notable dans la consommation, puisque le nombre de vaches est resté le même malgré l'accroissement de la catégorie des bœufs, et que ceux-ci, pour un nombre donné, fournissent incontestablement une quantité plus considérable de viande. Ces simples données suffiront pour démontrer à l'évidence combien il serait important d'apporter aux programmes de boucherie les modifications que tous les hommes pratiques ont demandées avant nous : primer ici, en première ligne et en plus grand nombre, les vaches; donner surtout des prix de bandes à ces utiles animaux, puisque ce n'est que très-exceptionnellement et en vue des Concours que l'on élève quelques bœufs dans notre région. Nous mettons bien des bœufs à l'étable pour consommer nos produits alimentaires, mais ils n'appartiennent pas à notre élevage, rendu impossible pour les raisons que nous avons exposées.

Nous voilà un peu éloigné du compte rendu du Concours de Lille, dont nous nous sommes écarté par une question incidente s'y rattachant cependant étroitement, et sur laquelle nous nous proposons de revenir avec plus de détails, pour l'examiner spécialement au point de vue de l'économie du bétail et de la production de la viande.

Les opérations du Concours ont commencé le dimanche 7 avril, sous la direction et la présidence de M. Dutertre, adjoint à l'inspection générale de l'agriculture. La journée du lundi 8 a été consacrée au classement et à l'examen des animaux, et l'expositiun publique a eu lieu le mardi, au milieu d'une foule considérable venue pour admirer les beaux et remarquables animaux, objets d'une curiosité bien justifiée par le mérite de cette brillante exhibition.

L'exposition comprenait 250 têtes de bétail, réparties de la manière suivante dans les différentes catégories : bœufs, 83; vaches, 19; veaux, 17; moutons, 120; porcs, 1 1 .

Les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Seine-Inférieure, de la Somme et de l'Aisne y ont pris part dans les proportions suivantes :

Nord. Pas-de-Calais. Seine-Inférieure. Aisne. Somme.

Bœufs 73 9 1 » »

Vaches 16 2 » 1 »

Veaux 17 » j> » >.

Moutons 60 50 » 10 "

Porcs 8 » i 3> 3

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